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    Les titres du 13 février 2013

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    L’essai nucléaire nord-coréen fait l’effet d’une bombe// Un nouvel avion d'assaut pour l'armée de l'air russe// Bilan de la "persécution" des activistes en Russie// Le BRICS gagne du terrain sur l'arène internationale

    Kommersant
    L’essai nucléaire nord-coréen fait l’effet d’une bombe

    La Corée du Nord a réalisé son troisième essai nucléaire. Cette explosion souterraine a été condamnée à l'unanimité par la communauté internationale, des Etats-Unis à l'Iran, écrit mercredi le quotidien Kommersant. Le Conseil de sécurité des Nations unies pourrait durcir les sanctions qui visent déjà le pays et même si l'essai nucléaire n'a pas entraîné d’aggravation de la situation radioactive en Extrême-Orient, la Russie pourrait être la plus affectée par l'incident. L'essai de Pyongyang risque de provoquer une nouvelle course aux armements dans la région et le renforcement de la présence militaire américaine près des frontières russes.

    L'essai nucléaire nord-coréen a été lancé hier matin à 3h57, heure française. Les stations sismiques russes, américaines et chinoises ont enregistré un tremblement de terre d'une magnitude 4,9 à une profondeur d’un kilomètre, 378 km au nord-est de Pyongyang. Les photos satellite prises la semaine dernière ont permis d’identifier la préparation d'un essai nucléaire sur le site de Punggye-ri, qui n'a pas pu être empêché par la communauté internationale.

    La Corée du Nord a confirmé l'explosion par le biais de l'agence de presse KCNA, qui a annoncé la réussite du troisième essai nucléaire pour lequel, selon la version officielle, une "bombe plus légère et compacte", de grande puissance destructrice, a été utilisée. Selon les experts, le troisième essai pourrait être plus puissant que les deux précédents, en 2006 et 2009.

    Les estimations divergent : selon la version initiale, il était question d'une explosion de 5 kilotonnes mais une source du ministère russe de la Défense a annoncé que la puissance de la bombe dépassait 7 kilotonnes.La Chine a ressenti plus que les autres les échos de l'explosion. La télévision chinoise a annoncé que les habitants de la région du mont Changbai, frontalier avec la Corée du Nord, ont observé des vibrations du sol notables pendant une minute.

    En Primorie tout est resté calme hier alors que le lieu de l'explosion ne se trouve qu'à 400 km de Vladivostok. L'administration régionale n'a fait aucune déclaration à ce sujet. Sergueï Aksenov, porte-parole du ministère des Situations d'urgence en Primorie, a déclaré que les services du ministère travaillaient en régime habituel. "Le niveau de radiation n'a pas augmenté. Il n'existe aucun risque pour la population de la région", affirme-t-il.

    Les actes de Pyongyang ont provoqué un "séisme politique" dans le monde entier. La communauté internationale a condamné à l'unanimité l'essai nucléaire transgressant les résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité de l'Onu. Après le président américain Barack Obama et d'autres chefs d'Etat Téhéran, soupçonné de développer son propre programme nucléaire à l'encontre de la résolution du Conseil de sécurité, a également condamné cet essai. "Nous avons besoin aujourd’hui qu’aucun pays n’ait plus d’armes nucléaires ou de destruction massive. Elles doivent être détruites", a déclaré Ramin Mehmanparast, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse.

    Moscou a condamné l'essai nord-coréen par le biais d'une source du MAE russe, citée par ITAR-TASS. "Un tel comportement de la Corée du Nord, à savoir le refus de remplir les exigences du Conseil de sécurité et de la communauté internationale, ne peut être que condamné", souligne le diplomate russe.La prochaine étape pourrait être l'adoption de nouvelles sanctions contre Pyongyang pendant la réunion d'urgence du Conseil de sécurité convoquée à la demande de Séoul.

    La crise coréenne risque notamment de provoquer une course aux armements en Extrême-Orient, où les voisins sud-coréens et japonais devront prendre des mesures supplémentaires pour assurer leur propre sécurité. Il est possible que la présence militaire américaine se renforce en
    Extrême-Orient, près des frontières russes. Obama a déclaré que Washington restait vigilant face aux provocations nord-coréennes et promettait de protéger ses alliés dans la région.


    Izvestia
    Un nouvel avion d'assaut pour l'armée de l'air russe

    L'armée de l'air russe va recevoir un avion d'assaut de nouvelle génération, qui pourra attaquer le matériel terrestre, l'infanterie et d'autres cibles ennemies. Il sera conçu à partir du SU-25 soviétique. Ce choix des militaires s’est fait aux dépens du nouveau Iak-130 russo-italien, qui s'est avéré trop petit, écrit mercredi le quotidien Izvestia.Selon une source de l'état-major de l'armée de l'air, le résultat final de l'appel d'offres pour la production du nouvel avion d'assaut sera annoncé le 17 février."L'état-major de l'armée de l'air avait le choix entre cet appareil et le Iak-131, qui est une version modernisée du Iak-130 d'entraînement. C'est cette dernière qui a été choisie", a déclaré la source.

    L'appel d'offres a été lancé en 2011. L'armée de l'air avait défini ses attentes début 2012 et en mai, Sukhoi et Iakovlev avaient postulé pour participer à l'appel d'offres. L'avion d'assaut devait fonctionner 24h/24 quelles que soient les conditions météorologiques, être doté d'un radar et d'armes de haute précision, avoir un puissant blindage et être monoplace. Au vu de ces éléments, le Iak-131 léger biplace n'a pas convenu aux militaires.Autre exigence de l'armée de l'air : l'avion devait être prêt pour les essais avant le second trimestre 2014 car il est prévu de lancer sa production en série avant 2020. Selon les affirmations d'une source de l'industrie de l'armement, cette modernisation profonde du Su-25 fait de lui un tout nouvel avion.

    La version d'entraînement et de combat Su-25UB a été prise pour base. Le réservoir de carburant prendra la place du second pilote ce qui permettra d'augmenter l'autonomie opérationnelle de l'avion de 300 à 1 000 km. Le nez et la cabine de l'appareil, qui deviendra hermétique, seront complètement modifiés. Le Su-25UB ne peut pas voler au-delà de 5000 mètres d'altitude alors que le futur avion d'assaut pourra s’élever jusqu’à 10 000-11 000 mètres. Le poids maximal de l'appareil est de 14,5 tonnes, avec une charge utile allant jusqu'à 6 tonnes.

    Le système de visée Klen, obsolète, sera remplacé par le SOLT-25 qui inclut un télémètre laser et une caméra haute résolution combinée à un dispositif d'imagerie thermique."Les pilotes avaient initialement demandé des lunettes de vision nocturne et un pointeur casque - les Américains ont des dispositifs optiques sur un œil leur permettant de verrouiller la position de la cible avec la vue. Mais ils y ont renoncé pendant les travaux car le SOLT-25 permet au pilote de se passer d'un tel dispositif ", a déclaré une source.

    Les développeurs comptent munir l'avion d'un radar à réseau de phase, bien que cela ne soit pas inscrit dans les exigences techniques. Un système de visée couplé au radar offrira à l'appareil la possibilité de détruire au moins quatre cibles en un passage, espèrent les industriels de l'armement. Les missiles guidés antichars supersoniques Vikhr seront l'arme principale de l'avion.

    On promet que cet avion offrira une grande maniabilité de l'armement embarqué, une grande durée de vie, la simplicité et la fiabilité des équipements."Pourquoi nous voulons précisément un radar à réseau de phase ? Parce qu'il est plus fiable qu'une antenne et fonctionne lorsque d'autres modules sont hors service. L'avion pourra traiter plusieurs cibles à la fois en un passage en tirant 4 à 6 missiles d’un coup", a déclaré la source.

    Son collègue du secteur aéronautique déclare que les constructeurs sont déjà à la limite des capacités en termes de matériaux, d'aérodynamisme et de solidité."Faire quelque chose de foncièrement nouveau prendra beaucoup de temps. Alors qu'en remplaçant uniquement les équipements, on gagne immédiatement en qualité et en temps. L'avion pourra traiter plusieurs cibles à la fois en un passage en tirant 4 à 6 missiles d’un coup", a-t-il déclaré.

    Anton Lavrov, expert indépendant pour l'aviation militaire, estime que le ministère de la Défense accorde toujours une attention particulière aux avions d'attaque au sol."Un armement de haute précision augmente considérablement la durée de vie de l'avion d'assaut dans les conflits modernes. Les modifications du Su-25UB rendent inutile la modernisation des avions actuellement en service, dont les plus récents ont plus de 25 ans", a déclaré l'expert.

    RBC Daily
    Bilan de la "persécution" des activistes en Russie

    En 2012, les autorités russes ont renforcé leur pression sur les activistes civils, constatent les militants d'Agora dans leur rapport "Persécution des activistes civils en Russie. Bilan-2012".
    Le second rapport de l'association parle de l'impunité des attaques contre les minorités sexuelles. Les deux rapports permettent de mettre en évidence une nouvelle tendance – il est plus simple d'engager des poursuites pénales contre les "indésirables" que de les attaquer. C’est pourquoi les participants aux récentes manifestations délocalisent de plus en plus souvent leurs entreprises à l'étranger, écrit mercredi le quotidien RBC Daily.

    Les informations d'Agora font ressortir une diminution du nombre de crimes violents pour des motifs politiques en 2012 – 3 meurtres et 27 attaques d'activistes civils ont été enregistrés. Mais le nombre d'affaires pénales contre des opposants augmente : on en a compté 42 en un an. Pavel Tchikov, président de l'association, a déclaré que cette dynamique était prévisible suite aux législatives. Selon lui, il est devenu plus facile d'emprisonner les activistes "indésirables" que de les attaquer.

    Le rapport évoque également une hausse de l'émigration politique, sans citer de chiffres. Pavel Tchikov explique que les participants aux manifestations récentes essayent de plus en plus d'obtenir un travail à l'étranger pour un an ou deux et délocalisent leurs entreprises tout en observant la situation en Russie. "Il n'existe aucune statistique exacte. Beaucoup de gens partent avec des histoires compliquées dont tout le monde ne veut pas parler publiquement", reconnaît Denis Solopov, réfugié politique aux Pays-Bas.

    Agora a enregistré près de 5 000 interpellations de manifestants en 2012, dont plus de 70% ont eu lieu à Moscou. Désormais, les arrestations de quelques jours sont plus rares mais les interpellés se voient infliger une amende de 250 à 500 euros. Pavel Tchikov déclare que cette pratique est plus douloureuse pour les activistes et moins scandaleuse pour les autorités. "Tant qu'on ne tire pas sur les gens pour leur participations aux grèves, tout ne paraît pas aussi terrible. Les amendes de 250-500 euros ne démotiveront pas les activistes", a déclaré Alexeï Sakhnine, membre du comité exécutif du Front de gauche.

    L'avocat Ilnour Charapov, auteur du second rapport d'Agora consacré aux attaques contre les LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans), constate que la majorité de ces excès reste impunie. Entre 2006 et 2012, Agora a eu connaissance d'au moins 58 cas de violences contre des homosexuels. On estime que neuf meurtres ont été commis pour ce motif mais l'enquête n'était pas intéressée par cette version des faits, déclare l'avocat. Il prédit que l'adoption d'une loi interdisant la propagande de l'homosexualité entraînera une nouvelle vague de violence.

    Kommersant
    Le BRICS gagne du terrain sur l'arène internationale

    Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov était hier en Afrique du Sud pour discuter de la préparation du sommet du BRICS, qui se déroulera les 26 et 27 mars à Durban, écrit mercredi le quotidien Kommersant. Durant ce forum, les dirigeants de Russie, d'Afrique du Sud, de Chine, d'Inde et du Brésil étudieront la possibilité de créer une banque commune, un conseil d'entreprise permanent et un "secrétariat virtuel" – un site où les ministres des cinq pays pourront mener une correspondance confidentielle.

    A l'issue de l'entretien avec son homologue sud-africaine Maité Nkoana-Mashabane, le ministre russe a annoncé la préparation d'un "nombre conséquent d'accords bilatéraux pratiquement sur tous les aspects de coopération". Ils devraient être signés pendant la visite de Vladimir Poutine en Afrique du Sud pour le sommet du BRICS en mars. "Le niveau de nos relations, y compris commerciales et économiques, pourrait être largement amélioré", a ajouté Maité Nkoana-Mashabane.

    En effet, les liens économiques entre les deux pays laissent à désirer : les échanges commerciaux entre l'Afrique du Sud et la Russie sont très inférieurs par rapport aux échanges entre l'Afrique du Sud et la Chine notamment. En fait, les intérêts du commerce russe pour le marché de l'Afrique du Sud se limitent à l'exploitation des minéraux et des métaux. Les entreprises Evraz, Renova, Nornikel et autres travaillent dans ce pays et quant aux moyennes entreprises, la coopération est presque inexistante.

    Guennadi Choubine, de l'Institut africain à Moscou, explique que la corruption et l'inefficacité du gouvernement local représentent une barrière considérable pour les investissements russes en Afrique du Sud. Sans oublier la spécificité locale : "Parfois, une compagnie achète la licence d'exploitation d'un gisement pour des dizaines de millions de dollars mais les habitants du pays la chassent en disant qu'ils ne laisseront pas outrager la terre sacrée de leurs ancêtres", déclare l'expert. Cependant, le principal facteur dont il faut tenir compte pour les compagnies intéressées par le marché local est le fait que ce pays est une poudrière : le pourcentage des personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté ne diminue pas et le peuple est fatigué du gouvernement en place.

    Toutefois, les autorités sud-africaines affirment que le pays se développe avec succès, ce dont témoigne l'organisation du sommet du BRICS à Durban. L'ordre du jour préliminaire a déjà été annoncé : il est prévu d'évoquer la création d'un conseil d'entreprise permanent, d'un centre de recherche et d'une banque commune du BRICS. De plus, l'idée de créer un "secrétariat virtuel" de l'organisation s'est concrétisée. Il s'agirait d'un site internet pour afficher des informations sur l'activité du BRICS et des commentaires d'analyse pour le grand public. Une partie confidentielle du site sera réservée à la correspondance entre les ministres des cinq pays.

    Selon une source de la délégation russe, la composante politique du BRICS est l’un des principaux résultats du dernier sommet de New Delhi. La déclaration finale a notamment souligné la position commune des cinq pays sur la Syrie, l'Iran et d'autres questions centrales. De plus, le concept de développement du BRICS a été évoqué début 2012. Le Comité d'études russe du BRICS prépare sa version de cette stratégie et un document de plus de cent pages sera présenté au prochain sommet.

    Le député Viatcheslav Nikonov estime que le BRICS est une union de pays qui se sentent insuffisamment représentés dans les structures mondiales économiques et politiques. Il a déclaré que l'influence de cette alliance sur l'arène internationale avait significativement augmenté ces derniers temps.Selon le député, la position du BRICS "définit aujourd'hui, dans une certaine mesure, les décisions du G20".

    Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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