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    Les titres du 14 mars 2012

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    Les députés européens exigent des réformes en Russie// Financement de la campagne 2007 de Sarkozy: le chantage du clan Kadhafi// Les députés US veulent faire payer à la Russie sont soutien à la Syrie

    Kommersant
    Les députés européens exigent des réformes en Russie

    Le résultat de l’élection présidentielle en Russie est une des priorités de l'ordre du jour de la session actuelle du Parlement européen. Lundi, ce sujet a été abordé par la Commission des affaires étrangères, et par les fractions mardi. Aujourd’hui aura lieu une discussion générale avec la participation de Catherine Ashton, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, dont les résultats seront consacrés demain dans une résolution, écrit mercredi 14 mars le quotidien Kommersant.

    Son projet concernant Moscou, préparé par l’Autrichien Hannes Svoboda, député socialiste européen, ont surpris de nombreux parlementaires par sa modération. Contrairement à la résolution de décembre du Parlement européen, où les élections législatives en Russie sont qualifiées de "non libres, injustes et ne répondant pas aux normes internationales", il évoque seulement des "défauts et des infractions au cours de la campagne électorale et la tenue de l’élection", ainsi que le "choix limité des électeurs." Le document ne propose pas, contrairement à celui du mois de décembre 2011, d’annuler les résultats du vote, et appelle seulement le gouvernement russe à "mener une enquête sérieuse et transparente sur les infractions afin de renforcer les normes démocratiques pour les prochaines élections."

    Toutefois, la version finale de la résolution pourrait être bien plus sévère. Les socio-démocrates sont la force la plus loyale envers Moscou au sein du Parlement européen. Les autres fractions influentes, telles que le Parti populaire européen et l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), critiquent davantage la situation politique en Russie. La députée de l’ALDE Kristiina Ojuland a déclaré que son parti insisterait pour que l’élection présidentielle en Russie soit proclamée non libre et injuste.

    Le leader de la fraction ADLE Guy Verhofstadt a déclaré que si le gouvernement russe ne profitait pas de la "fenêtre de possibilités ouverte jusqu’au 7 mai (date de l’investiture du nouveau président russe, Vladimir Poutine - ndlr) pour mettre en œuvre des réformes politiques nécessaires de toute urgence", l'ADLE et d’autres partis s'efforceraient d'obtenir que la présence de la délégation russe à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe soit déclarée illégitime.

    Hier, des leaders d’opposition russes, Mikhaïl Kassianov, co-président du Parti de la liberté du peuple, et Garry Kasparov, leader du Front civil unifié, se sont rendus à Strasbourg pour participer aux débats sur les résultats de l’élection présidentielle russe. Garry Kasparov a exigé des organismes européens qu'ils cessent de "conférer à Poutine et à son régime une apparence de démocratie." Il a déclaré aux députés européens: "N’appliquez pas des doubles standards, n’attendez pas que Poutine verse le sang, ce qui pourrait se produire, et vous seriez alors dans une situation très inconfortable. Exigez fermement que la Russie respecte ses engagements internationaux."

    Quant à Mikhaïl Kassianov, il a demandé au Parlement européen de faire preuve du "même niveau de solidarité qu’en décembre", en espérant que la résolution serait plus dure.
     
    Izvestia
    Financement de la campagne 2007 de Sarkozy: le chantage du clan Kadhafi

    Nicolas Sarkozy a réagi avec ironie à la publication d'informations sur le financement de sa campagne électorale 2007 grâce à l’argent personnel de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, écrit mercredi 14 mars le quotidien Izvestia. Le président sortant qui se représente à l'élection a qualifié de "grotesques" les documents attestant le virement depuis Tripoli de 50 millions d’euros sur le compte de son QG, publiés sur le site Mediapart, spécialisé dans les informations compromettantes. Il a ajouté: "Même si Kadhafi l'a réellement financée (la campagne), il s'avère que je ne lui en ai guère été très reconnaissant."

    Mais les socialistes qui sont en course pour le poste présidentiel avec Sarkozy ne sont certainement pas disposés à ironiser.

    "Nicolas Sarkozy évite par tous les moyens de répondre aux questions délicates sur ses liens avec Mouammar Kadhafi, a déclaré Pierre Moscovici, chef du QG de campagne du candidat socialiste François Hollande. Mais les circonstances de la libération des infirmières bulgares condamnées en Libye en 2007 puis soudainement graciées et relâchées avec la médiation de la France demeurent toujours opaques."

    Par ailleurs, Pierre Moscovici a fait remarquer que les véritables accords passés entre Sarkozy et Kadhafi lors de sa dernière visite à Paris en 2007 étaient également inconnus.

    Toutefois, il est clair que les documents rendus publics ne sont que la pointe de l’iceberg des informations compromettantes rassemblées par Mouammar Kadhafi et ses héritiers contre Nicolas Sarkozy, et ces documents tombent très mal, qui plus est en pleine campagne présidentielle en France.

    "La famille Kadhafi, notamment la fille de Mouammar, Aïcha, qui gère les affaires du clan depuis l’Algérie, est consciente qu’il serait plus habile de ne pas rendre publiques toutes les informations compromettantes à la fois, a fait remarquer Sergueï Sereguitchev, expert de l’Institut du Proche-Orient. En divulguant une partie de ces informations, la famille Kadhafi fait comprendre à Sarkozy qu’elle ne bluffe pas et qu’elle a de quoi faire chanter Paris pour atteindre son principal objectif – libérer Seif al-Islam et réunir la famille."

    Rappelons que Seif al-Islam Kadhafi, fils aîné et héritier officiel de l’ex-dirigeant libyen, a été capturé en novembre dernier et reste prisonnier des nouvelles autorités libyennes, malgré le mandat d’arrêt délivré contre lui par la Cour pénale international de la Haye. Depuis des mois Tripoli et la Haye n’arrivent pas à déterminer sur quel territoire et selon quelles lois il doit être jugé. Bien sûr, le gouvernement libyen ne veut pas relâcher le fils de Kadhafi et perdre ainsi un levier d’influence puissant sur les gouvernements de la France, de l’Italie et d’autres pays européens.

    Les informations compromettantes, dont dispose la famille Kadhafi, pourraient faire tomber plus d’un gouvernement en Europe. En rendant publics quelques documents, les proches de l’ancien dirigeant libyen ont montré qu’ils étaient prêts à utiliser ce qu'ils savent.
     
    Nezavissimaïa gazeta

    Les députés US veulent faire payer à la Russie sont soutien à la Syrie

    Un groupe de législateurs américains a réagi de manière surprenante à l’aggravation de la situation en Syrie, écrit mercredi 14 mars le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Les sénateurs John Cornyn, Dick Durbin, Kelly Ayotte et Kirsten Gillibrand ont signé une lettre adressée au chef du Pentagone Leon Panetta, selon eux, soutenue par 13 autres collègues. Cette lettre exige la rupture du contrat de fourniture et de maintenance d’hélicoptères russes en Afghanistan. L’argument principal est le maintien de la coopération militaro-technique entre la Syrie et Moscou, qui fournirait des armes utilisées dans les répressions contre l’opposition.

    Selon les sénateurs, le contrat signé l’année dernière entre le Pentagone et Rosoboronexport, l'unique agence russe d'exportation d’armements, rapporterait à Moscou 1 milliard de dollars. Il est question de l’acquisition par l’armée afghane de 21 hélicoptères Mi-17 pour 375 millions de dollars, et leur maintenance, ce qui coûtera encore 550 millions de dollars. De plus, ce contrat implique la possibilité d’acheter 12 hélicoptères supplémentaires.

    Auparavant, en expliquant les raisons de cette transaction, le général américain Raymond Odierno, chef d’état-major de l’armée de terre, a déclaré que selon les estimations de l’état-major interarmées de l’armée américaine, il n’existait "aucune autre possibilité de répondre aux besoins opérationnels des forces de sécurité afghanes." "On nous dit que ces Mi-17 sont absolument nécessaires pour maintenir la capacité des forces de sécurité afghanes", a déclaré le général. Selon lui, les Afghans connaissent bien ces hélicoptères, et les Mi-17 seront conduits par des pilotes qui ont déjà volé sur de tels appareils. De plus, le Mi-17 est moins cher que les homologues américains, et il est plus facile de former les pilotes afghans sur cet hélicoptère.

    Pour l’instant, Leon Panetta, secrétaire à la Défense américain, n’a pas répondu à la lettre des sénateurs.

    Konstantin Makienko, expert du Centre d’analyse des stratégies et des technologies, fait remarquer que le choix de l’hélicoptère russe pour les besoins de l’armée afghane s’imposait. Le Mi-17 est un hélicoptère de transport et de combat, capable d’embarquer des armes. Cet engin convient très bien pour l’Afghanistan. Il est adapté aux vols dans un environnement montagneux et chaud. On peut dire que c’est une solution optimale pour l’Afghanistan.

    De plus, selon l’expert, les Américains doivent tenir compte du problème du manque de pilotes afghans. Les pilotes disponibles sont familiarisés avec le matériel russe. Or beaucoup d’argent et de temps seraient nécessaires pour recruter de nouveaux pilotes et les former pour voler sur les hélicoptères américains.

    Selon l’expert, les sénateurs ont probablement utilisé le premier prétexte pour promouvoir les intérêts des producteurs d’hélicoptères de leurs Etats.

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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