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«Partenariat oriental» est impossible sans la Russie

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Parait-il, le sommet du Partenariat oriental qui s'ouvre aujourd'hui à Riga, en Lettonie, sera minimaliste : un dîner, jeudi soir, et une seule matinée de discussion, vendredi. Vingt-cinq chefs d'Etat européens ont annoncé leur présence.

Du côté de «partenaires orientaux», sont présents six représentants des pays avec lesquels l'Union Européenne voulait conclure un vaste accord d'association. Il s'agit de l'Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Moldavie et Ukraine.

Certains experts prédisent la mort imminente du Partenariat oriental ces jours-ci, à Riga, puisque l'état d'esprit des pays participants s'est fortement modifié depuis la création de l'accord en 2009. D'autres prétendent que le seul mot d'ordre implicite serait de «ne pas heurter la Russie» lors de ces rencontres entre l'Union européenne et les dirigeants de six anciens pays du bloc soviétique.

On vient de découvrir ce matin que la Biélorussie et l'Arménie ne veulent pas signer la déclaration du Partenariat oriental à cause d'une phrase sur l'«annexion de la Crimée par la Russie».

Nous avons posé la question a Thomas Flichy de la Neuville, membre du Centre Roland Mousnier: est-ce vraiment inattendu?

Radio Sputnik. On vient de découvrir ce matin que la Biélorussie et l'Arménie ne veulent pas signer la déclaration du Partenariat oriental à cause d'une phrase sur l'«annexion de la Crimée par la Russie». Est-ce inattendu ou il fallait s'y attendre?

Thomas Flichy de la Neuville. Je pense qu'il y a quelque chose d'artificiel dans le Partenariat oriental dans la mesure où, à juste raison, l'Union Européenne veut s'associer avec des territoires telles comme l'Ukraine ou la Biélorussie, mais n'a pas inclu dans ce partenariat la Russie qui a les relations évidentes avec ces Etats. En absence de la Russie, il faut s'attendre à des tiraillements dans ces négociations.

Ilham Aliev, président de l'Azerbaïdjan
© Sputnik . Alexei Kudenko
Radio Sputnik. Vous dites que l'Allemagne et la France craignent que cet accord ne devienne l'étape préparatoire à une adhésion à l'Union — option que la Pologne appelle de ses vœux. Il y aura-t-il d'autre pas de la part de l'Europe, ou ce Partenariat est juste une mesure de vouloir «adoucir» la relation avec des pays frontaliers et avec la Russie pour créer une sorte de barrage ou de zone-tampon?

Thomas Flichy de la Neuville. Je pense que l'évidence quand on regarde la carte, que les pays-membres du Partenariat oriental sont comme un tampon entre l'Union Européenne et la Russie.

Mais il n'y a pas vraiment d'unité ni dans l'UE, il n'y a pas de politique unique et résolument déterminée vis-à-vis de ces Etats. Ainsi que les Etats du Partenariat oriental eux-mêmes ont des options différentes et ne constituent pas — ni à l'Est, ni au Sud — de bloc homogène. Je pense qu'il y a certaine artificialité dans ce partenariat.

Encore une fois, si on voulait un véritable partenariat oriental, il faudrait inclure non seulement tous ces Etats, mais la Russie, afin de progresser.

Au bout de deux jours, ou plutôt d'une journée et demie de rencontres ce sera plus clair comment l'Union Européenne peut ne pas faillir à sa ligne politique et ne pas trahir la vision inflexible du monde, comment elle peut se rapprocher des pays voisins sachant que certains d'eux ont des obligations ou les «dettes d'honneur» envers la Russie.

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Tags:
Partenariat oriental, Biélorussie, Arménie, Crimée, Russie
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