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    Les titres du 11 novembre 2011

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    Le rapport de l’AIEA a divisé la communauté internationale// L’UE menacée par une réforme radicale// Douchanbé négocie la libération du fils d’un parent du président

    Nezavissimaïa gazeta

    Le rapport de l’AIEA a divisé la communauté internationale

    Le guide suprême de l'Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré hier que la République islamique d’Iran "répondrait en frappant fort" aux attaques des Etats-Unis et d’Israël, écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Par ailleurs, après la Russie, la Chine s’est également prononcée contre le durcissement des sanctions frappant l’Iran et a appelé à rétablir les négociations au plus vite. Dans ce contexte, l’impasse dans laquelle s’est retrouvée la communauté internationale devient de plus en plus évidente, et dans la presse occidentale circulent des rumeurs sur une frappe préventive d’Israël contre les sites nucléaires iraniens très prochainement.

    Rappelons que l’Iran nie catégoriquement toutes les accusations en qualifiant le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de contrefait à la demande politique des Etats-Unis. Par ailleurs, la Russie a également été critiquée. La presse occidentale qualifie ouvertement la Russie d'"allié de l’Iran"  et écrit qu’elle a "bloqué les nouvelles sanctions". Mitt Romney, candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle, dans un article de The Wall Street Journal, a violemment critiqué la politique de Barack Obama à cet égard. Mitt Romney affirme qu’en échange du redémarrage des relations, les concessions faites en ce qui concerne la défense antimissile (ABM) européenne et le nouveau Traité de réduction des armes stratégiques (START-3), Obama devait obtenir de Moscou le soutien des sanctions plus sévères contre Téhéran.

    Moscou considère en effet que les appels à l’adoption de nouvelles sanctions sont

    contre-productifs et fait remarquer que le problème nucléaire pourrait être utilisé comme prétexte pour renverser le régime en place en Iran. La Russie s’est également opposée catégoriquement à l’option militaire, en avertissant que cela aurait des conséquences négatives pour la sécurité à l’échelle globale.

    Cependant, le nouveau rapport de l’AIEA, qui énonce les informations des enquêtes occidentales sur les développements militaires des spécialistes nucléaires iraniens, a acculé la communauté internationale dans l’impasse.

    En particulier, on ignore en réalité quelles mesures les Etats-Unis et leurs alliés pourraient entreprendre, car les sanctions contre l’industrie iranienne du pétrole et du gaz conduiraient forcément à la hausse des prix du pétrole et à la panique sur les marchés financiers mondiaux qui sont déjà instables en raison de la crise de la dette en Europe.

    Il demeure également un risque de guerre. Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a laissé entendre la veille que tant si que des sanctions efficaces n’étaient pas adoptées contre l’Iran, Israël étudierait toutes les solutions possibles, y compris militaires.

    Kommersant

    L’UE menacée par une réforme radicale

    Le plan de sauvetage de l’unité européenne approuvé au sommet de l’UE et inclus dans le communiqué du sommet du G-20 à Cannes comme un engagement de l’Europe contracté envers l’économie mondiale, n’a gardé le statut de solution définitive pour régler le problème de la crise de la dette que quelques semaines. Hier, un fonctionnaire anonyme de Bruxelles a transmis à l’agence Reuters un message qui a bouleversé le champ médiatique : les deux principales puissances de l’UE, l’Allemagne et la France, discutent un nouveau "modèle à deux vitesses" d’intégration des pays membres de l’Union européenne. Il est à noter que le modèle à deux vitesses de l’UE n’est pas une nouveauté en soi: cette semaine le président français

    Nicolas Sarkozy a déjà rapidement mentionné ce modèle. Le scoop est que l’Allemagne est prête à le discuter, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

    Les déclarations franches au sujet des mesures visant à surmonter la crise, au plus fort des négociations avec la Grèce et l’Italie, ont effrayé les dirigeants de l’UE. Hier déjà Paris et Berlin se sont empressés d’apporter des précisions à cette information. "Nous sommes favorables au maintien de la zone euro sous sa forme actuelle", a affirmé la chancelière allemande

    Angela Merkel. Le gouvernement français et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont fait des déclarations similaires.

    Le scénario d’intégration à deux vitesses est examiné en UE comme un moyen de donner à plusieurs pays la possibilité de quitter volontairement la zone euro, sans que cela n'entraîne l'effondrement de l’euro en tant que devise mondiale. Pratiquement tous les commentaires des experts depuis le début de la crise de la dette européenne se réduisaient au fait que la seule sortie de la Grèce de la zone euro pourrait marquer le début de l’écroulement de l’Union européenne et la fin de l’existence de l’euro comme devise mondiale. L’intégration européenne accélérée était considérée comme la solution la plus radicale à ce problème : l’unification de la législation fiscale et du travail des pays de l’UE; l’amendement à la constitution sur les limites de la dette publique et du déficit budgétaire; l’instauration progressive des taxes européennes; enfin, la formation d’un "gouvernement économique européen" qui dépenserait ces taxes; l’abandon du principe "confédératif" de la structure de l’UE (où tous les pays ont approximativement le même poids dans le règlement des questions cruciales) au profit du modèle "fédératif"  (le poids des membres est déterminé en fonction de l’importance de leurs économies).

    Le dernier sommet de l’UE s’est engagé à mettre en œuvre ces principes sous une forme très réduite : sans la taxe européenne (il était prévu de commencer par la taxe Tobin frappant les transactions bancaires des personnes morales); sans le renforcement du pouvoir de la Commission européenne; sans que l’UE soit habilitée à influer sur le taux des taxes nationales.. La proposition d’intégration à deux vitesses implique le soutien urgent de l’euro par le même programme de gouvernement européen, mais la marge de sécurité qui a considérablement augmenté dans certains pays de l’UE et de la zone euro (au moins deux : l’Allemagne et la France) permettra de "laisser partir" de la zone euro sans quitter l’UE ceux que cela aiderait – avant tout la Grèce.

    Non seulement les membres en difficulté de l’Union européenne, comme la Grèce, mais également les Etats qui n’y ont pas encore adhéré pourraient être victimes de la nouvelle politique des puissances européennes si elle était mise en œuvre. Seule la Croatie n’a aucune inquiétude à avoir, car son adhésion à l’UE en juillet 2013 a déjà été officiellement annoncée, et il est impossible de faire marche-arrière. Par contre, l’Albanie, le Monténégro, la Macédoine et d’autres pays des Balkans (et dans une perspective à long terme l’Ukraine et d’autres républiques postsoviétiques) risquent d’attendre pendant longtemps sur le seuil de la porte d’entrée dans l’espoir d’adhérer à l’Europe confédérale, et les pays comme la Grèce peuvent s'armer de patience sur la route sans fin menant à une véritable Europe, l’Europe fédérale. Toutefois, l’Europe confédérale gardera des aspects attrayants : il s’agira certainement de l’absence de frontières, des standards communs de réglementation publique européenne et les compétences de la Commission européenne, mais ce qui attirait les nouveaux pays disparaîtra : l’utilisation des ressources des pays de la "fédération de l'euro" pour aligner leur niveau de vie sur celui de l'Europe.

    Moskovskie Novosti

    Douchanbé négocie la libération du fils d’un parent du président

    Le Tadjikistan refuse de reconnaître la nature politique de l’arrestation et de la condamnation du pilote russe Vladimir Sadovnitchi au Tadjikistan, a annoncé le 10 novembre le procureur général tadjik Cherkhon Salimzoda, écrit vendredi le quotidien Moskovskie Novosti.

    Selon certaines informations, les autorités tadjikes négocient secrètement l’échange du pilote russe appréhendé contre le fils d’un parent du président tadjik Roustam Khoukoumov, condamné l’année dernière par un tribunal russe à neuf ans de prison pour trafic de stupéfiants.

    Les arguments, cités par le procureur général tadjik, à l'appui de la nature criminelle du délit des commandants des équipages de deux avions An-72 (l’un d’eux est l’Estonien Alexeï Roudenko) qui ont effectué un atterrissage d’urgence à Kourgan-Tubé près de la frontière afghane, paraissent étranges.

    Selon Cherkhon Salimzosa, les avions n’étaient enregistrés dans aucun pays, avaient dépassé leur durée de service et n’avaient pas effectué de contrôles techniques et de réparations depuis plus de trois ans, en infraction aux règles de sécurité des vols. De plus, selon le procureur général, ces avions, enregistrés au nom de la société Rolkan Investments Ltd dans une zone offshore sur les îles Vierges entre 2008 et février 2011, ont été illégalement utilisés pour transporter des chargements non militaires des forces de la coalition de l’Otan en Afghanistan.

    Le procureur général s’est également référé à une "lettre officielle" émanant de l’Afghanistan demandant de bloquer les avions au sol et d'empêcher l’équipage d’y avoir accès. Il a noté que la "lettre", dont l’auteur n’est pas cité, a été reçue le 12 mars 2011, précisément le jour où les avions ont effectué un atterrissage d’urgence au Tadjikistan. Le plus étonnant ici ne réside même pas dans la rapidité avec laquelle les Afghans ont répondu aux préoccupations de Douchanbé mais dans la raison pour laquelle l’Afghanistan a autorisé les avions "criminels" à quitter son territoire.

    Selon certaines informations, les explications embrouillées du procureur général tadjik, qui s’est efforcé de prouver la nature criminelle des actions des pilotes, masquent un tout autre problème. Douchanbé comptait certainement utiliser les avions et les commandants des équipages appréhendés pour procéder à un échange contre le fils du chef des Chemins de fer tadjiks Amonoullo Khoukoumov, Roustam âgé de 24 ans, actuellement détenu en Russie. Sa famille est très proche du président tadjik Emomali Rakhmon : la fille du président est mariée à un autre fils du chef de la compagnie ferroviaire nationale. Cette circonstance pourrait expliquer l’absence d’informations sur l’affaire pénale qui a conduit le 15 septembre 2010 à la condamnation d’un groupe de quatre trafiquants de drogue tadjiks à diverses peines par le tribunal de Moscou.

    Le président russe Dmitri Medvedev n’a pas voulu communiquer par téléphone avec son homologue tadjik afin de régler la situation : Moscou a décidé de se limiter à un entretien entre les ministres des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Khamrokhon Zarifi. Les parties trouveront certainement un compromis et l’appel des avocats de Vladimir Sadovnitchi adressé aux autorités compétentes du Tadjikistan devrait trouver un écho favorable.

     

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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