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    Les titres du 13 février 2012

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    La Syrie risque de répétition du scénario libyen// Crise de l'euro: la Grèce devra abdiquer sa souveraineté// Khamenei vs Ahmadinejad : les législatives du 2 mars trancheront

    Moskovskie Novosti
    La Syrie risque de répétition du scénario libyen

    Le nouveau plan de règlement du conflit en Syrie sera aujourd’hui présenté à la réunion extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, écrit lundi le quotidien Moskovskie Novosti.

    Selon des fuites dans la presse, les médiateurs craignent pour l’instant d'introduire des forces étrangères en Syrie tout en continuant de compter sur la mission des observateurs présents sur place. Il est prévu d’augmenter leur nombre et de changer leur statut – les inspecteurs arabes seraient accompagnés par leurs collègues de l’ONU. L’ancien chef de la mission, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, a démissionné hier, et il devrait être remplacé par l’ancien ministre jordanien des Affaires étrangères Abdel Ilah al-Khatib.

    La répétition du scénario libyen en Syrie n’est pas à exclure. Selon le modèle libyen, on procède actuellement à la création d’un "Groupe des amis de la Syrie" pour soutenir l’opposition.
    Un groupe de pratiquement 50 pays se réunira pour la première fois le 24 février en Tunisie et il pourrait reconnaître le Conseil national syrien (CNS) d’opposition en tant que son partenaire légitime. De la même manière que dans le cas de la Libye, cette démarche sera condamnée par la Russie.

    Une résolution sur la Syrie sera probablement proposée aux représentants des 193 pays qui font partie de l’Assemblée générale des Nations Unies. La Russie et la Chine, qui ont opposé leur veto à deux reprises en moins de six mois aux résolutions sur la Syrie au Conseil de sécurité des Nations Unies.

    Moscou refuse de reconnaître que seul le gouvernement est responsable de la guerre civile en Syrie, et estime que l’opposition en porte également la responsabilité.

    Les Syriens meurent aussi bien sous les balles des mouvements d’opposition que de l’armée et des services de renseignement. Ces dernières semaines le régime de Bachar al-Assad recourt de plus en plus souvent aux chars et à l’artillerie pour bombarder les régions insurgées, y compris des quartiers résidentiels, par exemple, à Homs, au nord de la capitale syrienne.

    Au Liban, voisin de la Syrie, la tension monte également, et on assiste régulièrement à des affrontements entre les partisans et les adversaires du régime syrien. L’armée libanaise a renforcé sa présence dans la zone frontalière. Les agences de presse rapportent que l’armée syrienne installe des champs de mines près de la frontière afin d’empêcher le reflux de réfugiés et l’afflux de combattants.

    Le conflit en Syrie risque de déstabiliser et de diviser tout le Moyen-Orient. Le président de Bahrain Human Rights Monitor (BHRM) Hasan Moosa Shafaei, qui s’est récemment rendu à Moscou, a déclaré que dans son pays il y avait aussi bien des partisans que des adversaires du gouvernement syrien :"Les événements en Syrie ont divisé l’opinion publique de Bahreïn.
    Mais les Arabes se rejoignent sur une chose –  c'est une tragédie qui a fait un grand nombre de victimes, et c’est notre douleur à tous".

    Nezavissimaïa gazeta
    Crise de l'euro: la Grèce devra abdiquer sa souveraineté

    Athènes paiera de sa souveraineté pour l’aide européenne, écrit lundi le quotidien Nezavissimaïa gazeta. L’acceptation formelle par le parlement et le gouvernement grecs du plan de restrictions économiques ne suffit plus à convaincre les créanciers. Les fonctionnaires européens veulent plus et exigent de limiter l’influence de l’électorat sur la politique économique du pays, ainsi que d’assurer le contrôle de l’UE sur la collecte des impôts dans le pays et la vente de la propriété publique.

    "Nous sommes contraints de choisir entre l’humiliation subie par notre fière nation et l'humiliation encore plus grande à laquelle nous ferons face en pensant à tort qu’on sauve la face grâce aux décisions qui nous coûteront bien plus cher sur le plan social. L’époque du populisme et des illusions est révolue", a déclaré le ministre grec des Finances Evangélos Venizélos.

    Par l’humiliation Athènes sous-entend les nouvelles exigences de la  troïka – le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission  européenne, qui cherchent à réduire la dette grecque jusqu’à 120% du PIB avant 2020.

    Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a déclaré vendredi que les réductions budgétaires prévues par la Grèce permettraient de réduire la dette du pays seulement jusqu’à 136% du PIB, au lieu des 120% convenus.

    Les hauts fonctionnaires européens voudraient réduire les risques politiques en raison des législatives prévues pour avril cette année. Après avoir délivré à la Grèce le crédit promis de 130 milliards d’euros, les députés du nouveau parlement pourraient rejeter le programme de réduction budgétaire. Evidemment, l’UE voudrait éviter un tel revirement de situation. Mais la garantie d’irrévocabilité du plan économique ressemble beaucoup à une restriction du droit d’influer sur sa propre politique économique.

    Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, a déclaré que le montant du programme d’aide à la Grèce resterait à hauteur de 130 milliards d’euros si le gouvernement grec approuvait les mesures économiques proposées par le gouvernement. De plus, les leaders des partis grecs doivent fournir des garanties de respect à l’avenir du plan économique adopté.

    Auparavant, le gouvernement grec et les partis d’opposition ont convenu d'une réduction des dépenses budgétaires de 3,3 milliards d’euros. Mais les hauts fonctionnaires européens ont déclaré que cela était insuffisant. Dès vendredi, lors du sommet des ministres des Finances de la zone euro, auquel ont participé Christine Lagarde, directrice générale du FMI, et Mario Draghi, président de la BCE, il a été proposé à Athènes d’adopter des mesures plus sévères ou de quitter la zone euro.

    Le gouvernement grec a réussi à s’assurer le soutien du parlement dans le contexte des manifestations de masse. "Certains disent que la faillite est préférable au programme économique qui implique des mesures drastiques. Cependant, ceux qui l’affirment se trompent profondément ou font dans la démagogie dangereuse, a déclaré le premier ministre grec Lucas Papademos. Une faillite incontrôlée conduirait notre pays à la catastrophe. Cela engendrerait les conditions d'un chaos économique incontrôlable et d'une explosion sociale" . Selon lui, en cas de défaut de paiement l’Etat ne pourrait pas garantir le travail des hôpitaux et des écoles, ainsi que les salaires et les retraites.

    Les économistes russes sont convaincus que la Grèce serait incapable de surmonter la crise actuelle en l’absence de réformes draconiennes. "L’Union européenne propose effectivement à la Grèce des éléments de gestion extérieure. Mais il existe une certaine logique dans ces propositions. Les revenus publics en Grèce sont aujourd’hui à hauteur de 40% du PIB, tandis que les dépenses atteignent pratiquement 50% du PIB. Les Grecs ont besoin d’une aide extérieure s’ils sont incapables de réduire le déficit par leurs propres moyens. La somme du crédit européen est trop grande, et on ne peut pas la donner sans avoir de garanties", a déclaré Evgueni Gavrilenkov, économiste en chef de Troïka Dialog. Mais la suppression du déficit actuel n’est qu’une partie du problème. "La Grèce a besoin de réformes structurelles – la déréglementation et la privatisation. Il n’existe pas de solution universelle. Il est encore impossible de prédire la réaction de l’économie et du système social aux réformes. C’est la raison pour laquelle la Grèce devra procéder par la méthode des essais et des erreurs", estime Evgueni Gavrilenkov.

    Kommersant
    Khamenei vs Ahmadinejad : les législatives du 2 mars trancheront

    La lutte pour le pouvoir s’exacerbe en Iran, écrit lundi le quotidien Kommersant. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad se présentera cette semaine devant le parlement qui a exigé un compte-rendu sur les mesures anticrises du gouvernement dans le contexte de la pression internationale croissante exercée sur Téhéran. La première convocation du chef de l’Etat au Majlis (parlement iranien) depuis la révolution de 1979 témoigne des litiges croissants entre le président et le guide spirituel iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. Les législatives du 2 mars constitueront l’étape décisive de cette confrontation.

    L’agence de presse iranienne Fars a diffusé une liste de dix questions adressées au président qui permettent de penser que la discussion au parlement sera serrée. Les députés sont mécontents de la politique économique et budgétaire du gouvernement dans les conditions de l’isolement croissant du pays qui conduit à la dévaluation de la monnaie nationale, le rial, à la réduction de la production et à la baisse des exportations. L‘une des mesures visant à lutter contre la crise a été la décision de la Banque centrale iranienne d’augmenter les taux d’intérêt sur les dépôts bancaires jusqu’à 21%. De plus, l’opposition du président estime que l’augmentation des impôts, qui affecte les couches sociales les plus démunies est injustifiée.

    Les députés ont tout autant de questions à poser au président au sujet de sa politique intérieure. L’une d’elles concerne l’usurpation du pouvoir, selon les députés, qui se manifeste dans l’aspiration du chef de l’Etat à réduire le rôle du Majlis au minimum.

    La partie la plus scandaleuse de la lettre des députés à Ahmadinejad concerne les changements de personnel au gouvernement. Les questions posées au président montrent que l’adversité cachée de longue date entre le président iranien et l’ayatollah Ali Khamenei se manifeste avec une nouvelle force (selon la constitution, l’ayatollah suprême est au-dessus du président).

    La dernière querelle entre Ahmadinejad et Ali Khamenei concernait le ministre iranien du renseignement Heidar Moslehi. En avril 2011, le président iranien a limogé le chef du renseignement, mais le guide spirituel a utilisé son droit d’annuler les décisions présidentielles et a remis Heidar Moslehi à son poste. Cette décision avait tellement choqué Mahmoud Ahmadinejad, qu’il a boycotté pendant plusieurs jours la décision d’Ali Khamenei.

    Et le parlement iranien, où le ton est donné par les partisans de l’ayatollah suprême, voudrait précisément avoir des explications du président Ahmadinejad pour savoir pourquoi il s’est comporté de cette manière.

    La convocation du chef de l’Etat met en évidence la lutte croissante pour le pouvoir en Iran à la veille des législatives du 2 mars. "Le parlement devient une arène de confrontation entre les deux premiers dirigeants de la République islamique d’Iran. Tandis que les partisans de l’ayatollah suprême comptent maintenir leurs positions au Majlis après les élections, les partisans d’Ahmadinejad espèrent les évincer. Dans cette situation, la conversation entre le parlement et le président pourrait prédéterminer l’issue de cette lutte", a déclaré Vladimir Sotnikov, expert du Centre de sécurité internationale de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales (IMEMO). La déclaration de Heidar Moslehi disant que "les ennemis de l'Iran cherchent à déséquilibrer la situation dans le pays à la veille des élections" a jeté de l’huile sur le feu. "Ironie du sort, mais ce ne sont pas les Etats-Unis ou Israël, mais les députés tournant le dos à leur président qui font chavirer la barque", estime Vladimir Sotnikov.

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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