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Le Partenariat oriental – un accord d’association que l’Union européenne (UE) a conclu avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Moldavie, l’Ukraine et la Biélorussie en 2009 – fête son cinquième anniversaire. Malgré son très jeune âge, l'organisation nourrit aujourd’hui de grandes ambitions.

Le Partenariat oriental – un accord d’association que l’Union européenne (UE) a conclu avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Moldavie, l’Ukraine et la Biélorussie en 2009 – fête son cinquième anniversaire. Malgré son très jeune âge, l'organisation nourrit aujourd’hui de grandes ambitions.

Cette année comme en 2009, quand la République tchèque présidait l'UE, le sommet du Partenariat oriental se déroule de nouveau à Prague, aujourd’hui et demain. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a mis en garde ses participants contre l'incitation à la haine antirusse. L'inquiétude de Moscou est légitime: ce "partenariat" endormi se politise aujourd’hui au vu et au su de tout le monde.

Lors du sommet précédent à Vilnius, en Lituanie, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch devait signer un accord d'association avec l'UE mais avait renoncé au dernier moment, provoquant la crise qui secoue encore l’Ukraine aujourd’hui. Quand les troubles avaient atteint leur apogée le maire de Prague avait protesté contre la présence de Viktor Ianoukovitch au sommet qui a commencé aujourd’hui. La question ne se pose plus. Le président ukrainien par intérim, Alexandre Tourtchinov, qui était attendu jusqu'au dernier moment dans la capitale tchèque, sera remplacé par le ministre des Affaires étrangères par intérim Andreï Dechtchitsa.

Le sommet réunit les dirigeants de la République tchèque, de l'Autriche, de la Lituanie et de la Pologne, en présence également du commissaire européen à l'élargissement et à la politique européenne de voisinage Stefan Füle. Pour l'ambassadeur tchèque pour le Partenariat oriental Petr Mares, cette réunion permettra de "voir sous un nouvel angle les perspectives à long terme" de l'organisation. Cette imprécision ne convient certainement pas à la Lituanie. Avant le sommet de Prague, Vilnius avait déjà appelé à offrir aux "partenaires orientaux" la possibilité d'adhérer à l'UE, réexaminant toute la politique européenne qui faisait prétendument face à de nombreux nouveaux défis.

Peut-on s'attendre à des décisions radicales au sommet de Prague ? D'après Sergueï Mikheev, directeur du Centre de conjoncture politique, "les membres du Partenariat pourraient essayer d'utiliser plus activement cet outil dans le contexte ukrainien. Mais le potentiel de l'organisation est faible, elle n'a pas la capacité de régler des problèmes fondamentaux. Même l'adoption d'un régime sans visas avec la Moldavie n'apporterait rien en soi, hormis une nouvelle vague de travailleurs immigrés en Europe. Je pense que les participants au sommet évoqueront la "terrifiante Russie" et les moyens qui permettraient d’en protéger les jeunes démocraties de l'est. Ils pourraient même répartir une certaine somme d'argent pour diverses subventions et le soutien au système administratif".

L'Arménie ou l'Azerbaïdjan seraient d’éventuels candidats à une association avec l'UE mais Sergueï Mikheev se demande ce que le mécanisme d'association pourrait apporter à ces pays : "Le libre échange avec l'UE ? Mais à qui profiterait-il vraiment ? Aucun pays postsoviétique n’a tiré d’avantages d'un accord d'association avec l'UE. Quelle marchandise arrive aujourd'hui en masse en Europe de Moldavie, d'Ukraine et de Géorgie ? Ou que pourrait proposer l'Arménie aux Européens ? Les catégories de marchandises exportées sont très restreintes, dérisoires, même à l'échelle des économies de ces pays. A une époque, la Bulgarie et la Roumanie rêvaient de rejoindre le "jardin européen". Aujourd’hui, soumises aux règlements et aux programmes européens, elles n'ont pas réussi à sortir sur les marchés internationaux avec leurs fruits et légumes et ont, en fait, massacré leur propre agriculture.

Le politologue est persuadé que le Partenariat oriental est un projet purement politique. Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, légitime, n'a pas été convié au sommet de Prague, alors que l’on a insisté sur la venue du président ukrainien Tourtchinov, douteux. Pourquoi ? Pour fixer le statut des nouvelles autorités ukrainiennes aux yeux du monde occidental.

Le sommet de Prague ne présentera au monde que de nouvelles déclarations portant sur la situation en Ukraine, estime Sergueï Mikheev. "Le Partenariat occidental n'a pas de leviers économiques pour prendre des décisions radicales. Son budget de l'an dernier n'était que de 400 millions de dollars. Quand il était question d'une association avec l'Arménie, le Partenariat lui proposait 20 millions de dollars - ce qui est une somme dérisoire même à l'échelle de ce pays minuscule."

 

La Voix de la Russie

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