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L'Union européenne va recourir pour la première fois au mécanisme de déplacement forcé des réfugiés et préparer des quotas anticipés pour répartir les immigrés entre les pays membres de l'UE.

Cette information a été annoncée hier par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui a présenté un vaste programme de développement de la politique migratoire de l'UE. D'ici fin mai doit être prise une décision sur le déplacement annuel de 20 000 réfugiés plus en profondeur sur le continent — essentiellement depuis les pays confrontés à une forte affluence d'immigrés comme l'Italie, la Grèce et Chypre. Cette nouveauté pourrait susciter une nouvelle vague d'euroscepticisme car le Royaume-Uni et les pays d'Europe de l'Est s'opposent fermement à l'établissement de quotas.

La révision de la politique migratoire de l'UE a été accélérée après la tragédie d'avril en Méditerranée, où plus de 800 réfugiés africains partis à la recherche du bonheur en Europe ont trouvé la mort dans un naufrage. Après les mesures d'urgence convenues au sommet extraordinaire de l'UE, la Commission européenne — organe exécutif suprême de l'UE — a rendu public hier son plan de réformes.

La réforme du système migratoire se décompose en quatre parties: la prévention de la traversée illégale des frontières de l'UE, le sauvetage des naufragés en Méditerranée, le perfectionnement de la politique pour l'intégration des immigrés légaux et la réforme du système pour la mise à disposition d'un asile.

Le dernier point signifie que Bruxelles pourrait revoir le règlement Dublin, qui stipule que la responsabilité de l'immigrant incombe à l'État qui a été le premier à recevoir sa requête d'asile. Ce scénario était exclu il y a encore deux ans: 24 des 28 pays de l'UE s'opposaient à sa révision.

Hormis les changements systémiques, plusieurs mesures d'urgence sont prévues comme le triplement du financement des opérations européennes Triton et Poséidon (jusqu'à 89 millions d'euros pour 2014-2015) pour contrôler la Méditerranée et sauver les bateaux en naufrage transportant des migrants.

Surtout, l'UE fera fonctionner pour la première fois le mécanisme de déplacement d'urgence des réfugiés. Il est essentiellement question de déplacer plus en profondeur sur le continent européen les migrants d'Afrique subsaharienne. De plus, d'ici cinq ans au moins 20 000 réfugiés seront répartis annuellement conformément aux quotas spéciaux, aussi bien à court qu'à long terme. Ces quotas dépendront pour chaque pays de l'UE du nombre d'habitants, du PIB national, du taux de chômage et du nombre d'immigrés déjà accueillis.

Toutefois le plan proposé, premièrement, n'est pas proportionné au flux de réfugiés. Rien qu'en 2014 presque 627 000 requêtes d'asile ont été déposées dans les pays de l'UE. Deuxièmement, le Royaume-Uni, l'Estonie, la Slovaquie, la Hongrie, la République tchèque, l'Irlande et le Danemark se sont déjà prononcés contre ces quotas. 

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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Tags:
Règlement Dublin, migration, migrants, Union européenne (UE), Jean-Claude Juncker, Méditerranée, Europe, Chypre, Grèce, Italie, Royaume-Uni
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