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    Le drame du vol MH 17 aurait pu être évité

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    Crash d'un Boeing malaisien en Ukraine (279)
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    Si Kiev n'avait pas déclenché la guerre contre sa propre population, le crash du Boeing malaisien du 17 juillet n'aurait sans doute pas eu lieu, a déclaré le ministre de la Défense de Russie Sergueï Choïgou le 10 septembre au cours d'une rencontre avec son homologue de Malaisie Hishammuddin Hussein.

    Si Kiev n'avait pas déclenché la guerre contre sa propre population, le crash du Boeing malaisien du 17 juillet n'aurait sans doute pas eu lieu, a déclaré le ministre de la Défense de Russie Sergueï Choïgou le 10 septembre au cours d'une rencontre avec son homologue de Malaisie Hishammuddin Hussein, en visite à Moscou pour un échange de vues dans le cadre du déroulement de l'enquête.

    La veille M. Hussein a déclaré que la Malaisie possédait des données du renseignement indiquant les coupables du drame, mais qu'il était encore prématuré de les divulguer. Le 9 septembre les Pays-Bas ont publié un rapport préliminaire des experts enquêtant sur la catastrophe du 17 juillet en Ukraine. Il a été confirmé que l'avion s'était disloqué en vol sous l'effet des dégâts causés de l'extérieur, en d'autres termes qu'il avait été abattu. Il n'y a rien de nouveau dans le rapport.

    MH17: images des lieux du crash>>>

    Le 10 septembre au matin, le Bureau d'enquête néerlandais pour la sécurité, principal organe d'enquête sur les accidents de transport, a ajouté que des « fragments étrangers » avaient été découverts dans les corps des pilotes. Ce sont peut-être des parties de l'objet ayant causé le crash. Un rapport définitif doit être publié en juillet 2015.

    Les médias des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et d'Ukraine ont aussitôt déclaré que même les premières conclusions confirmaient que l'avion avait été abattu par les « séparatistes » avec l'assistance de Moscou bien que le document ne renferme pas la moindre suggestion à ce sujet. Le Premier ministre hollandais Mark Rutte a dit aussitôt après la publication qu'il « fallait se garder de tirer des conclusions anticipées car le dossier restait ouvert ». Il y a des paradoxes dans l'approche de ce plus grand drame de l'Europe occidentale de cet été : les Néerlandais et les Malaisiens, les plus touchés, conseillent de ne pas se hâter de tirer des conclusions, tandis que Washington et Kiev parlent du rapport préliminaire comme si c’était un verdict judiciaire.

    L'enquête entre dans sa phase décisive. Maintenant, il importe surtout d'assurer l'accès à l'ensemble de l'information, ainsi que l'objectivité et la transparence des étapes suivantes.

    L'équipe d'experts malaisiens partie pour le lieu du crash du Boeing s'occupera de l'examen des débris de l'avion et de la recherche de confirmations des données du renseignement dont a parlé le ministre de la Défense de Malaisie. Les experts internationaux interrogés par La Voix de la Russie déclarent eux aussi que le gros du travail reste encore à faire.

    © Sputnik. Andrei Stenin
    Crash d'un Boeing malaisien en Ukraine

    Ainsi l'expert britannique de la sécurité aérienne et directeur administratif de la société Green Light Limit Philip Baum estime qu'il faut analyser les conversations de tous les contrôleurs, même de ceux qui n'ont pas accompagné le vol MH 17. Il faut examiner les conditions météorologiques, les décombres, les analyses anatomopathologiques, le processus de destruction de l'avion, etc. « Aussi paradoxal que cela puisse paraître, reconnaître que l'avion a été de fait abattu facilite la tâche des experts », estime Philip Baum.

    « Il aurait été beaucoup plus compliqué de mener l'enquête si une explosion s'était produite à bord. Alors il y aurait eu des problèmes. On aurait pu supposer que quelque chose a été emporté ou dissimulé dans l'intervalle entre la chute de l'avion et l'arrivée des experts. Mais quand on sait que l'avion a été détruit suite à un impact extérieur, l'expertise légale et anatomopathologique ne revêt plus une importance capitale. Nous savons déjà que l'avion a été abattu dans une zone de conflit ».

    Le capitaine John Cox, expert américain renommé en matière de sécurité des vols et chef de la société Safety Operating Systems, est convaincu que maintenant, il est particulièrement important que toutes les parties intéressées coopèrent avec les enquêteurs :

    « Le rapport renferme autant de faits que tout rapport préliminaire doit renfermer. La version finale doit contenir beaucoup plus de faits. Là, je voudrais voir les données des radars terrestres. Si un pays dispose de traces thermiques des missiles enregistrées par des appareils, il doit les présenter aux enquêteurs néerlandais ».

    L'enquête aurait calculé facilement la trajectoire du missile et le lieu du lancement. Mais cette information est top secret et les pays qui la possèdent ne veulent pas la rendre publique, estime un autre expert américain, Douglas Moss. Ce pilote ayant une grande ancienneté et président de la société AeraPacific Consulting signale :

    « D'habitude cette information est secrète. Hélas, c'est la politique. Dans tous les pays. Surtout en Ukraine où il y a une forte tension politique ».
    Le rédacteur en chef du site serbe consacré à l'aviation TangoSix.rs Petar Vojinovic trouve que de la part de l'Ukraine, il était tout à fait irresponsable d'autoriser au Boeing malaisien et aux avions d'autres compagnies aériennes le survol de son territoire pendant la guerre :

    « L'Ukraine n'a pas assuré les conditions pour l'utilisation sans danger de son espace aérien. Même si les compagnies décident elles-mêmes que leurs avions peuvent survoler les « points chauds » (et elles ont ce droit), l'Etat doit présenter des informations exhaustives sur la situation. Surtout sur une situation aussi compliquée que celle du Sud-est de l'Ukraine ».

    Le 10 septembre, Sergueï Choïgou a dit que Moscou avait déjà posé à Kiev 10 questions qui pourraient faire la lumière sur les causes du drame. Mais Kiev n'a répondu à aucune d'elles. Les enregistrements des conversations des contrôleurs avec l'équipage et entre eux, ainsi qu'avec le poste de commandement central de l'état-major général d'Ukraine, restent secrets. Cependant ce sont des pièces à conviction de première importance.

    La Voix de la Russie

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