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    Les titres du 12 avril 2012

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    Washington condamne la position de Moscou sur la Syrie// Massacre de Katyn: la Russie déclarée non-coupable par la CEDH// Dernier rapport d'activité de Poutine devant la Douma

    Kommersant
    Washington condamne la position de Moscou sur la Syrie

    Dans son discours devant les aspirants de l'Académie navale d'Annapolis (Maryland), la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré: "Le refus de la Russie de se joindre à nous pour prendre des mesures constructives permet à Bachar al-Assad de rester au pouvoir, bien armé et avec la possibilité d'ignorer les exigences de son propre peuple, de la région et du monde." La secrétaire d'Etat a promis d'entreprendre une nouvelle tentative pour faire changer d'avis Moscou lors des entretiens avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, écrit jeudi 12 avril le quotidien Kommersant.

    Toutefois, le ministre russe a ses propres plans à ce sujet. Avant de s'envoler pour Washington, il a déclaré qu'il demanderait à ses collègues pendant la réunion du G8 d'influer sur les leaders de l'opposition syrienne, afin qu'elle respecte le plan de paix proposé par Kofi Annan, émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe.

    Les représentants américains se sont d'ailleurs entretenus hier avec les opposants syriens, mais ont transmis un message complètement différent. Le sénateur républicain John McCain et son collègue démocrate Joseph Lieberman se sont rendus dans le camp de réfugiés syriens situé sur le territoire turc. En intervenant devant les résidents du camp et en évaluant la politique russe dans la région, John McCain a prononcé à plusieurs reprises le mot de "honte". Puis, en discutant avec les commandants de l'Armée syrienne libre (ASL) et l'administration du Conseil national syrien d'opposition, les sénateurs ont rendu public leur programme d'action: les Etats étrangers doivent apporter un soutien armé aux opposants à Bachar al-Assad afin de renverser l'équilibre des forces. De plus, il est nécessaire d'utiliser la "puissance aérienne étrangère" pour protéger les bases militaires de l'opposition.

    A noter que le sénateur Joseph Lieberman est un juif orthodoxe et est considéré comme l'un des principaux lobbyistes d'Israël à Washington. Il soutient les hommes politiques israéliens, par exemple, son homonyme, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, qui adoptent les positions les plus intransigeantes à l'égard de leurs voisins arabes, y compris la Syrie.

    En revanche, McCain et Lieberman n'ont même pas mentionné le plan de paix de Kofi Annan. Les sénateurs semblent l'avoir déjà enterré. Toutefois, l'ancien secrétaire général de l'ONU ne perd pas espoir.
     
    Moskovskie Novosti
    Massacre de Katyn: la Russie déclarée non-coupable par la CEDH

    La Russie n'est pas responsable du massacre de Polonais perpétré en 1940 près de Katyn, écrit jeudi 12 avril le quotidien Moskovskie Novosti. Telle est le verdict de la Cour européenne des droits de l'homme, rapportent les sources de Strasbourg. La Petite chambre (première instance de la CEDH) annoncera sa décision officielle sur l'affaire Janovec et autres contre la Russie le 16 avril. Mais, comme l'a appris le quotidien Moskovskie Novosti, le dispositif du jugement a déjà été adopté. Les sept juges de la chambre, par quatre voix contre trois, ont décrété que les autorités russes n'avaient pas violé le droit à la vie à l'égard des douze requérants, proches des officiers polonais fusillés. En d'autres termes, la Russie n'est pas responsable du massacre.

    Il est précisément question des autorités russes, et non pas soviétiques, car la Russie est le successeur de l'URSS. Les Polonais ont tenté de prouver à Strasbourg qu'en 1940 des milliers de personnes avaient été arrêtées par les forces du NKVD (Commissariat du peuple aux Affaires intérieures), emprisonnées dans des camps, puis fusillées – à Kharkov, à Tver et près de Katyn. Entre 1990 et 2004 la Russie a enquêté sur ces événements tragiques. Le parquet militaire central de Russie a classé l'affaire, car les auteurs présumés des massacres étaient déjà morts. En 2010, lorsque la Douma (chambre basse du parlement russe) a reconnu le massacre de Katyn en tant que crime du régime stalinien, la Pologne a été autorisée à consulter les dossiers de l'affaire. Auparavant, le parquet militaire ne divulguait aucune information en arguant de son caractère confidentiel. Une partie des documents est encore classifiée, et le parquet a refusé de les transmettre à Strasbourg. La CEDH a considéré ce refus comme une violation de l'engagement pris par la Russie de coopérer avec la Cour. Et c'est le seul point du verdict sur lequel les juges de la Petite chambre étaient d'accord à l'unanimité.

    Dans l'ensemble, la sentence de la Cour paraît quelque peu contradictoire. Sans reconnaître les autorités russes comme responsables des massacres, la CEDH les a toutefois condamnées pour le traitement inhumain infligé à certains requérants.

    Gueorgui Matiouchkine, délégué russe à la CEDH, a déclaré que les événements tragiques cités dans la plainte s'étaient produits bien avant l'adoption de la Convention européenne, et que par conséquent, la requête des proches des victimes n'était pas recevable.

    "La plainte des citoyens polonais ne concerne pas le crime même, mais les actions des organismes publics russes après la ratification de la convention", a expliqué Alexandre Gourianov, chef de la commission polonaise de l'association russe des droits de l'homme Memorial. Memorial avait également tenté de faire reconnaître le massacre de Katyn en tant que crime de guerre commis par les autorités soviétiques, mais il y a un an la CEDH a statué sur l'irrecevabilité de son recours.

    Même les Polonais, dont les droits ont été reconnus comme violés en vertu de l'arrêté de la CEDH, ne recevront aucune indemnisation pour le préjudice moral subi.
     
    Nezavissimaïa gazeta
    Dernier rapport d'activité de Poutine devant la Douma

    Le dernier rapport d'activité du gouvernement russe présenté par le premier ministre Vladimir Poutine devant la Douma (chambre basse du parlement russe) n'était qu'une simple formalité. En revanche, le premier ministre élu président a souligné que la politique stratégique du gouvernement du pays restait inchangée, car il n'existe aucune alternative réelle. Les manifestations de l'opposition n'ont fait que mettre en évidence l'intransigeance de la position de Poutine, écrit jeudi 12 avril le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    A quelques jours du 11 avril, certaines informations indiquaient que Poutine n'avait pas l'intention de considérer son rapport devant les députés comme une formalité. Et que hormis ce rapport en tant que tel, portant non seulement sur 2011 mais aussi sur ses quatre années de travail en tant que premier ministre, seraient également énoncées les orientations stratégiques - pour le futur cabinet qui sera géré par Poutine indirectement, depuis le Kremlin.

    La réalité s'est avérée différente des prévisions formulées par les sources et les experts. Avec un retard de seulement dix minutes, Poutine a parlé pendant plus d'une heure et demie des acquis et des succès de la Russie par rapport aux autres pays du monde. Succès qui, bien sûr, sont le résultat du travail de son gouvernement.

    Dans le discours d'hier de Poutine, aucun accent n'a été mis sur ce que le futur gouvernement aurait à faire. Le discours du premier ministre sortant soulignait que le premier ministre qui lui succéderait devrait poursuivre l'œuvre engagée. Poutine a laissé clairement entendre que la politique stratégique du gouvernement ne changerait pas, et que les modifications éventuelles devraient être discutées, mais seulement dans le cadre de la politique menée. Aucun tournant radical n'aurait lieu.

    Hier Poutine était étonnamment prodigue de déclarations politiques. Par exemple, le député du parti communiste Vladimir Bortko a demandé au premier ministre de s'exprimer sur trois propositions constitutionnelles du PC russe. Premièrement, au sujet de l'amendement à l'interdiction de briguer plus de deux mandats présidentiels consécutifs. L'opposition propose de changer la formulation en enlevant le mot "consécutif". Deuxièmement, Vladimir Bortko a déclaré que si le président en Russie était un "symbole", il devrait être privé du droit de légiférer. Et troisièmement, le parlementaire a demandé à Poutine ce qu'il pensait de la version suivante du préambule de la constitution: "Nous, peuple russe et peuples qui se sont joints à lui". Rappelons qu'à l'heure actuelle, la loi fondamentale stipule: "Nous, peuple pluriethnique de la Fédération de Russie".

    Poutine a pratiquement soutenu la première proposition du parti communiste et a déclaré qu'il prendrait cette initiative non pas parce qu'elle ne le concernerait pas (l'hypothétique amendement ne pourrait pas être rétroactif), mais parce qu'il estimait nécessaire de perfectionner le système politique russe. En revanche, le président élu a rejeté les autres idées des communistes. Notamment l'idée du renforcement du rôle du peuple russe. Poutine s'est exprimé à plusieurs reprises sur ce thème. Selon lui, il est très dangereux de séparer les peuples en première, deuxième et troisième catégorie.

    A noter une autre déclaration importante de Poutine, qui en principe peut être considérée comme une confirmation indirecte du fait que la réforme politique en cours ne sera pas stoppée, comme beaucoup le craignent. Evoquant la prolongation du mandat constitutionnel du président, Poutine a déclaré: "Le fait est que dans la vie de chacun de nous arrive un moment […] où il n'est plus nécessaire de s'accrocher à son fauteuil, mais où l'on peut et où l'on doit réfléchir à l'avenir du pays."

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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