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    Les titres du 7 novembre 2012

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    La Lybie sponsor du renversement d'Assad / Les Russes ne veulent pas d’une révolution / Après le scandale, la Russie dotée d’un nouveau ministre de la Défense / Législatives : nouveau vote partiel en Ukraine

    Presse russe: au-delà des gros titres   
    Les titres du 7 novembre 2012

    Kommersant
    La Lybie sponsor du renversement d'Assad

    Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe les forces d’opposition du pays, a dévoilé ses sources de financement. Cette annonce a provoqué un véritable scandale, écrit mercredi le quotidien Kommersant, car ce geste de transparence a révélé que la Lybie – qui sort seulement de la guerre civile - sponsorisait la révolution syrienne, contrairement à l’idée selon laquelle ces financements viendraient des monarchies pétrolières du Golfe. Cette information a provoqué un élan d'indignation : la population ne souhaite pas que des dizaines de millions de dollars soient alloués à l'exportation de la révolution plutôt que pour régler les problèmes sociaux dans le pays.

    D'après les documents rendus publics par le CNS, celui-ci a perçu 40,4 millions de dollars de l'étranger. Plus de la moitié de cette somme a été versée par la Libye – 20,3 millions de dollars, devant le Qatar (15 millions de dollars) et les Emirats arabes unis (5 millions de dollars).

    On savait déjà que les dirigeants libyens, arrivés au pouvoir après le renversement de Mouammar Kadhafi, contribuaient à exporter la révolution dans d'autres pays arabes. Cependant jusqu'à présent, on supposait qu'il existait une répartition tacite des tâches entre les pays arabes opposés au président syrien Bachar al-Assad : certains envoient des combattants sur le front syrien et d'autres (le Qatar, l'Arabie saoudite, les EAU) assurent le soutien financier. Mais il s'avère aujourd'hui que la Libye a devancé les autres sur tous les plans.

    A Tripoli même, l'information sur cette assistance financière très généreuse versée aux opposants d'Assad a provoqué un scandale. Après tout, la Libye n'est pas comparable au Qatar, prospère, qui dispose de dizaines de milliards de dollars. Le pays ne s'est pas encore remis des conséquences de la guerre civile – certaines villes sont encore en ruines, des insurrections et des conflits entre les tribus éclatent dans certaines provinces. Le gouvernement pourrait bien dépenser ces millions de dollars pour les besoins du pays mais au lieu de cela, il préfère financer l'exportation de la révolution.

    Toutefois, à en croire le rapport présenté par le CNS, la majeure partie de l'aide financière libyenne n'arrive pas jusqu'à Al-Qaïda ou d'autres ennemis armés de Bachar al-Assad.

     Les troupes de l'Armée syrienne libre directement impliquées dans les combats n'ont reçu que 7% de la somme (près de 2,8 millions de dollars). En revanche, par exemple, 290 000 dollars ont été dépensés pour la location d'hôtels lors des nombreux déplacements des dirigeants du CNS à l'étranger.

    Le rapport financier du CNS était, en un sens, une mesure forcée. Beaucoup d'hommes politiques étrangers soutenant l'opposition syrienne accusaient le conseil de mauvaise gestion des dépenses. De plus, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a reproché au CNS de ne pas avoir finalement  réussi à fédérer divers mouvements antigouvernementaux. L'opposition syrienne s'est réunie le 4 novembre pour un "congrès d'unification" de cinq jours au Qatar, afin de tenter une nouvelle fois de coordonner les actions de l'opposition contre Assad.

    Rossiïskaïa gazeta
    Les Russes ne veulent pas d’une révolution

    De nos jours, on fête l'anniversaire d'Octobre 1917 tranquillement, sans emphase.
    Le gouvernement n'est plus le même, l'époque est différente. Mais les Russes s'en souviennent. Comme chacun se doit de connaître l'histoire de son propre pays. Une observation que les résultats du sondage du Centre panrusse d'étude de l'opinion publique (VTsIOM) confirment, écrit mercredi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

    Les Russes voient la révolution d'Octobre comme une puissante impulsion dans le développement du pays, qui a ouvert une nouvelle ère dans l'histoire. Pourtant aujourd'hui, la grande majorité se prononce contre tout renversement ou révolution.

    "Les avis divergent sur ce que la révolution d'Octobre a apporté à la Russie. Quelle est la proposition qui vous convient le mieux ?", ont demandé les sociologues, proposant plusieurs versions de réponse. Dans l'ensemble, les Russes sont enclins à croire que la révolution a eu un impact positif sur le développement du pays. 27% répondent que ces événements ont donné une impulsion au développement social et 21% - soit une personne sur cinq – estiment qu’elle a "ouvert une nouvelle ère dans l'histoire de la Russie". Cependant, ces dix dernières années, les appréciations positives sont devenues plus rares. Les Russes la considèrent de plus en plus comme une catastrophe pour la Russie - le taux d’apparition de cette réponse est passé de 10 à 18% - et un obstacle pour le développement socioéconomique (17%). Les partisans du parti communiste sont ceux qui, bien sûr, estiment davantage que les conséquences de la révolution furent positives (37% il y a dix ans et 32% aujourd'hui). Les partisans des partis non représentés au parlement et les absentéistes sont plutôt de l’autre côté de la barrière (22%).

    Quelle a été la cause de la révolution d'Octobre ? Selon les Russes, le facteur décisif fut la situation difficile dans laquelle se trouvait le peuple (43%). 17% parlent d’une faiblesse du gouvernement et 11% d'aventurisme politique.

    La Russie n'est pas le seul pays à avoir connu la révolution. Celle-ci a également touché l'Angleterre, la France ou encore l'Allemagne. Que pensez-vous de la révolution en tant que phénomène historique ? Les sociologues ont sciemment posé cette question pour faire "dévier" les personnes interrogées de l'histoire nationale vers des sujets plus abstraits et généraux.

    Les Russes perçoivent différemment la révolution en tant que phénomène historique : 40% la considèrent comme inévitable et ayant autant d’avantages que d’inconvénients. 37% pensent qu'il est impossible de justifier une révolution et seulement 15% perçoivent positivement ce phénomène historique - avant tout les partisans du parti libéral-démocrate (23%) et du PC (26%).

    A l'époque soviétique, rares étaient ceux qui, en parlant de la révolution d'Octobre de 1917, ne se penchaient pas sur "la pertinence des événements de cette époque pour la nôtre". D'après les sociologues du VTsIOM, c'est ce lien historique que la grande majorité de la population ne souhaite sous aucun prétexte : la majorité des Russes est convaincue qu'il faut empêcher à tout prix un coup d'Etat aujourd’hui dans notre pays (78%). Il s'agit principalement de personnes qui considèrent toute révolution comme un événement tragique (89%), des partisans de Russie Unie (85%) et des partis hors parlement (86%), ainsi que ceux qui approuvent les actions du président (85%). Seulement 13% des interrogés estiment que la Russie a besoin d'une révolution.

    Une personne sur dix (9%) n'a pas répondu. En revanche, les autres ont un avis très clair sur la question. La révolution a un début mais son issue ne doit pas être catastrophique. La majorité des Russes en est convaincue.

     

    Nezavissimaïa gazeta
    Après le scandale, la Russie dotée d’un nouveau ministre de la Défense

    Vladimir Poutine a démis hier de ses fonctions le ministre de la Défense, Anatoli Serdioukov.
    Le président russe a mis en avant "la situation du ministère" et la nécessité "de mener une enquête objective sur toutes les questions aujourd’hui sans réponse". Il n'a pas caché que la cause de ce renvoi était le scandale survenu au sujet de la société militaire Oboronservis. Poutine avait certainement été informé de la progression de l'enquête, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    Le président russe a annoncé sa décision pendant un entretien avec le gouverneur
    Sergueï Choïgou, à qui il a proposé de prendre les rênes du ministère de la Défense. Ce dernier a reconnu que la proposition était "inattendue" et a remercié le président. "Je ferai de mon mieux", a-t-il ajouté.

    La Douma (chambre basse du parlement) a immédiatement trouvé une explication à cette situation - une fraction de Russie Unie était effectivement étonnée qu'Anatoli Serdioukov n'ait pas eu l'idée de démissionner immédiatement après le scandale autour d'Oboronservis.
    Alexeï Pouchkov, président du comité pour les affaires internationales à la Douma, a déclaré sur Twitter que cette décision avait "mûri": "A l'étranger, les ministres partent de leur propre gré après ce genre de scandales". Irina Iarovaïa, chef du comité pour la sécurité et la lutte contre la corruption à la Douma, s'est empressée d'annoncer qu'indépendamment des résultats de l'enquête, "l'existence même d'un scandale de corruption" était une raison suffisante "pour mettre la démission du ministre sur la table".

    Une source de la Douma, proche des structures de force, pense que l'apparition des informations compromettantes autour de la personne de Serdioukov s’explique par l'intention de mener l'inventaire dans son ministère. Le processus pourrait ralentir avec le départ du ministre.
    Comme, d'ailleurs, les réformes militaires inachevées par Serdioukov – par exemple, la mise en place d'une police militaire et de l'armée professionnelle sous contrat. La source a souligné que
    " pour mettre en œuvre ces réformes, le ministère a reçu une belle somme qui ne sera plus supervisée par Serdioukov".

    Notons que le renvoi du ministre va à l'encontre de la politique traditionnelle du président concernant son personnel. Poutine prend très au sérieux les remplacements dans les premiers rangs du gouvernement. Gleb Pavlovski, président de la fondation Politique efficace, fait remarquer que ces derniers temps, Poutine fait souvent "ce qu'il ne faisait pas auparavant":
    "Il brise son propre système, il fonce tête baissée comme s'il traversait la jungle et, à chaque fois il transgresse certaines règles antérieures". En renvoyant Serdioukov, Poutine tente de prendre le contrôle du sommet de la classe politique dirigeante, qui s'est transformée en une force autonome crainte par lui, affirme Gleb Pavlovski: "Il tient compte du besoin de lutter contre la corruption. Mais le problème n'est pas celui de son successeur. La nomination de Choïgou est une mesure d'urgence. Son transfert de la région de Moscou - or c'est la zone des intérêts cruciaux du président associée aux plans de préparation de la future structure politique, y compris le jeu autour de Moscou et de la région – est un geste de désespoir en termes de personnel.

    Bien sûr, Sergueï Choïgou sera capable de poursuivre les réformes d'infrastructure lancées par Anatoli Serdioukov, selon Gleb Pavlovski. Il sait ce qu'est l'infrastructure et ce n'est pas non plus un civil – "du point de vue militaire, il est général".

    Izvestia
    Législatives : nouveau vote partiel en Ukraine

    La Commission électorale centrale (CEC) d'Ukraine a organisé un nouveau vote partiel dans les cinq circonscriptions les plus problématiques des élections législatives où, après plusieurs jours, le dépouillement des bulletins n'avait pas été achevé. D'après les représentants de la CEC, il est désormais impossible de déterminer le véritable résultat dans ces régions, suite aux falsifications. L'opposition proteste contre cette décision et prépare une plainte pour la Cour administrative suprême, écrit mercredi le quotidien Izvestia.

    "Dans les circonscriptions où nous avons des preuves irréfutables de la victoire de notre candidat, nous ferons tout pour annuler le nouveau vote et faire reconnaître sa victoire", a déclaré Arseni Iatseniouk, l’un des leaders de l'opposition.

    Si ces réclamations n'étaient pas satisfaites, les leaders du camp des opposants menacent d'annuler leurs listes de députés élus au parlement, ce qui pourrait entraîner de nouvelles élections législatives. Les partis Udar, Liberté et Patrie ont déjà annoncé leur intention d’agir ainsi.

    Cependant, les politologues doutent que l'opposition renonce aux mandats qu'elle n'a pas encore obtenus.

    "Ce ne sont que des menaces. Les leaders de ces partis n'oseront pas annuler les listes, a déclaré le politologue Mikhaïl Pogrebinski.

    Selon lui, il est difficile d'imaginer comment les leaders de l'opposition réussiront à convaincre leurs collègues de renoncer à leur poste, alors qu’ils ont réussi à entrer au parlement en dépensant énormément d'argent pour la campagne électorale – sur leurs fonds et ceux des sponsors. S'ils renonçaient, les membres du Parti des régions et les communistes se partageraient les 225 sièges prévus pour les listes de parti. Il resterait également une partie des députés majoritaires, qui ne renonceront pas à leurs mandats. Au final, le parlement disposerait de 300 voix et par conséquent, il serait reconnu légitime et pourrait commencer son travail.

    Pour l'instant, l'opposition exige d'organiser une réélection dans 13 circonscriptions. Ses leaders ont organisé lundi un rassemblement non autorisé devant la CEC, auquel 3 000 personnes ont participé. Les organisateurs ont appelé les manifestants à ne pas quitter la place de la nuit mais seulement quelques dizaines de personnes ont suivi cet appel.

    Aux alentours de minuit, les manifestants ont tenté d'installer une tente sur la place mais la police est intervenue. La loi interdit toute manifestation au centre de Kiev jusqu'au 12 novembre.

    Les policiers ont eu un comportement très correct. Ils ont averti qu'ils n'utiliseraient pas la force contre les manifestants s'il aucune provocation ne venait de la part de ces derniers. Les leaders de l'opposition ont décrété le rassemblement devant la CEC "à durée indéterminée" – c’est-à-dire jusqu'à ce que l'on rétablisse l'ordre dans le dépouillement des bulletins.


    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti
       

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