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    Les titres du 17 octobre 2012

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    La Russie renchérit dans la lutte pour les contrats indiens//42% des Russes préfèrent Obama// Défilé séparatiste en Europe?

    Nezavissimaïa gazeta

    La Russie renchérit dans la lutte pour les contrats indiens

    New Delhi vient d'accueillir une réunion de la commission intergouvernementale russo-indienne pour la coopération commerciale, économique, scientifique, technique et culturelle, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Le ministre des Affaires étrangères indien Somanahalli Mallaiah Krishna a reconnu que les échanges commerciaux actuels ne correspondaient pas au potentiel des deux pays ni au niveau des relations déjà nouées dans le domaine militaire et stratégique, bien que les rapports bilatéraux russo-indiens bénéficient d'une solide base.

    Le ministre Krishna a appelé les deux gouvernements à lever les barrières qui se dressent encore face à la croissance des investissements mutuels et a approuvé la création de centres technologiques communs.

    Le coprésident russe de la commission, Dmitri Rogozine, est devenu la vedette des médias indiens. Il a en effet donné aux journalistes toutes les réponses aux questions qui les préoccupaient. L'une d'elles concernait le sort des deuxième, troisième et quatrième blocs de la centrale nucléaire de Kudankulam.

    La construction du premier bloc avait été retardée par les protestations des habitants locaux, inquiets pour leur sécurité. Il devrait prochainement être lancé et le deuxième réacteur, selon le vice-premier ministre, pourrait être mis en service en 2013.

    Pour les troisième et quatrième blocs, la situation est plus complexe. Un protocole a déjà été signé mais une loi adoptée en Inde souligne que la responsabilité d'un éventuel incident serait endossée non seulement par l'opérateur, mais également par le constructeur de la centrale nucléaire. Ce texte est devenu une pomme de discorde.

    Moscou estime que la nouvelle loi ne s'étend aux troisième et quatrième blocs car l'accord a été conclu avant l'adoption de celle-ci. Mais New Delhi voit les choses d'un autre œil.

    Pendant les négociations, Dmitri Rogozine a laissé entendre que si les Indiens avaient besoin de garanties supplémentaires, le prix de construction des deux réacteurs serait plus élevé.

    Aucun accord n'a encore été trouvé dans ce sens.

    C'est sa déclaration pendant la conférence de presse qui a fait le plus de bruit : il a évoqué d'éventuelles livraisons d'armes russes au Pakistan. Les Indiens ont demandé si la Russie vendrait des armes à ce pays ou non. Selon le site diplomat.ru, le vice-premier ministre a répondu : "Nous ne faisons pas de transactions avec vos ennemis. Nous ne leur vendons aucune arme… Si vous découvrez le contraire, alors vous pourrez me cracher au visage".

    Cette phrase est une nouveauté dans la pratique diplomatique. Elle démontre que les Indiens ont soit touché un point sensible, soit que Rogozine a voulu devenir un ami indéfectible à leur yeux. Tatiana Chaoumiane, directrice du Centre d'études indiennes de l'Institut d'études orientales, a fait remarquer que de tels propos n'étaient pas appropriés.

    "Premièrement, les relations indo-pakistanaises sont "inflammables". Il ne faut pas jeter de l'huile sur le feu. Deuxièmement, les Indiens et les Pakistanais eux-mêmes cherchent à construire des ponts entre eux. D'ailleurs, la Russie aussi entreprend des mesures pour renforcer ses liens avec le Pakistan. Une approche conflictuelle ne convient certainement pas."

    Les journalistes indiens ont également été surpris par cette vision de la coopération entre les deux pays dans la région nourrie par le vice-premier ministre, au vu du départ à venir des troupes de l'Otan d'Afghanistan. Les terroristes et les extrémistes y chercheront un refuge, ce qui créerait un grave problème pour la Russie et pour l'Inde.

    Les deux pays devront contrôler la situation et réfléchir à une solution conjointe pour stopper une nouvelle vague terroriste. On ignore comment les dirigeants indiens réagiront à cette initiative, soulignent les commentateurs de New Delhi.

    Kommersant

    42% des Russes préfèrent Obama

    La victoire du président sortant Barack Obama à la prochaine présidentielle américaine correspondrait davantage aux intérêts nationaux russes que la victoire du candidat républicain Mitt Romney, écrit mercredi le quotidien Kommersant. Telle est l'opinion de 42% des Russes interrogés par le Centre panrusse d'étude de l'opinion publique (VTsIOM). Les experts constatent une diminution de la rhétorique antiaméricaine au sein de la société russe et expliquent la popularité d'Obama par le "redémarrage" des relations entre les deux pays, dont il est initiateur.

    Selon les résultats du sondage, la majorité (42%) des personnes interrogées est convaincue que la victoire de Barack Obama à l'élection présidentielle correspondrait davantage aux intérêts nationaux de la Russie que celle du républicain Mitt Romney. La majorité de la population russe adoptant ce point de vue vit à Moscou et à Saint-Pétersbourg – une frange généralement partisane de Russie Juste et des fractions politiques hors parlement. A leur tour, seulement 4% des interrogés pensent que le succès électoral de Mitt Romney serait favorable pour leur pays. Un tiers a déclaré que la victoire de tel ou tel candidat n'avait "aucune importance pour la Russie" et une personne sur cinq n'a pas su répondre à la question.

    Valeri Fedorov, directeur général du VTsIOM, a expliqué les résultats du sondage par la perception positive d'Obama dans la conscience des masses: "Il organise le redémarrage, il fait preuve de convivialité et montre sa volonté de travailler avec la Russie". Toutefois, l'expert reconnaît que les Russes n'éprouvent aucun amour particulier pour les USA mais que la majorité réagit facilement aux "propositions positives". Selon Valeri Fedorov, Mitt Romney déclare au contraire que la Russie est l'ennemi numéro un. "En ce sens, il hérite des traits de l'ex-président George W. Bush, qui incarnait les stéréotypes de la propagande soviétique : une sorte de molosse capitaliste, de gendarme du monde qui étouffe tout. Il n'était pas du tout apprécié en Russie, fait remarquer le directeur du VtsIOM, et tout le monde a poussé un soupir de soulagement lorsqu'Obama l'a remplacé. "Aujourd'hui, on voit resurgir cette hydre impérialiste en la personne du mormon Romney, et personne ne souhaite sentir un nouveau souffle de l'époque de Bush".

    Le politologue Stanislav Belkovski a déclaré à son tour que la majorité de la population russe était "l'otage de la propagande officielle, affirmant qu'Obama est mieux que Romney".

    Selon lui, cette préférence s'explique par le fait que Barack Obama est l'initiateur du redémarrage, et que Poutine et Medvedev le connaissent personnellement. Pour l'expert, la victoire de l'un ou de l'autre candidat n'influencerait pas ce vecteur de la propagande officielle et les déclarations antirusses de Mitt Romney ne sont qu'un élément de sa campagne électorale.

    Trud.ru

    Défilé séparatiste en Europe?

    Une curieuse nouvelle a surgi hier dans les médias: le Royaume-Uni a autorisé l'Écosse à organiser, en 2014, un référendum sur son indépendance, écrit mercredi le quotidien Trud.ru. Cette information n'est pas la première à témoigner d'une hausse du séparatisme sur le continent européen.

    Il y a un mois, près de 1,5 million de personnes manifestaient à Barcelone en faveur de l'indépendance de la Catalogne. Une marche tenue sous un slogan: "Arrêtez de nourrir Madrid !" - la Catalogne est effectivement une région donatrice pour le reste de l'Espagne. En Belgique, la Nouvelle alliance flamande (N-VA) qui a remporté la victoire aux élections municipales, a exigé le lancement des négociations sur la transformation du royaume en fédération par la voix de son leader, Bart de Wever. Son argument ? La riche Flandre subventionnerait la Wallonie francophone moins développée.

    Tout cela rappelle les événements de Russie – le slogan "Arrêtons de nourrir le Caucase!"

    a également beaucoup de partisans, même chez des hommes politiques tout à fait respectables.

    Un mauvais exemple est contagieux, en général. Les événements qui se déroulent aujourd'hui sur le Vieux Continent devraient être analysés du point de vue de l'intégration européenne, aussi étrange que cela puisse paraître au premier abord. En dépit du thème, maintes fois rabâché, de l'effondrement de l'euro et de l'Union européenne, tout n'est pas aussi simple.

    Le fait est que les États traditionnels, formés en Europe depuis le traité de Westphalie, représentent un obstacle évident à l'unification de l'Europe. Il est très difficile pour Bruxelles de dicter sa volonté à Paris, Berlin, Madrid, Rome, etc. Les intérêts nationaux ne prévalent pas encore dans la détermination de la stratégie politique et économique en Europe, mais il n'est pas possible non plus de les réduire au même dénominateur.

    Les identités nationales doivent céder la place à l'identité paneuropéenne afin de permettre cette intégration. Mais comment ? Imposer par le haut une identité commune aux Français, aux Allemands et aux Italiens serait peu productif. En revanche, si l'unification de l'Europe était accompagnée par l'érosion de l'identité nationale, le résultat pourrait être différent. C'est la raison pour laquelle on mise aujourd'hui sur les régions. S'il est extrêmement difficile de former une fédération en unifiant la France, l'Allemagne et l'Italie, la Catalogne, la Wallonie, la Flandre, la Bourgogne, la Bavière, l'Écosse, la Lombardie, la Moravie, la Saxe et la Bretagne formeraient bien plus facilement un puzzle.

    Quelle conclusion pourraient en tirer les habitants et les hommes politiques de la Fédération de Russie ? Dans le contexte de l'économie et de la politique globale, l'Europe est incapable de conserver sa position de leader dans un format autre qu'un nouveau Quatrième Reich ou un second Empire romain – au choix. La mondialisation dicte ses conditions à la construction étatique et marque le début d'une ère d'empires (USA, Chine, UE…).

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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