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Scandale de corruption à la FIFA (32)
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Une fois de plus on voit à quel point le monde a évolué. Les puissants lobbies de l'élite politique occidentale n'ont plus la capacité d'imposer leur diktat comme ce fut le cas il n'y a encore pas longtemps de cela.

En effet, malgré la tentative évidente des Etats-Unis, y compris à travers des moyens d'intimidation non-voilés, comme les arrestations opérées par le FBI à l'encontre des fonctionnaires internationaux, en l'occurrence de la FIFA, le tout sous prétexte de vagues accusations de corruption, la majorité n'a pas fléchi. Pourtant l'objectif était clair: par tous les moyens empêcher la tenue de la prochaine Coupe du monde de football en Russie, en 2018.

Les représentants de l'élite politique étasunienne ne manquent pas à chaque mauvaise et encore plus mauvaise occasion d'émettre des « réclamations » aux cadres de la FIFA, y compris directement à Sepp Blatter, afin de faire annuler le principal événement footballistique planétaire en terre russe. Mais à chaque fois, la majorité des membres de la FIFA et personnellement Blatter réitéraient que la Coupe du monde aura bien lieu en Russie.

Il fallait donc vraisemblablement passer à l'étape suivante pour nos « partenaires » étasuniens: à l'intimidation pure et simple. Après les arrestations (comme par hasard à la veille de l'élection du chef de la FIFA) et les sérieuses pressions exercées, ils pensaient avoir presque réussi. Mais au final, c'est bien raté. Sepp Blatter a été réélu à la tête de la principale organisation footballistique mondiale. Son challenger, le prince jordanien Ali ben Al-Hussein (l'homme des USA) s'est retiré avant le deuxième tour du scrutin, après avoir obtenu bien moins de voix que Blatter au premier tour (73 contre 133) et comprenant parfaitement qu'il ne pourra pas compenser l'écart existant.

Autre point très important à noter dans toute cette affaire et qui confirme que le monde multipolaire est devenu également réalité dans le domaine du sport à l'international. Malgré toute la pression exercée de la part des instigateurs du départ de Blatter, seule l'Europe (en partie) a cédé, en la qualité de l'UEFA en tant qu'organisation et en la qualité personnelle de Michel Platini. L'Afrique, l'Asie et l'Amérique du Sud, elles, n'ont pas cédé à cette pression extérieure et ont soutenu la réélection du président sortant. Plus encore, c'était le Camerounais Issa Hayatou, président de la Confédération africaine de football (CAF), qui est apparu avec le grand sourire aux côtés de Sepp Blatter, après l'annonce de sa victoire. Il serait en effet bon de rappeler que Blatter était un fervent partisan de l'organisation de la première Coupe du monde sur le continent africain. Et ce fut le cas d'une très belle manière en terre sud-africaine, en 2010.

Eh oui, la pieuvre n'est plus aussi efficace, pourtant ce n'est pas l'envie qui lui manque, loin de là. Mais le monde autre qu'occidental, constituant la très grande majorité de l'humanité, en a tout simplement marre du néocolonialisme occidental ambiant et que certains tentent par tous les moyens de nous faire réaccepter. Non, ce ne sera pas le cas. La multipolarité géopolitique a atteint le domaine sportif international.

C'était d'ailleurs fort intéressant d'observer Platini féliciter avec le grand sourire Blatter, alors qu'à la veille le premier réclamait ardemment le départ du second. Mais peu importe.

Félicitations donc à tous ceux qui ont contribué à montrer que l'Occident ne domine plus. Nous sommes tous égaux. Et si certains pensent encore le contraire, on les aidera avec grand plaisir à admettre la réalité d'aujourd'hui. Après tout, il faut bien faire preuve de patience avec les cas difficiles. C'est normal.

En général, ces derniers jours étaient fort positifs sur plusieurs fronts et dans plusieurs domaines: réélection donc de Sepp Blatter à la tête de la FIFA, navire de guerre étasunien chassé de la mer Noire par les avions de chasse russes stationnés en Crimée, renforcement de l'axe Afrique-Russie à travers le nouveau souffle donné aux relations russo-camerounaises. Sans oublier les 89 hauts fonctionnaires et autres représentants de l'UE russophobes désormais interdits d'entrée sur le territoire russe, y compris le philosophe de la guerre BHL. Certains ont déjà été refoulés à la frontière. Tout cela ravit.

Pour finir sur le thème footballistique, bien que la géopolitique y soit liée aussi, et vu que certains représentants occidentaux appellent au boycott de la Coupe du monde 2018 en Russie, il serait bon de dire ceci: s'ils ne veulent pas venir — qu'ils ne viennent pas (c'est d'ailleurs aussi la position du président de la FIFA). Les dits représentants occidentaux seront sans problème remplacés par les représentants d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Après tout et pour rappel encore, l'humanité c'est beaucoup plus que l'Occident.

Pour info, la Coupe du monde en Russie sera la troisième consécutive dans un pays membre de l'alliance BRICS, après l'Afrique du Sud (2010) et le Brésil (2014). Le tout sans oublier les JO d'été de Pékin 2008 et les JO d'hiver de Sotchi 2014, tous deux organisés avec brio. Et les JO d'été 2016 qui auront lieu dans la superbe ville brésilienne de Rio de Janeiro et qui seront certainement eux aussi au top. 

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

Dossier:
Scandale de corruption à la FIFA (32)

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Tags:
football, FIFA, Michel Platini, Joseph Blatter, Occident, Afrique, États-Unis, Russie, Mondial 2018
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