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    Les titres du 5 février 2013

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    L’internet russe toujours plus restreint// L’armée suédoise ne ferait pas le poids contre la Russie// Pyongyang prépare un essai nucléaire pour le Nouvel an chinois

    Vedomosti
    L’internet russe toujours plus restreint

    En 2012 , l’internet russe est devenu un centre de la vie sociopolitique et la principale plateforme d'auto-organisation dans le pays, écrit mardi le quotidien Vedomosti. Mais plus le nombre d’utilisateurs augmentait, plus les autorités russes restreignaient les libertés sur internet, remarquent les auteurs du rapport "La Russie comme menace globale pour la liberté sur internet", publié par l'association pour les droits de l'homme Agora – on compte 1197 restrictions en 2012 contre 500 en 2011.

    On constate notamment une hausse du nombre d'initiatives pour superviser internet et renforcer le contrôle des utilisateurs : en 2012, elles sont 10 fois plus nombreuses qu’en 2011 et toutes proposent de nouveaux moyens de contrôle et de restriction, explique l'un des auteurs du rapport, Damir Gaïnoutdinov, avocat à Agora. Cet élan s'explique non seulement par l'intérêt des hommes politiques pour internet mais également par le sentiment général de danger émanant de l'espace cybernétique en l'état actuel des choses, pense-t-il.

    Parmi les initiatives marquantes, la loi sur les listes noires de sites adoptée en 2012 a rendu possible le blocage des sites sans passer par un tribunal si ces derniers contenaient des recettes pour fabriquer des drogues, des moyens pour se suicider et de la pornographie pédophile : c'est ainsi que les auteurs de la loi comptaient protéger les enfants. Mais en pratique la liste noire comprenait aussi des sites qui n'avaient rien à voir avec les thèmes interdits à cause d’une "erreur technique", comme l'ont déclaré par la suite les représentants de Roskomnadzor, le service fédéral de surveillance des communications. Aucune de ces "erreurs" n'a été contestée au tribunal. En tout, plus de 1 200 sites ont été inscrits sur la liste noire en deux mois.

    Le nombre d'affaires criminelles suivant la diffusion d'informations en ligne - majoritairement pour incitation à la haine et pour extrémisme - ont plus que doublé (de 38 en 2011 à 103 en 2012). Mais la part des affaires politiques, selon Damir Gaïnoutdinov est de 20-25% et est restée inchangée l'année dernière. Les cyber-attaques sont devenues plus puissantes, les bots informatiques ont augmenté mais les enquêtes sont sabotées par le gouvernement, remarquent les experts d'Agora.

    La tendance répressive se maintiendra en 2013, affirment les auteurs du rapport : au printemps la Douma (chambre basse du parlement) examinera la loi sur internet - et la société civile n'aura pas la possibilité de participer à cette discussion. "A l'heure actuelle les utilisateurs du net ont besoin d'un représentant indépendant de leurs intérêts, une association de ce type pourrait voir le jour d'ici quelques mois", reconnaît Irina Levova, membre de l'Association russe des communications électroniques.

    Une source de l'administration présidentielle affirme "qu’aucun changement n’est opéré dans la politique à l'égard d'internet : les priorités restent les mêmes, internet prend de l'importance en tant qu'outil démocratique et nous allons autoriser une idée sur l'initiative législative appuyée par 100 000 signatures, on y travaille actuellement. Par ailleurs, aucune décision d'interdiction n'a été prise au niveau législatif contre le web".

    Kommersant
    L’armée suédoise ne ferait pas le poids contre la Russie

    Scandale en Suède après une déclaration du général Sverker Göranson, chef d'état-major des forces armées suédoises, écrit mardi le quotidien Kommersant. Il a déclaré que son pays serait incapable de se défendre en cas d’attaque russe et que la Suède aurait alors besoin de l'Otan. Cette déclaration a été désavouée par la ministre de la Défense Karin Enström, qui a rappelé que l'adhésion à l'Otan n'était pas à l'ordre du jour. Les sondages montrent pourtant qu’une telle initiative fédère de plus en plus.

    "Même pendant la Guerre froide, alors que la Suède investissait bien plus d'argent pour sa défense, nos capacités étaient limitées. Nous n'avons jamais été suffisamment armés pour nous opposer à l'Union soviétique ou à la Russie par nos propres moyens. Dans tous les cas, nous aurions besoin d'une aide extérieure – de l'Otan ou des Etats-Unis.

    Mais nos hommes politiques empêchent la militarisation de la société, qui nous permettrait de parer la menace venant de l'est", a déclaré le général Sverker Göranson dans une interview accordée au quotidien Svenska Dagbladet. Combien de temps la Suède pourrait résister en cas d'agression ? La question est primordiale selon le général. "Si ce n'était que quelques jours, alors les résultats seraient déplorables. La "menace de l'est" n’est pas une pure spéculation au regard des tendances autoritaires en Russie et des événements en Géorgie", ajoute-t-il.

    Après cette déclaration qui a provoqué un séisme au gouvernement, le général Göranson a été soupçonné d'avoir divulgué un secret d'Etat portant atteinte à la sécurité du pays.

    Tomas Lindstrand, procureur en chef chargé des affaires de sécurité, a exigé une enquête sur les propos du général qui, selon lui, se référait à des informations confidentielles du ministère de la Défense. "Cette information est importante pour les Etats hostiles envers la Suède", affirme le procureur. Cependant, il n'a pas réfuté la thèse du général selon laquelle la Russie restait le "principal ennemi" de la Suède.

    Selon les experts, la déclaration de Sverker Göranson met en évidence les différends croissants entre le gouvernement et l'armée concernant les moyens et la manière d’assurer la sécurité du pays. Cette révélation du général survient à la veille de la conférence nationale annuelle Peuple et Défense à Sälen, ce qui ajoute du piquant au scandale.

    Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, est l'invité d'honneur du forum cette année. L'ordre du jour de la conférence inclut les questions suivantes : à quel point la Suède
    doit être proche de l'Otan ? Peut-elle devenir membre de l'Otan ? A-t-elle besoin de l'aide de l'alliance ?

    La ministre de la Défense a déclaré, pendant le forum, que les valeurs humaines universelles – la démocratie, l'égalité, les droits de l'homme – comptaient plus que tout pour son pays dans sa coopération avec l'Otan. Toutefois, elle a rappelé que suite à la décision du parlement suédois, l'adhésion du pays à l'alliance n'était pas à l'ordre du jour.

    A son tour, Anders Fogh Rasmussen a déclaré que la Suède ne pourrait pas compter sur l’aide de l’Otan en cas d’agression. "Car on ne peut pas être un peu enceinte". Selon la charte de l'Otan, l'attaque contre un membre est considérée comme une attaque de toute l'alliance. "Quant aux pays partenaires tels que la Suède, la question d'une éventuelle assistance en cas d'agression sera discutée en temps voulu".

    Par ailleurs, les derniers sondages montrent que de plus en plus de Suédois souhaiteraient confier la sécurité du pays à l'Otan face à la "menace de l'est". 29% pensent que la Suède devrait adhérer à l'Otan par rapport à 22% l'année dernière. C'est légèrement inférieur au nombre d'opposants à l'adhésion – 32%. Sachant que l'année dernière, 50% des Suédois étaient contre l'adhésion à l'Otan.

    Izvestia
    Pyongyang prépare un essai nucléaire pour le Nouvel an chinois

    Séoul instaure un état d'urgence : selon les informations des services de renseignement sud-coréens, la Corée du Nord organisera son troisième essai nucléaire avant le 10 février, date du Nouvel an chinois, écrit mardi le quotidien Izvestia.

    Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a réuni dimanche dernier le comité militaire du Parti des travailleurs de Corée pour exiger de renforcer les capacités défensives du pays et de "répondre avec détermination aux provocations des agresseurs". Il est question d'un essai nucléaire à Dongchang-ni, province de Pyeongan-Bukto, près de la frontière russe. Les satellites américains et sud-coréens ont constaté la fin des travaux de l'un des deux tunnels horizontaux passant sous le mont de Mantap (2 200 mètres d'altitude), au sud. L'entrée du souterrain, où pourrait se trouver la charge nucléaire, a été camouflée.

    "Comme toujours, la Corée du Sud attise les tensions, déclare Vassili Mikheev, directeur adjoint de l'Institut d'économie mondiale et des relations internationales à Moscou. Cependant, Pyongyang ne fait pas mieux en continuant à bluffer avec la carte nucléaire : ces ambitions présentent une menace directe pour la Russie"."Ce n'est pas seulement amoral mais cela va aussi à l'encontre des intérêts stratégiques fondamentaux russes en tant que puissance nucléaire responsable", ajoute-t-il.

    "Il ne faut pas non plus oublier que l'essai est prévu près de la ville russe de Vladivostok. Une telle explosion représente un grand danger potentiel. Il n'est pas prouvé qu'il soit réussi et suffisamment sécurisé. La Corée du Nord rencontre de grands problèmes techniques et technologiques et le programme de production de plutonium est dans l'impasse. C'est pourquoi on ne parle plus d'utiliser l'uranium pour la charge nucléaire", avertit Vassili Mikheev.

    "Il faut voir le monde avec les yeux du gouvernement nord-coréen. On verra alors que sur l'ensemble de son "axe du mal" survivent uniquement ceux qui ont un semblant de programme nucléaire ou détiennent l'arme nucléaire, analyse Konstantin Asmolov, expert à l'Institut de l'Extrême-Orient. Si l’on t'accuse de fabriquer "l'étoile de la mort", il faudra en construire une et la tester au plus vite. L'ampleur des frais découragerait alors les hommes politiques hostiles à enfreindre le statu quo".

    "Les dirigeants nord-coréens sont des pragmatiques et pas des fanatiques", déclare l'expert. Le troisième essai nucléaire sera probablement organisé prochainement – la Corée du Nord pourrait le faire coïncider avec le Nouvel an chinois, le 10 février. Selon lui, ce serait un signe de l'héritage de la tradition soviétique, avec ses rapports et ses grandes dates.

    Pyongyang a déjà organisé deux essais nucléaires souterrains le 9 octobre 2006 et le 25 mai 2009. Ils ont provoqué une réaction très négative de la communauté internationale et ont entraîné des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies contre la Corée du Nord.

    En prévision de nouveaux essais, le lundi 4 février, les forces navales sud-coréennes et américaines ont commencé une manœuvre de trois jours pour préparer une défense antiaérienne conjointe en mer afin de protéger leurs sous-marins. Les USA seront représentés par le sous-marin nucléaire San Francisco et un destroyer équipé du système de défense Aegis. A l'heure actuelle, 28 500 soldats font partie du contingent américain sur le territoire sud-coréen. Pyongyang considère ces exercices comme la préparation d'une attaque.

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti
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