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Washington joue ses cartes terroristes

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L'Etat islamique (EI) (1073)
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Pour le sous-secrétaire américain à la Défense Robert Work, il faut une "réponse militaire à toute action" dans les relations des USA avec la Russie et la Chine. Cette déclaration a le mérite d'être claire. Reste à savoir qui sera visé par cette "réponse".

Pour le sous-secrétaire américain à la Défense Robert Work, il faut une "réponse militaire à toute action" dans les relations des USA avec la Russie et la Chine. Cette déclaration a le mérite d'être claire. Reste à savoir qui sera visé par cette "réponse".

Certains postes stratégiques au sommet de l'Etat islamique (EI), réservés alors aux Arabes irakiens, sont aujourd'hui occupés par des ressortissants du Xinjiang chinois et du Caucase russe. D'après Pékin, les terroristes présents en Syrie forment en effet des extrémistes ouïgours, envoyés ensuite dans le Xinjiang pour organiser des actes de rebellion et des attentats. La province syrienne de Hama est également un centre de transit pour les islamistes des pays de l'ex-URSS qui ont combattu au Moyen-Orient, envoyés en Ukraine et dans le Caucase. Le 26 septembre, le secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev a déclaré que les terroristes ayant appartenu à l'EI pourraient représenter un grand danger lors de leur retour au pays.

La branche asiatique de l'EI est représentée par des Ouïgours et des ressortissants d'Asie centrale. En octobre 2012 déjà, les journalistes chinois rapportaient l'apparition, en Syrie, de combattants musulmans chinois basés auparavant en Turquie. A l'été 2013, Pékin a associé les émeutes de Xinjiang à la guerre en Syrie, où des séparatistes ouïgours combattent aux côtés des jihadistes. Selon les experts de l'Académie des sciences sociales du Xinjiang, l'attentat du 22 mai 2014 dans la capitale de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang a également été perpétré par des terroristes ayant combattu en Syrie.

La branche caucasienne de l'EI regroupe des "Tchétchènes géorgiens" et des islamistes azerbaïdjanais. Les premiers sont représentés par l'un des principaux chefs de guerre de l'EI Omar al-Chichani – Tarkhan Batirachvili, également connu comme Omar le Tchétchène. Ce ressortissant de la vallée du Pankissi, en Géorgie, a suivi une formation sous la direction d'instructeurs américains et a combattu en août 2008 contre la Russie en qualité d'officier du renseignement militaire géorgien. Selon le Wall Street Journal, Batirachvili a transformé la guerre en Irak et en Syrie en "affrontement géopolitique entre les Etats-Unis et la Russie". Selon le ministère tchétchène de l'Intérieur, les islamistes locaux arrivent en Syrie via l'Azerbaïdjan, dont de nombreux citoyens – originaires des régions de Xaçmaz, Qusar, Agcabedi, Massali, Balasen, Seki et Ievklakh – combattent également dans les rangs des terroristes de l'EI, selon la fondation américaine Jamestown.

Les outils que détient Washington sont, eux, une véritable synthèse de néonazis ukrainiens et de terroristes du Moyen-Orient, du Caucase et d'Asie centrale, dont voici les principales organisations:

Etat islamique (EI). Grâce aux ventes de pétrole, rapportant à l'EI plus de 3 millions de dollars par jour, cette organisation est devenue aujourd'hui la plus riche et la plus autonome parmi ses homologues terroristes. Elle est également capable de planifier et de mettre en œuvre des opérations militaires d'envergure.

Front anti-impérialiste mondial. Il a été créé le 8 mai 2007 à Ternopol (ouest de l'Ukraine) par des néonazis ukrainiens, baltes et polonais, ainsi que des islamistes ukrainiens et russes à l'initiative du Mouvement international pour la décolonisation du Caucase (dirigé par Akhmad Sardali) et l'organisation panukrainienne Trizoub (Trident), mouvement extrémiste inspiré de l'idéologie nationaliste de Stepan Bandera, sous la direction de Dmitri Iaroch.

Emirat du Caucase. Créé le 7 octobre 2007. A la même époque le "président de l'Itchkérie" autoproclamé, Dokou Oumarov, déclare le jihad à "l'Etat occupant" (la Russie) comme étant le "devoir sacré de tous les musulmans du Caucase".

Hizb ut-Tahrir (Parti de la Libération). Organisation terroriste qui n'est pas reconnue comme telle en Ukraine. Elle contrôle près de 20% de la population tataro-criméenne. Près de 500 de ses membres ont combattu en Syrie.

Il existe également le Mouvement islamique d'Ouzbékistan. Cette organisation terroriste internationale est étroitement liée à l'Opposition tadjike unie, tournée vers l'Afghanistan. "Alimentés" depuis la Syrie, les terroristes du mouvement sont susceptibles de s'activer non seulement en Ouzbékistan, mais partout en Asie centrale.

Washington veut empêcher la Russie de se concentrer sur le règlement de problèmes concrets isolés et veut la mettre face aux plans agressifs des forces terroristes "unies". Objectif final: ouvrir un nouveau front antirusse. Et les sponsors islamo-nazis des "combattants pour la liberté" ne le cachent pas.

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