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    L'équipage quitte le croiseur Aurore : le déclin de la déesse de l'aube

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    Le croiseur Aurore a été abandonné à la merci des civils. Hier à l'aube, les trois derniers matelots de l'équipage ont quitté le navire. Le bâtiment devient propriété exclusive du musée naval.

    Le croiseur Aurore a été abandonné à la merci des civils. Hier à l'aube, les trois derniers matelots de l'équipage ont quitté le navire. La mise hors service de ce bâtiment, ordonnée par le ministre de la Défense le 1er décembre 2010, est achevée. Le bâtiment devient propriété exclusive du musée naval.

    Il faut dire que cette "déesse" a une histoire chargée. Tous les autres navires russes ont eu un train de vie tout ce qu'il y a de plus ordinaire, alors qu'il arrivait toujours quelque chose à l'Aurore. Le croiseur a survécu à Tsushima, a traversé la Première guerre mondiale et, à en âge déjà avancé, a été coulé en 1941 puis réparé après la guerre. Puis il a ensuite tenu le rôle de Variag dans le film homonyme. Tout le monde connaît enfin le symbole qu'il est devenu : en 1917, il avait tiré à blanc pour envoyer le signal d'attaque sur le Palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg.

    Même les autorités soviétiques semblaient nourrir une peur respectueuse envers ce talisman.

    En 1984-1987, le navire, qui commençait franchement à pourrir, a été "remis en état" : la partie inférieure a été découpée et il a subi d'importants travaux de reconstruction, ce qui le transformait en "réimpression officielle" - par endroits complètement inauthentique.

    Même restaurée, que reste-t-il de cette "déesse"? Les Pétersbourgeois se souviennent, pour la plupart, où repose le véritable Aurore, plus précisément le fond découpé de sa coque : il rouille dans les ruisseaux de Kinguissepp (Kinguisseppskie Routchi), mais cela n'intéresse plus personne.

    A une époque plus rapprochée, quand la révolution avait perdu de son caractère sacré, on y organisait même toutes sortes de festivités. C'était, apparemment, bien vu.

    Le 16 octobre 2012, les derniers matelots ont abandonné l'Aurore et les civils ont hissé le drapeau ce matin vers 11h, avec du retard. J'ignore si quelqu'un a délibérément choisi cette date ou si c'était un hasard. L'histoire est une dame capricieuse et elle aurait pu jouer un mauvais tour à l'inconscience des dirigeants.

    Car dans une certaine mesure, cette date est symbolique : il y a exactement un an, le 16 octobre 2011, l'Aurore était plongée au centre d'un scandale. Un groupe de jeunes avait pénétré à bord du croiseur pour hisser un drapeau pirate.

    C'était la dernière goutte avant que le vase ne déborde, qui indiquait il fallait fermer boutique. L'Aurore est l'un des symboles connus par le pays tout entier. Il ne manquait plus que le croiseur soit l'objet d'interprétations multiples en tout genre.

    Ainsi, retirer enfin la "déesse" de la marine non seulement officiellement, mais aussi physiquement, était sûrement la bonne décision. Car même s'il ne pouvait plus naviguer ni faire feu, ce navire pouvait être très dangereux. On ne sait jamais.

    L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction.

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