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    Les titres du 7 février 2013

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    Russie-Allemagne : La coopération à un niveau critique// Bakou ne sera pas un avant-poste de l'Otan// Moscou constate un déficit de démocratie en Europe// Journée mondiale sans téléphone portable

    Kommersant
    Russie-Allemagne : La coopération à un niveau critique

    Andreas Schockenhoff, coordinateur de la coopération russo-allemande, a sévèrement critiqué le Kremlin qui, selon lui, entreprend des "tentatives paranoïaques de contrôler la société - qui évolue rapidement - craignant une révolution orange". Il estime que la voie de la démocratie "souveraine" mène la Russie vers l'isolement international, écrit jeudi le quotidien Kommersant.

    Les autorités allemandes critiquent de plus en plus souvent et fermement les changements politiques en Russie. Cette tendance a été exprimée par le coordinateur de la coopération
    russo-allemande et vice-président de la fraction parlementaire CDU-CSU, Andreas Schockenhoff. Ses déclarations au sujet des élections, des initiatives législatives ou des procès judiciaires, suscitent une telle irritation à Moscou qu'à la veille de sa visite en Russie, le ministère russe des affaires étrangères (MAE) avait remis en question la "capacité d'exercice" du député allemand.

    Cette critique n'a pas apaisé l'ardeur de Schockenhoff. Pendant la conférence de la Fondation Konrad Adenauer à Moscou, il a averti que la voie de la démocratie "souveraine" pourrait mener la Russie vers la stagnation et l'isolement international. "Pour l'instant, je ne vois pas d'aliénation entre la Russie et l'UE ou l'Allemagne mais je la constate entre l'Etat et la société en Russie même, a déclaré Schockenhoff. La société évolue très rapidement mais les autorités souhaitent conserver le statu quo et tentent de s'isoler des changements, aussi bien dans leur politique nationale qu'à l’extérieur."

    Selon le député allemand, la verticale du pouvoir construite par le Kremlin "ne correspond pas aux tendances modernes". "Depuis son arrivée au pouvoir en 1999-2000, Vladimir Poutine n'a pas changé. Mais la société russe si", note-t-il. Schockenhoff perçoit, dans les initiatives législatives des autorités russes depuis mai dernier, des "tentatives paranoïaques de contrôler la société, craignant une révolution orange".

    Par ailleurs, il a souligné que Berlin ne cherchait  pas à donner de leçons à Moscou mais qu'il était préoccupé par son avenir en tant qu'ami et partenaire. Selon lui, "la principale ressource en Russie  n'est pas le pétrole ou le gaz mais le capital humain. Si le gouvernement le limite artificiellement, il ne pourra plus utiliser son potentiel dans l'économie et sur la scène internationale".

    "L'Allemagne est un pays impatient. Elle souhaite que la démocratie absolue s'impose en Russie dès demain. Mais cela ne se fait pas comme ça", a déclaré Vladimir Loukine, médiateur russe pour les droits de l'homme. "Le chemin vers la démocratie n'a été facile pour aucun pays", a-t-il déclaré en citant l'exemple du Royaume-Uni. Selon lui, ce processus y a duré 700 ans – entre l'adoption de la Grande charte des libertés au XIIIème siècle et le droit de vote pour les femmes au XXème siècle.

    Cet argument n'a pas convaincu Schockenhoff. "A l'époque des technologies numériques, une telle logique est irrecevable. Avant, il fallait attendre deux mois l'arrivée d'un émissaire du Japon pour rapporter une tragédie. Alors que nos bourses se sont effondrées deux secondes après l'accident à la centrale nucléaire de Fukushima". Cependant, Vladimir Loukine maintient sa position : "La stabilité au détriment du développement mène à l'effondrement. Mais la démocratie n'est pas non plus la solution. Il faut chercher le juste milieu et là-dessus, vous pouvez nous aider."

    Les positions de Schockenhoff et de Loukine se rejoignent pourtant sur certains points. Le député allemand a déclaré qu'en tant que partisan des valeurs familiales, il n'autoriserait pas les homosexuels à se marier et à organiser des parades, et qu'il aurait également mis Pussy Riot derrière les barreaux - mais pour une période plus courte.

    Nezavissimaïa gazeta
    Bakou ne sera pas un avant-poste de l'Otan

    "Le retrait du contingent de maintien de la paix en Afghanistan est aujourd’hui discuté entre l'Otan et l'Azerbaïdjan", a déclaré William Lahue, officier-coordinateur de l'OTAN pour le Caucase du Sud, à l'école internationale de l'Otan en Azerbaïdjan pendant la session intitulée "Les défis sécuritaires dans la région de la mer Caspienne".

    Le représentant de l'alliance a notamment déclaré que le retrait des troupes d'Afghanistan concernait également le contingent azerbaïdjanais, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa gazeta."L'Azerbaïdjan est inclus dans le processus car sa localisation le prédispose à un redéploiement des troupes retirées. Bakou pourrait devenir un maillon important du retour des forces d'Afghanistan en Europe", a déclaré William Lahue.

    La déclaration du représentant de l'Otan a été portée au niveau de scoop par les agences de presse étrangères et interprétée comme une volonté de l'Otan d'introduire des troupes en Azerbaïdjan. Certains experts ont même déclaré que "Bakou ne refusera pas cette faveur aux USA" et qu’il s’agissait "certainement de la préparation d'un avant-poste pour attaquer l'Iran". En déployant des troupes en Azerbaïdjan, le Pentagone a directement accès à la mer Caspienne et par conséquent au Nord-Caucase russe.

    Pour Bakou, ces analyses sont de pures provocations. Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a déclaré que les propos de William Lahue avaient été mal compris et que la question de la mise à disposition du territoire azerbaïdjanais pour le redéploiement des troupes de l'Otan n'a pas été - et ne pouvait pas - être abordée. Selon les analystes locaux, Bakou coopère et coopérera avec l'Otan. Toutefois, l’Azerbaïdjan n’entreprendra jamais de mesures qui pourraient nuire à ses relations de bon voisinage avec l'Iran ou la Russie. Le gouvernement l'a officiellement annoncé à plusieurs reprises.

    Le vice-ministre des Affaires étrangères d'Azerbaïdjan Araz Azimov a éclairé l'affaire. Dans le cadre de la 4ème réunion à Bakou des dirigeants du procès d'Istanbul pour la stabilisation de la situation en Afghanistan, Azimov a déclaré aux journalistes qu'à partir de la seconde moitié de 2013, les cargaisons de la force internationale d'assistance et de sécurité (Isaf), transportées via le territoire azerbaïdjanais, seraient plus nombreuses.

    "A l'heure actuelle, des frets transitent via le territoire azerbaïdjanais et Bakou fournit divers services dans le cadre de l'opération de l'Isaf menée par l'Otan", a souligné le vice-ministre.
    Il a ajouté que l'Azerbaïdjan offre cette possibilité en tant que contribution dans l'opération de maintien de la paix en Afghanistan.

    "Les pays membres et les partenaires de l'Otan profitent de ces possibilités de transit. L'Isaf sera retirée d'Afghanistan d'ici fin 2014 et une partie des cargaisons passera par le couloir de transit mis à disposition par Bakou", a déclaré le vice-ministre. Selon lui, ces frets seront transportés d'Afghanistan en Europe et dans d'autres pays transitant par l'Azerbaïdjan.

    RBC Daily
    Moscou constate un déficit de démocratie en Europe

    Les députés français ont du expliquer à leurs homologues russes de quel déficit de démocratie européenne parlaient les journaux occidentaux. Pendant le débat, les Français ont associé la notion de "démocratie" au mot "contrôle" et les Russes au mot "peuple", écrit jeudi le quotidien RBC Daily.Les députés russes et le président de la Douma (chambre basse du parlement) Sergueï Narychkine ont conquis le pays qui a donné naissance au terme "parlement" - qui vient du verbe "parler" - par une brillante connaissance de la langue française lors de leur visite de travail.

    La délégation russe s'est également distinguée sur le thème principal de la politique internationale, la démocratie. Lors de la réunion du comité français à l'Assemblée nationale de Paris les députés français, "armés" de connaissances venant des journaux nationaux, ont exprimé leurs préoccupations au sujet des nouvelles lois adoptées à la Douma. Ce à quoi le député Viatcheslav Nikonov a répondu que la "Russie n'adoptait pas de lois allant à l'encontre de ses engagements dans le cadre du Conseil de l'Europe et qui n'étant pas soutenues par au moins deux tiers de la population". "Vous ne trouverez aucun individu victime de l'application de ces lois",
    a-t-il fait remarquer.

    A son tour, Viatcheslav Nikonov a demandé d'expliquer le déficit de démocratie en Union européenne, dont "parlent de plus en plus tous les journaux" ainsi que les communiqués rapportant que le rôle des parlements européens devenait de moins en moins substantiel.

    Cette question a fait du bruit parmi les députés français, peu habitués à ce genre de reproches, et la présidente de la commission pour les Affaires étrangères s'est lancée à la défense de la "madame démocratie". Elle a déclaré que l'Assemblée nationale avait conscience qu'il était nécessaire de "renforcer le contrôle du parlement sur le gouvernement dans le travail quotidien", et que ce travail devait être mené dans chaque pays de l'UE. "Nous nous trouvons dans les conditions d’une double légitimité", a-t-elle déclaré. La suite de son discours était confus et s'est conclu par le slogan "la démocratie gagne !". ""Le "peuple" est déterminant dans le mot démocratie, qui vient du grec "demos", a rappelé Sergueï Narychkine.

    Les droits de l'homme furent un thème central des réunions et des activités qui se sont déroulées en France pendant presque deux jours. "Vous protégez le régime de Bachar al-Assad, comment pouvez-vous condamner des femmes qui chantent dans une église ?", a demandé un membre de la commission en associant la "prestation" de Pussy Riot à une chorale d'église. Il a également appelé la Russie à participer plus activement à la discussion sur le règlement du conflit syrien, au lieu d'utiliser son droit de veto dans la prise de décisions sur la Syrie.

    "Participer à la discussion ne signifie pas renverser le gouvernement syrien", a précisé Alexeï Pouchkov, chef du comité des affaires internationales de la Douma. Il a rappelé que la Russie n'avait pas utilisé son droit de veto pendant la guerre en Libye, ce qui a rapidement soulevé la question du Mali, où l'armée française a projeté des forces armées pour stopper les touaregs armés qu’elle avait soutenus en Libye.

    Plus tard Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale française, a apaisé le dialogue en réduisant le tout à des questions simples : l'énergie, les visas et les droits de l'homme.
    "Nous avons besoin du pétrole et du gaz russe, et la Russie a besoin d'en vendre - cette complémentarité est stable, a déclaré Bartolone. Mais nous ne voulons pas être de simples clients ou fournisseurs, nous voulons être partenaires. Nos perspectives sont bonnes. La France fait partie des plus grands investisseurs en Russie. 6 000 entreprises françaises travaillent en Fédération mais les petites et moyennes entreprises y sont peu représentées."Les entretiens entre les délégations russes et françaises se sont finalement terminés sur une note positive.

    Rossiïskaïa gazeta
    Journée mondiale sans téléphone portable

    La Journée sans téléphone portable a été lancée le 6 février et se termina le 8 février, écrit jeudi le quotidien Rossiïskaïa gazeta. Pendant cette période, il est suggéré de renoncer à son téléphone cellulaire ou, au moins, de réduire le nombre de communications.

    Cette action a été proposée par l'écrivain français Phil Marso, auteur du premier roman en SMS devenu bestseller en Europe, qui a également inventé le terme "addictophone". Il a été soutenu par les psychologues, préoccupés par cette nouvelle dépendance qui se répand de plus en plus à travers le monde et s'apparente à d'autres addictions telles que l'alcoolisme, la toxicomanie, les jeux et l'oniomanie. Dans le cas du téléphone portable, l'individu qui devient dépendant des communications par le téléphone portable compense également des problèmes personnels comme l'incapacité à communiquer directement ou la crainte de la solitude.

    Les parents doivent comprendre le plus tôt possible le caractère nocif de ces gadgets high-tech.Les journées mondiales sans téléphone mobile sont un événement volontaire organisé afin que les gens réfléchissent à ce problème. La première journée n'a pas été choisie au hasard – c'est la journée de Saint Gaston dans le calendrier catholique, dont le nom est associé à une chanson populaire française "Gaston y'a l’téléphone qui son et y'a jamais personne qui y répond", de Nino Ferrer.

    L'addiction aux téléphones portables porte même un nom, "nomophobie"  - no-mobile-phone phobia, ou peur excessive d'être séparé de son mobile. Un sondage auprès de 2 163 utilisateurs de téléphones portables au Royaume-Uni a révélé que 53% des personnes interrogées devenaient nerveuses en perdant leur portable, si la batterie était à plat, si le forfait se terminait ou en cas de réseau indisponible. Le plus souvent, 58% des hommes et 48% des femmes éprouvent un sentiment de peur dans ces situations. Une autre étude parle de peur-panique auprès de 66% des personnes interrogées, probablement parce que 41% des Européens ont deux téléphones portables - au cas où. Les 18-24 ans sont les plus nombreux à souffrir de nomophobie (77%).

    "En réalité il ne s'agit pas du portable lui-même, explique Anna Portnova, médecin au service psychiatrique de l'institut Serbski. Il serait plus correct de parler de dépendance à la communication par tchats, SMS, Skype, etc. Les jeunes, notamment les ados, ont des centaines voire des milliers d'"amis" sur les réseaux sociaux.

    Cela crée l'illusion d'un large cercle de connaissances - illusion que n'avaient pas les générations précédentes. Mais c'est une communication virtuelle, formelle, sans émotion en dépit des smileys et d'autres signes. Il n'y a pas les barrières qui retiennent généralement, dans la communication individuelle, la manifestation de traits de caractère négatifs d'une personne. D'où l'insolence, les insultes, les attaques de certains participants à des discussions, ce qui très caractéristique de ces catégories d'âge. Les adolescents éprouvent beaucoup d'intérêt pour les contacts sociaux mais leur personnalité n'est pas encore formée, de même que leur défense individuelle".

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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