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    Les titres du 8 février 2013

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    Russie-USA : une ONG suggère à Obama d'abandonner le "redémarrage"// Nouvel élan révolutionnaire en Tunisie// Iran : les sanctions favorisent les rivaux d'Ahmadinejad// La glace fond entre Moscou et Tbilissi

    Kommersant
    Russie-USA : une ONG suggère à Obama d'abandonner le "redémarrage"

    L'ONG Freedom House recommande à la Maison blanche de renoncer à sa politique de "redémarrage" et de changer de ton dans ses relations avec la Russie, écrit vendredi le quotidien Kommersant. Les experts de Freedom House estiment que la politique de Vladimir Poutine témoigne d'un refus définitif de procéder à des réformes libérales. Selon les militants des droits de l'homme, Washington doit continuer à soutenir l'opposition russe et "faire preuve d'engagement" dans la lutte contre la corruption en Russie. L’ONG suggère également que Barack Obama renonce à toute rencontre avec son homologue russe.

    Les analystes de Freedom House ont présenté leurs propositions dans un rapport intitulé "La rivalité avec la Russie poutinienne : message adressé au gouvernement américain".

    Selon le vice-président de Freedom House, Arch Paddington, l'administration américaine espérait effectivement élargir les contacts avec la Russie en annonçant un redémarrage des relations bilatérales, pensant que Dmitri Medvedev pourrait mettre en œuvre des réformes libérales. Mais quelques mois plus tard il est apparu que ces espoirs ne se réaliseraient jamais : Vladimir Poutine continuer à déterminer la politique de la Russie et son retour au pouvoir en 2012 a "entraîné une dégradation considérable du climat politique dans le pays", selon les auteurs du rapport.

    L'ONG est convaincue que l'"anti-américanisme marqué" est le thème central de la vie politique russe, s’appuyant sur le fait que Poutine a accusé les USA d'organiser et financer des manifestations antigouvernementales à Moscou, que l'Agence pour le développement international (USAID) a été fermée, qu’une série d'accords bilatéraux a été suspendue et que les autorités ont interdit l'adoption d'orphelins russes par des Américains.

    Toutefois, selon les experts de Freedom House, les actions du gouvernement russe sont passées inaperçues à Washington. Les représentants de l'administration américaine préféraient faire des commentaires très prudents sur les initiatives du Kremlin et aucune réaction ferme n'a suivi même après "l'attaque des organisations de jeunesse pro-Kremlin et des chaînes russes" contre le nouvel ambassadeur américain à Moscou Michael McFaul - et le président russe a notoirement refusé de participer à la réunion du G8 en mai 2012. "Les Etats-Unis ont besoin d'une nouvelle politique à l'égard du Kremlin, cela ne fait plus aucun doute", affirme Arch Paddington.

    Les experts de Freedom House en concluent qu'il est temps pour Washington de renoncer aux relations mutuellement bénéfiques avec la Russie et de changer de ton dans les négociations avec le Kremlin. Moscou considère la souplesse excessive de la Maison blanche comme un signe de faiblesse et les tentatives de l'administration pour "conserver des bonnes relations à tout prix", selon les auteurs du rapport, ont déjà entraîné la baisse de l'influence internationale des USA.

    La liste des recommandations comporte également un conseil personnel adressé au président Obama. L'ONG estime qu'il doit renoncer à sa prochaine visite à Moscou en informant le gouvernement russe que sa participation à la réunion du G20 en automne dépendra de la situation des droits de l'homme en Russie.

    Nezavissimaïa gazeta
    Nouvel élan révolutionnaire en Tunisie

    Les nouveaux événements qui secouent la Tunisie peuvent faire penser à la première révolution du printemps arabe, qui avait mis fin au régime de Ben Ali il y a deux ans, écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Des affrontements entre la police et des milliers de manifestants se sont produits mercredi et jeudi et dans la capitale, les manifestants se sont armés de pierres et ont construit des barricades. Les forces de l'ordre ont riposté par des jets de gaz lacrymogène et un policier a été tué. Dans la rue, la foule criait les mêmes slogans qu'en janvier 2011 : "Démission du cabinet de traîtres !" ou "Le peuple veut la chute du régime !". Mais cette fois, ils s’adressaient à ceux qui étaient arrivés au pouvoir grâce à la révolution.

    Les émeutes ont commencé après l'assassinat du leader de la coalition Front populaire, Chokri Belaïd, près de son domicile. Cette coalition regroupe 12 partis de gauche, y compris sa formation des patriotes démocrates.

    L'opposition tunisienne a accusé les groupes radicaux de ces agissements - plus particulièrement les salafistes, auxquels on attribue déjà des attaques contre des hommes politiques, des militants des droits de l'homme et des journalistes.

    Les salafistes s’en prennent souvent aux commerces qui vendent de l'alcool, à des expositions d'art, des cinémas et des mausolées soufis. On estime qu'ils sont responsables de l'attaque de l'ambassade américaine le 14 septembre 2012, pendant des émeutes suivant la diffusion du film Innocence des musulmans.

    Après la révolution tunisienne, Chokri Belaïd fut le premier à critiquer le mouvement islamiste modéré Ennahdha, au pouvoir, pour son incapacité à maîtriser les extrémistes. La tragédie est survenue le lendemain de la réception d'une nouvelle menace de mort, alors qu’il appelait à organiser une conférence sur la lutte contre la violence, qu'il qualifiait de résultat de la crise gouvernementale et du conflit au sein du parti au pouvoir.

    Ce conflit s'est manifesté immédiatement après le début des troubles. Afin d'éviter l'immersion du pays dans le chaos, le premier ministre tunisien Hamadi Jebali - qui a condamné ce "meurtre odieux" - a promis de former prochainement un cabinet de technocrates sans parti, qui dirigera le pays jusqu'aux élections. L'opposition, les partenaires de coalition et la branche modérée d'Ennahdha cherchaient depuis longtemps à créer un gouvernement d'unité nationale mais ils n'ont pas réussi à s'entendre sur sa composition en raison de la puissante aile conservatrice du parti au pouvoir, ce qui a poussé la coalition au bord de la séparation.

    La pression entre le marteau des groupes radicaux et l'enclume de l'opposition laïque est une tendance générale pour ce pays, qui a traversé le printemps arabe et permis aux islamistes modérés d'arriver au pouvoir. Des processus similaires sont observés en Egypte et en Libye.

    Les salafistes exigent une politique plus conservatrice, les libéraux accusent les autorités d'incapacité à les maîtriser, voire de leur soutien en coulisses. Sur fond de graves problèmes sociaux et économiques, les contradictions politiques rendent la situation extrêmement instable.

    Izvestia
    Iran : les sanctions favorisent les rivaux d'Ahmadinejad

    Les Etats-Unis ont encore durci les sanctions contre l'Iran. Les nouvelles mesures visent à bloquer les revenus pétroliers de Téhéran, ce qui poussera les banques étrangères à renoncer à leurs transactions avec l'Iran. Au final, les fonds seraient bloqués dans les pays consommateurs et les Iraniens ne pourront les utiliser que pour l'achat de marchandises dans les pays auxquels ils fournissent encore des hydrocarbures, écrit vendredi le quotidien Izvestia.

    Les sanctions adoptées par les Américains en octobre dernier ont provoqué la division par deux des exportations pétrolières de l'Iran – jusqu'à 1 million de barils par jour - ce qui a réduit de 40 à 60% les recettes budgétaires du pays et a entraîné la dévaluation de la monnaie iranienne.
    Selon le ministre iranien de l'Economie, les pertes de l'Etat au cours de cette période s'élèvent à 47 milliards de dollars.

    Le régime de restrictions affecte sérieusement l'économie iranienne, ce qui a poussé les adversaires du président à hausser le ton. Mahmoud Ahmadinejad, qui a déjà effectué deux mandats, ne peut plus se représenter à la présidentielle du 14 juin et par conséquent, il peut être accusé ouvertement de toutes les difficultés économiques du pays.

    Lorsque le président a quitté le pays le 4 février pour visiter l’Egypte, l'ex-procureur général de Téhéran Saïd Mortazavi a été arrêté sans explications et relâché après avoir passé 48 heures en détention provisoire. Cette action a été organisée par le puissant clan des frères Larijani proche de l'ayatollah Khamenei, dont fait partie Ali Larijani, président du parlement et prétendant favori à la présidence.

    Les quatre frères Larijani représentent l'ancienne élite perse et forment l'un des principaux groupes d'appui du guide spirituel iranien. Quant à Ahmadinejad, il est soutenu par les leaders islamiques des organisations armées – le Corps de gardiens de la révolution islamique et les leaders de la milice Basij.

    L’ayatollah Khamenei a rejeté le 7 février toute négociation directe avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire car il pense pouvoir encore maintenir ses positions dans le conflit
    irano-américain, que le pays progresse dans le secteur nucléaire, s'adapte aux sanctions et sera gagnant plutôt que perdant suite aux changements politiques au Moyen-Orient. Par ailleurs, Téhéran n'exclut pas sa participation au prochain sommet des Six sur le thème nucléaire, programmé le 26 février à Almaty au Kazakhstan.

    En réalité, ni Ahmadinejad ni son éventuel successeur Ali Larijani ne renonceront à la bombe nucléaire. Téhéran attend des concessions de la part des Américains, proposant d'assouplir d'abord les sanctions avant de poursuivre un dialogue.

    Nezavissimaïa gazeta
    La glace fond entre Moscou et Tbilissi

    Les relations entre la Russie et la Géorgie s’améliorent, même s’il ne s’agit pas encore ni d'une normalisation intégrale ni d’un rétablissement des relations diplomatiques – la glace commence à fondre mais elle n'est pas encore rompue, écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

    En décembre 2012, le représentant spécial du premier ministre géorgien chargé des relations avec la Russie, Zourab Abachidze, et le vice-ministre russe des Affaires étrangères
    Grigori Karassine se sont rencontrés en Suisse pour lister un ensemble de problèmes qui pourraient être réglées dès maintenant à condition d’adopter une approche raisonnable et de bonne volonté.

    Le début de l’année 2013 fut encore plus rassurant. Deux rencontres marquantes ont été organisées en janvier : le Patriarche-Catholicos de toute la Géorgie Ilia II a été accueilli à Moscou par le président Vladimir Poutine et les premiers ministres des deux pays,
    Dmitri Medvedev et Bidzina Ivanichvili, se sont rencontré dans le cadre du Forum économique mondial de Davos. Quelques jours plus tard, la Russie acceptait d'ouvrir son marché aux marchandises géorgiennes.

    Strictement parlant, l'accord de rétablissement du commerce avec la Russie est la seule action marquante du nouveau gouvernement géorgien. Sans compter les arrestations de représentants de l'ancien gouvernement et une série d'amnisties – c'est ce qu'on appelle "rétablir la justice" à Tbilissi.

    L'ancien gouvernement, qui se retrouve minoritaire au parlement, est loin d'apprécier la situation. Le désespoir avec lequel ses membres tentent d’orienter la Géorgie vers l’Occident pose question. L’action des anciennes autorités est une forme d'agonie - elles ont perdu l'initiative et subissent des pertes. Il semble également que le Rêve géorgien réussira prochainement à former sa majorité constitutionnelle au parlement. Après cela, Bidzina Ivanichvili, qui s'est fixé pour principal objectif l'amélioration rapide du niveau de vie de la population, deviendra définitivement le numéro un du pays.

    Le premier ministre mise sur le développement du secteur agricole et un fonds spécial d’un milliard de dollars a été créé à cet effet. Mais il ne faut pas rêver d'un développement de l'agriculture sans un important marché d'écoulement. Ces dernières années, passées sous le signe d’un partenariat stratégique avec l'Occident et d’une confrontation avec la Russie, ont poussé la Géorgie à conclure à une absence d'alternative au marché russe. L'amitié est une chose mais l'Occident ne s'empresse pas pour autant d'acheter des marchandises géorgiennes, préférant en général d'autres secteurs et moyens de coopération. Ces circonstances ont contribué à la demande sociale du mouvement de Tbilissi vers le nord.

    De cette manière, on assiste actuellement en Géorgie à une coïncidence rare des souhaits et des objectifs du gouvernement et de la population – peut-être pas de tous les habitants, mais de leur majorité. Et cette coïncidence rend l’orientation pro-russe irréversible à l'étape actuelle. A moins que la Russie ne la rejette pour une raison quelconque.

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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