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    Les titres du 2 février 2012

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    Report de la résolution sur la Syrie// Le départ de l'OTAN d'Afghanistan laissera le champ libre aux talibans// Merkel à Pékin: investissements chinois en UE et Iran au menu// La CIA considère la Russie comme une menace

    Kommersant

    Report de la résolution sur la Syrie

    Le Conseil de sécurité des Nations Unies a reporté le vote sur le projet de résolution sur la situation en Syrie proposé par le Maroc et soutenu par l’Occident, écrit jeudi 2 février le quotidien Kommersant. La Russie a fait clairement comprendre qu’elle utiliserait son droit de veto et bloquerait ce document, la Chine ayant déclaré de son côté sa disposition à se joindre à la position de Moscou. Ayant conscience que la situation se dirige vers une impasse, les ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni, qui se sont rendus à New York spécialement pour participer à la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la Syrie, ont renoncé à exiger un vote immédiat.

    La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton est intervenue à la tribune de l’ONU et a tenté de rassurer la Chine et la Russie, qui craignent une nouvelle "intervention humanitaire" de l’Occident à l’instar de la Libye. "Certains pays craignent probablement que le Conseil de sécurité ne s'achemine vers une réédition du scénario libyen. Cette analogie est déroutante. La situation en Syrie nécessite une approche particulière", a affirmé Mme Clinton. Elle a ajouté que l’objectif des Etats-Unis et de leurs alliés consistait à assurer "une transmission pacifique du pouvoir préservant l’unité de la Syrie."

    Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a tenu des propos similaires. "Rien, absolument rien, dans le projet de résolution du Conseil de sécurité ne peut être interprété comme une autorisation de recourir à la force. Aucune intervention militaire en Syrie n’est envisagée", a affirmé M. Juppé pour convaincre la Russie et la Chine.

    Moscou suivait une logique différente. Le représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU Vitali Tchourkine a rappelé que le 15 décembre la Russie avait proposé son projet de résolution proposant des mesures concrètes visant à régler de manière pacifique le conflit en Syrie. Selon Vitali Tchourkine, le nouveau projet de résolution proposé par le Maroc reflète certaines dispositions du document élaboré par Moscou, et cela suscite l’espoir que le Conseil de sécurité des Nations Unies réussira à trouver un consensus.

    Le discours du représentant permanent de la Russie a été perçu en Occident comme un assouplissement de la position de Moscou. Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré hier qu’il était satisfait de voir que la Russie était prête à poursuivre les consultations.

    Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov a énoncé hier les conditions auxquelles Moscou acceptait de poursuivre le dialogue. L’une d’elle implique la discussion non seulement du projet de résolution marocain, mais également de celui de la Russie. Le diplomate russe a appelé à étudier les deux projets afin d’élaborer finalement un "document mutuellement acceptable" qui contribuerait au règlement politique de la situation en Syrie. "Aucun vote n’aura lieu dans les jours à venir", a averti Guennadi Gatilov.

    De cette manière le vice-ministre russe a anéanti tous les espoirs des collègues occidentaux, qui espéraient effectuer au Conseil de sécurité une sorte de blitzkrieg, en adoptant rapidement la résolution sur la Syrie. Désormais, il est évident que la discussion prendra du temps. Elle durera quelques jours ou semaines. Il est également vain de penser que la Russie se retrouvera isolée. Pékin a rejoint la position de Moscou. Le représentant permanent de la Chine auprès de l’ONU Li Baodong a déclaré que son pays soutenait le projet russe et rejetait l'initiative marocaine.

     

    Nezavissimaïa gazeta

    Le départ de l'OTAN d'Afghanistan laissera le champ libre aux talibans

    Après le départ de l’Otan, les talibans prendront le contrôle de l’Afghanistan. Tel est le pronostic annoncé par le document transmis par les Américains à leurs alliés, écrit jeudi 2 février le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Le rapport secret de l’Otan, préparé par les militaires américains à la base de Bagram, près de Kaboul, stipule que les talibans soutenus par le Pakistan pourraient reprendre le contrôle de l’Afghanistan. C'est ce qui se passera après le départ de la Force internationale d’assistance et de sécurité (ISAF) du pays.

    Comme le fait remarquer l’agence Reuters, d’après ce rapport, l’Occident a perdu la guerre menée depuis 10 ans et visant à empêcher le retour des talibans. Le lieutenant-colonel Jimmie Cummings, porte-parole de l’ISAF, a confirmé que ce document existait. En revanche, ce n’est pas une évaluation stratégique de la situation, mais un compte-rendu des interrogatoires des talibans capturés, a-t-il expliqué.

    D’après ce rapport, les talibans ne doutent pas de leur victoire. La publication de leur opinion dans la presse occidentale pourrait renforcer l’influence des partisans de la ligne dure dans les rangs des rebelles.

    Ces éléments prouvent que les talibans ne veulent pas mener de négociations de paix avec les Etats-Unis et le gouvernement impopulaire du président afghan Hamid Karzaï, écrit le quotidien londonien The Times qui s'est procuré ce document.

    Selon les experts, Washington cherche à trouver un terrain d’entente avec l’ennemi, mais les talibans, qui sentent leur force, refusent catégoriquement de reconnaître la constitution actuelle de l’Afghanistan. Or c’est une question primordiale.

    Auparavant, la Russie apportait une aide militaire à l’Alliance. Et elle appuiera à nouveau, conjointement avec d’autres pays, les forces opposées aux extrémistes.

    Le document du commandement américain accorde beaucoup d’attention au rôle du Pakistan dans cette guerre. L’Inter-Services Intelligence (ISI) pakistanais aide les talibans à attaquer les troupes étrangères.

    Bien que l’ambassade américaine à Kaboul n’ait pas encore commenté ce document, la presse occidentale prédit que sa publication conduira à une aggravation des relations entre le Pakistan et les Etats-Unis.
    En fait, le rapport a confirmé les accusations contre le Pakistan prononcées antérieurement par des membres du gouvernement américain. Le porte-parole du Pentagone a déclaré: "Nous étions préoccupés depuis longtemps par les liens entre l’ISI et les extrémistes." Mais le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères a qualifié ce rapport de "farfelu."

     

    Moskovskie Novosti

    Merkel à Pékin: investissements chinois en UE et Iran au menu

    Aujourd’hui, la chancelière allemande Angela Merkel, en visite de deux jours à Pékin, tentera de persuader le gouvernement chinois d’investir davantage dans l’économie allemande et d'acheter moins de pétrole iranien. Pour cela, elle rencontrera le président chinois Hu Jintao et le premier ministre Wen Jiabao, écrit jeudi 2 février le quotidien Moskovskie Novosti.

    Le voyage d’Angela Merkel en Chine a lieu immédiatement après le sommet de l’Union européenne. La chancelière allemande expliquera à la communauté d’affaires et aux dirigeants chinois, avec lesquels Merkel s’entretiendra dans la province sud du Guangzhou, où les Européens en sont exactement.

    L’Europe voit depuis longtemps dans la Chine une des bouées de sauvetage pour l’économie de la zone euro, qui est en train de couler. La coopération économique étroite avec la Chine était l’une des raisons de la traversée relativement calme de la période postcrise par l’Allemagne. En 2010, les exportations allemandes en Chine ont augmenté de 44%, et l’année dernière elles ont connu une hausse de 22%, à 65 milliards d’euros. Et à l’heure actuelle, la Chine est le deuxième plus grand importateur de produits allemands, notamment des voitures, de l’informatique et des produits des industries mécaniques et du secteur chimique.

    Comme l’ont reconnu plusieurs hauts fonctionnaires chinois, Merkel demandera à Pékin de tendre une main secourable non seulement à l’Allemagne, mais également à d’autres pays européens. En particulier, elle tentera de s’assurer le soutien de la Chine au sein du Fonds monétaire international (FMI), afin que ce dernier place plus activement son argent dans les obligations européennes. Après une récente redistribution des droits de vote au FMI, la Chine est devenu le troisième pays le plus influent derrière les Etats-Unis et le Japon, et son représentant Min Zhu occupe le poste de directeur général adjoint du FMI.

    Toutefois, la Chine, qui a investit il y a quelques temps plusieurs millions d’euros dans les économies de la Grèce et de l’Espagne, est devenue moins disposée à répondre aux demandes d’aide matérielle de l’Europe. Et aujourd’hui, la position de la Chine se résume plutôt à la formule "aide-toi, et le ciel t’aidera."

    Merkel ne parviendra certainement pas à amener la Chine à changer de position à l’égard de l’Iran, contre lequel l’Union européenne a décidé d’adopter un embargo pétrolier. "Il est dans l’intérêt de l’Allemagne que la Chine, en tant qu’acheteur important de pétrole iranien, n’augmente pas ses importations", a déclaré un diplomate allemand à la presse occidentale. Dans l’idéal, les Allemands voudraient que Pékin soutienne l’embargo pétrolier contre l’Iran ou réduise ses achats. Auparavant, Pékin, pour qui le pétrole iranien représente près de 10% de sa consommation totale, a qualifié l’embargo d’"approche contreproductive", et à la mi-janvier la Chine a poliment mais fermement rejeté la demande identique du secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner.

    L’intention d’Angela Merkel de soulever pendant sa visite les thèmes sensibles pour Pékin ne contribueront certainement pas au changement de position de la Chine. La chancelière allemande a promis d’aborder pendant son entretien la question des droits de l’homme en Chine et le cours du yuan, considéré par l’UE et les Etats-Unis comme artificiellement sous-évalué. De plus, aujourd’hui se tiendra une réception à l’ambassade d’Allemagne à Pékin à laquelle ont été invités des membres de l’opposition chinoise et plusieurs artistes dissidents.

     

    Kommersant

    La CIA considère la Russie comme une menace

    Les services de renseignement américains ont pour la première fois clairement énoncé ce à quoi ils s’attendaient après le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012, écrit jeudi 2 février le quotidien Kommersant. Le directeur du renseignement national américain James Clapper et le directeur de la CIA David Petraeus ont présenté au Sénat un rapport sur les menaces à la sécurité américaine, dont une partie significative est consacrée à la Russie.

    Le rapport sur l’évaluation des menaces mondiales est le résultat de plusieurs mois de travail de 16 services spéciaux membres de la communauté du renseignement des Etats-Unis. Sa principale conclusion stipule que les Etats-Unis ne sont plus menacés par un ennemi unique, comme à l’époque de la guerre froide. Désormais, les Etats-Unis sont confrontés à de nombreuses menaces, dont le terrorisme, l’expansion du réseau Al-Qaïda, la propagation incontrôlée des technologies nucléaires, les programmes nucléaires de l’Iran et de la Corée du Nord, ainsi que la menace croissance de guerre dans le cyberespace, rapporte le général James Clapper.

    Une grande partie du rapport des services de renseignement américains est consacrée à la Russie. Le général Clapper a rappelé aux sénateurs qu’en octobre 2011 le service de contre-espionnage américain était arrivé à la conclusion que les traces de la grande majorité de cyberattaques contre les réseaux informatiques américains conduisaient en Russie ainsi qu’en Chine.

    Toutefois, le rapport accorde une attention particulière aux attentes des Etats-Unis après le retour de Vladimir Poutine au Kremlin après la présidentielle du 4 mars 2012. Le chef du renseignement a concrétisé les pronostics du rapport. "Très probablement, Poutine s'emploiera à souder les rangs de l’élite, à protéger des richesses accumulées et à mettre en place de nouvelles possibilités pour permettre à l’élite de s’enrichir", a déclaré aux sénateurs le général Clapper, en ajoutant que le Kremlin devra également penser aux citoyens ordinaires. "Il s’efforcera d’assurer un niveau de vie suffisamment élevé pour calmer les masses, estime le chef du renseignement. Cependant, il sera de plus en plus difficile de contrôler les exigences croissantes de réformes, étant donné le faible rythme de croissance de la Russie."

    Les experts du renseignement ne s’attendent pas à des changements importants dans la politique étrangère de la Russie. Selon eux, le bouclier antimissile (ABM) de l’OTAN constitue le principal problème dans les relations bilatérales russo-américaines.

    Selon les experts, ce rapport ne peut pas en tant que tel servir de signe clair de la déception américaine suscitée par la politique de redémarrage et les changements à venir au Kremlin. "Divers organismes américains expriment des avis différents concernant la Russie. Les propos du département d’Etat peuvent ne pas coïncider avec le point de vue des services de renseignement, car se concurrencent", a expliqué Iouri Rogoulev, directeur du Fonds d’études américaines Franklin Roosevelt de l’Université d’Etat de Moscou. Selon lui, la position de la communauté du renseignement à l’égard de la Russie est généralement la plus critique, car la CIA considère traditionnellement Moscou comme une menace pour les Etats-Unis, indépendamment du niveau des relations. Toutefois, l’expert reconnaît que le renseignement américain "rend public seulement ce qu’on veut l’entendre dire, et le dernier rapport confirme le durcissement de la politique du Congrès américain à l’égard de la Russie."

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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