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    Les titres du 1 février 2013

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    Le Kazakhstan change d'axe militaire// Le ton froid du déclin européen// Poutine a moins de qualités pour les Russes

    Nezavissimaïa gazeta
    Le Kazakhstan change d'axe militaire

    Les avions de fret militaire de l'Otan arrivant d'Afghanistan commenceront prochainement à atterrir à l'aéroport de Tchimkent (Kazakhstan). Les transports seront supervisés par des spécialistes étrangers civils et des militaires français, écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Tchimkent, à proximité de la frontière ouzbèke, pourrait devenir un nouveau point de transit pour les forces de l'alliance, se substituant ainsi à l'aérodrome kirghize de Manas. Selon le règlement de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), l'ouverture de ce genre de sites aux militaires étrangers doit se faire avec l'accord des pays membres de cette organisation, ce qui n’aurait pas été le cas cette fois.

    Le gouvernement kirghize fermera prochainement le centre de transit de l'Otan à Manas sur recommandation de ses collègues de l'OTSC. Cette situation paraît étrange. Bien sûr le Kazakhstan s’est notamment déjà détourné de l'OTSC au profit de l'Otan en créant un point de transit identique à celui de Manas en mer Caspienne en 2009. Selon les informations officielles, plus de 15 000 conteneurs ont déjà transité par cette base en contournant la Russie, soit la majeure partie des frets militaires transportés par le réseau du nord.

    Mercredi dernier, le président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaev rencontrait le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou tandis que le ministre kazakh des Affaires étrangères Erlan Idrissov s'entretenait à Bruxelles avec le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen pour discuter du programme de partenariat Otan-Kazakhstan. La presse kazakhe constate avec satisfaction le développement des relations avec l'Otan dans des secteurs tels que le maintien de la paix, la formation du personnel, la collaboration technique, le développement du système de formation militaire et l'assistance dans l'établissement de contacts dans les domaines militaire et technique. Evidemment, la Russie est également en contact avec l'Otan mais Moscou et Astana ont déclaré avoir des relations d'alliés et doivent se mettre d'accord sur leur politique étrangère.

    Pour le Kazakhstan, la Russie est aujourd’hui un simple donateur militaire et technique. La création d'un système commun de défense antiaérienne est un pas en avant dans le renforcement de la sécurité militaire des deux pays en Asie centrale mais en analysant la situation, cela se fait principalement grâce à la Russie, à la vente d'armements au Kazakhstan à des tarifs préférentiels, etc. C’est le prix que Moscou doit payer pour conserver ses relations militaires avec Astana. Pour l'instant, la Russie ferme les yeux sur les contacts militaires et techniques actifs du Kazakhstan avec d'autres partenaires, qualifiés par les experts russes de concurrents géopolitiques, militaires et économiques.

    "Sur fond des différends concernant l'utilisation commune du cosmodrome Baïkonour, des problèmes pétrogaziers et des contacts militaires actifs entre le Kazakhstan, l'Otan et les USA l’alliance déclarée de Moscou et d'Astana a peu à voir avec la réalité. On se demande pourquoi les diplomates russes ne le remarquent pas. Alors que Moscou aurait probablement pu exercer son influence sur Astana afin de pousser jusqu'au bout ses intérêts géopolitiques et militaires dans les contacts avec ce pays", déclare le colonel Edouard Rodioukov de l'Académie des sciences militaires.

    "Le Kazakhstan joue sur plusieurs fronts et jusqu'à présent, il arrivait à maintenir un équilibre des intérêts dans le domaine militaire. Néanmoins, son éloignement de la Russie est déjà perceptible", fait remarquer le général Alexandre Kostioukhine, qui a longtemps servi à l'état-major des forces armées russes.

    RBC Daily
    Le ton froid du déclin européen

    La une du hors série d'un grand quotidien britannique, dont l'objectif consiste à stimuler les investissements en Russie, a présenté récemment le président Poutine en chef de meute des grues pendant leur migration et l'article qui l'accompagnait était rempli de termes effrayants: "corruption", "Pussy Riot" et "autoritarisme". Après cela, seul un malade mental voudrait investir en Russie, écrit vendredi le quotidien RBC Daily.

    Ces deux dernières années, la Russie a enregistré une croissance de 4,5% et elle est retombée à 3,6% en 2012 - soit une tendance à la baisse, même si tous les pays de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ne peuvent qu'envier un tel résultat. Le taux de chômage en Espagne dépasse 26%, la Grèce est étouffée par ses dettes sur fond de catastrophe sociale, l'Italie et l'Irlande sont en récession tandis que les indices de croissance économique au Royaume-Uni et en France sont proches du négatif.

    En août, le taux de chômage en Russie a connu un taux record de 5,2%. L'inflation s'est stabilisée à 6,5% et malgré une forte baisse en 2009, les indices de production étaient tout à fait acceptables en 2010, notamment dans l'industrie du traitement et du bâtiment. Les crédits sont devenus plus accessibles grâce à une politique intelligente de la Banque centrale. L'imposition sur les recettes des entreprises reste raisonnable (en moyenne 30%), et l'impôt sur le revenu est très bas (13%). Ainsi, la Russie maintient des positions solides au sein de la communauté internationale, notamment grâce à la dévaluation périodique du rouble.

    Mais hormis la corruption et une politique intérieure de plus en plus rigide, un autre problème éternel plane sur la Russie: la dépendance aux hydrocarbures. Grâce à une hausse de 338% des tarifs pétroliers entre 2000 et 2008, le budget russe a significativement gonflé mais il pourrait être confronté au déficit à partir de 2015. Si, en 2007, un baril à 37 dollars permettait à la Russie d'avoir un budget équilibré, aujourd'hui il doit coûter 117 dollars pour avoir le même effet. Sur fond de déclin de l'économie mondiale et de retour de l'exploitation pétrolière en Irak et en Libye aux niveaux d'avant-guerre, les cours du pétrole pourraient connaître une sérieuse baisse.

    Un autre danger réside dans la hausse de l'intérêt pour le gaz de schiste, qui risque de remettre en question l'ensemble du secteur énergétique russe ainsi que ses tarifs pour les consommateurs européens. Les vagues de sentiments antirusses dans la presse occidentale et les déclarations surréalistes sur Vladimir Poutine après l'octroi de la citoyenneté russe à Gérard Depardieu, ainsi que la suspension de la construction d'une église orthodoxe à Paris par le nouveau président français ne sont que certaines des raisons pour lesquelles la Russie pourrait tourner aujourd'hui son regard vers l'est. Les échanges commerciaux sino-russes (70 milliards de dollars) ont déjà dépassé les échanges entre Moscou et Berlin (60 milliards de dollars).

    Le Japon, qui a récemment décidé de renoncer à l'énergie nucléaire, a particulièrement besoin des hydrocarbures russes et cela permettra à la Russie de maintenir, dans ce pays, des tarifs plus élevés qu'en Occident. Les appétits énergétiques de la Corée du Sud et de la Chine promettent également une coopération bénéfique. Le lancement du nouveau gazoduc Sibérie orientale-océan Pacifique permettra d'acheminer 12 milliards de mètres cubes de gaz par an sur la péninsule coréenne et le développement de l'infrastructure de transport terrestre réduira significativement les communications de transport entre l'Occident et l'Orient.

    Tandis que l'Europe est en train de se flageller, le Soleil se lève à l'est. Dans cette région, le changement de l'ordre mondial a déjà pris une forme très concrète. L'expérience historique montre que des changements radicaux nécessitent toujours un certain élan et il ne faut pas sous-estimer la vitesse à laquelle ils arrivent finalement.

    Kommersant
    Poutine a moins de qualités pour les Russes

    La majorité des Russes apprécie désormais le président Vladimir Poutine pour son expérience alors qu’ils avaient tendance à le voir comme un "homme déterminé, de volonté" et garant de la stabilité du pays. Ces changements de mœurs ont été découverts par les experts du centre Levada: les sociologues constatent que l'image de Vladimir Poutine, beaucoup ternie il y a 18 mois, "se réanime peu à peu". Mais ils n'osent pas prédire à quel point cette "réanimation" sera complète, écrit vendredi le quotidien Kommersant.

    En janvier 2011, 16% de Russes n'ont pas pu dire ce qui les attirait chez Poutine. Il y a un an, ils étaient 23% et sont 26% aujourd'hui. Autre changement: la population respecte aujourd'hui le président avant tout en tant qu'homme politique "expérimenté". 30% des personnes interrogées ont décelé cette qualité chez lui alors que jusqu'en janvier 2011, il plaisait à 34% des Russes (41% en août 2009) grâce à son "son énergie, sa détermination et sa volonté". Aujourd'hui, ils ne sont plus que 28%. Le président "garant de la stabilité dans le pays"? Cet avis a également changé. 23% le voyaient en tant que garant de la stabilité en 2007 contre 16% aujourd'hui. Toutefois, ils n'étaient que 11% il y a un an, remarque le directeur adjoint du centre Levada, Alexeï Grajdankine.

    La population a aussi changé de point de vue à l'égard du président en tant qu'homme "capable de mener le peuple derrière lui". En 2007 cette qualité était appréciée par 22% des Russes pour 11% il y a un et 14% aujourd'hui. Selon le sociologue, l'image de Poutine "se réanime peu à peu" mais il ignore si elle arrivera à regagner le niveau de ses deux premiers mandats. D'après Grajdankine, tout dépendra de l'humeur de la population: la satisfaction de son niveau de vie se transfère généralement sur la satisfaction quant à l'activité des dirigeants.

    Selon les Russes, la qualité la plus négative du président est son "lien avec le grand capital", selon 17% des personnes interrogées - par rapport à 18% il y a un an. Encore 16% des Russes n'aiment pas Poutine parce qu'il est "lié aux hommes politiques corrompus". 12% des citoyens sont convaincus que le président "n'arrive pas à diriger le pays". Il y a un an, 9% n'appréciaient pas cette qualité chez Poutine et 5% en janvier 2011.

    Si le "lien du président avec le grand capital" est la qualité la plus inacceptable du chef de l'Etat, cela signifie que la population l'évalue avant tout pour des motifs idéologiques, analyse Sergueï Oboukhov, député du parti communiste. "Mais comme seulement 16% des personnes interrogées voient Poutine comme un garant de stabilité, il n’est pas étonnant que la plus grande qualité qui lui soit attribuée soit l’expérience", pense le député.

    En dépit de tous les changements d'image, Poutine reste l'homme politique le plus populaire en Russie, a déclaré Igor Lebedev, vice-président de la Douma (chambre basse du parlement). Et cette réserve de popularité est suffisante pour se sentir à l'aise au moins jusqu'à la fin de son mandat présidentiel. "Toutes ces images et cotes pourraient s'effondrer en un instant, estime Sergueï Mitrokhine du parti Iabloko. Parce que de tels régimes ne sont pas éternels, ils pourraient soudainement s'effondrer."

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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