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    Jean-Pierre Chevènement

    Ces hommes politiques français opposés aux sanctions antirusses

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    Eugène Zagrebnov
    Sanctions de l'Occident contre la Russie (350)
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    De gauche à droite, l’opinion française doute de plus en plus fort de l’efficacité des sanctions introduites contre la Russie par l’UE pour résoudre la crise ukrainienne.

    Si les Etats Baltes, la Pologne ou la Grande-Bretagne sont à l'unisson opposés à la levée, ou à un adoucissement des sanctions européennes contre la Russie suite à la crise ukrainienne, en France, l'espace politique semble plus divisé sur cette question.

    Jean-Luc Melenchon
    © East News. Christophe Guibbaud/ABACAPRESS.COM
    Alors que le gouvernement de Manuel Valls insiste pour l'instant sur le maintien et le bien fondé des sanctions de l'UE contre la Russie, certaines personnalités politiques de la gauche ne voient pas les choses de la même façon. Récemment, dans un article publié sur son blog, le député du Parlement européen et membre du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon a qualifié ces sanctions de « provocations dérisoires », « absurdes économiquement ». Ces « sanctions font suite à des demandes des Etats-Unis qui se gardent bien d'en décider d'aussi féroces pour leur propre économie », souligne-t-il. « Les sanctions contre les Russes ont aggravé la récession en Europe et en France. (…) Je me demande si le but des Etats-Unis est vraiment l'affaiblissement de la Russie ou celui de l'Union européenne ».

    Un autre défenseur de la normalisation des relations économiques entre Moscou et Bruxelles à gauche, c'est Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC). « Les sanctions et contre-sanctions sont un processus de représailles dont tout le monde voudrait sortir. (…) Elles sont dommageables pour les deux camps », affirmait lors de sa visite à Moscou en septembre dernier cet ancien ministre. Et d'ajouter: « Les exportations françaises en Russie représentent un demi point de PIB. Ce ne sont pas des enjeux que nous pouvons ignorer ».

    Le député PS de l'Ardèche Pascal Terrasse, membre du groupe d'amitié France-Russie à l'Assemblée nationale, qui a effectué une visite en Russie en septembre dernier avec un groupe de parlementaires français, insiste sur le fait que « l'Europe sans la Russie n'est pas l'Europe, et inversement ».

    « Il faut que l'engagement de l'Etat français soit honoré », indiquait-il au sujet de la livraison des porte-hélicoptères Mistral. « La livraison de ces navires n'aura aucune conséquence sur le conflit en Ukraine ».

    A droite, les hommes politiques jouent la carte gaulliste

    Face à une Europe en crise, les mouvements politiques français de l'opposition sont de plus en plus nombreux à fustiger les décisions prises par l'actuel gouvernement vis-à-vis de la Russie.

    La présidente du Front national Marine Le Pen, qui a repris la formule du général de Gaulle sur une «Europe de l'Atlantique jusqu'à l'Oural», évoquait au début de février la nécessité d'un rapprochement (notamment économique) avec Moscou.

    « Il (Vladimir Poutine, ndlr) devrait être un partenaire. (…) », expliquait-elle dans une interview à RTL. «C'est stupide sur le plan économique car nous avons besoin des relations, mais aussi géopolitique, car nous jetons la Russie aux mains de la Chine ».

    Réagissant au report de la décision sur la livraison du premier porte-hélicoptère Mistral en Russie, Aymeric Chauprade, député européen du FN, écrit dans un communiqué qu'une telle décision nuit fortement à la France. « Non seulement elle détruit durablement nos relations avec la Russie, (…) mais elle met inutilement en danger des projets sensibles (dans l'exportation de l'armement, ndlr) ».
    Les membres de l'UMP sont également de plus en plus nombreux à s'exprimer contre l'asphyxie des relations économiques entre Moscou et Bruxelles ces derniers mois.

    C'est notamment le cas des députés Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq, Lionnel Luca, Jean-Pierre Decool, Philippe Meunier, Alain Marsaud, et Michel Voisin, tous membres du groupe d'amitié France-Russie, qui, dans un communiqué commun ont qualifié ces sanctions « d'inefficaces », ajoutant que la décision de leur adoption « est une faute géostratégique majeure ». Thierry Mariani a en outre ajouté que les entreprises françaises ne peuvent pas fonctionner normalement en Russie à cause des sanctions, cela portant également préjudice à l'économie et au marché de l'emploi en France.

    Désormais, l'opposition à l'embargo russe suite aux sanctions de l'UE n'émane plus uniquement de la part des membres du groupe d'amitié France-Russie. Récemment, l'UMP a dénoncé l'embargo russe contre les importations agricoles européennes en réponse aux sanctions de l'UE, qui pourrait conduire à « une véritable catastrophe pour l'agriculture française », a annoncé le porte-parole du parti Sébastien Huyghe, estimant le préjudice causé au secteur à près d'un milliard d'euros.

    Selon Eurostat, l'Union européenne exportait près de 10% de sa production agricole en Russie, soit l'équivalent de 12 milliards d'euros.

     

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    Dossier:
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    Tags:
    sanctions, Union européenne (UE), Jean-Luc Mélenchon, Jean-Pierre Chevènement, Marine Le Pen, Manuel Valls, France, Russie
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