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On croirait parler de la célèbre opéra de Wagner dont le titre éloquent – Le Crépuscule des dieux – se réfère à l’ultime affrontement des dieux et des géants. Analyse deFrançoise Compoint.

Sauf qu'ici, le champ métaphorique déployé renvoie l'image, d'une part, des technocrates bruxellois et pro-bruxellois nichés dans les tréfonds de leurs intérêts idéologiques et/ou banquiers, d'autre part, des peuples européens. Nous sommes, il est vrai, dans l'épique. Sortons-en!

Alors donc que la Grèce ne sait plus à quels saints se vouer en acceptant tantôt les exigences, passez-moi l'expression, loufoques, que lui avancent ses créanciers, tantôt en menaçant ces mêmes créanciers de sortir de l'UE en se déclarant de facto en faillite — une victoire à la Pyrrhus si cette option l'emportait — voici maintenant qu'une sexagénaire autrichienne lance une pétition sur la sortie de l'UE et que cette dernière recueille près de 270.000 signatures en lieu et place des 100.000 requises.

Georges Gastaud, philosophe marxiste et syndicaliste de sensibilité communiste brosse un tableau des plus noirs mais aussi des plus réalistes de ce qu'est l'UE dans sa mécanique vicieuse. Elle avait vocation à établir un lien de coopération entre les peuples intégrés, elle a finalement confronté leurs intérêts en les insérant dans le carcan d'une concurrence qui aujourd'hui se résume à cette question gravissime: qui donc arrivera à rembourser le FMI en premier? On dit au Français lambda ou à l'Allemand lambda de tolérer un chômage explosif, le dépérissement de l'industrie nationale, des flux migratoires exponentiels parce que… le Dieu européiste l'a voulu, parce que la tolérance, ultime, est la Valeur centrale de l'UE. Si l'on tolère les vices du prochain — car c'est tellement ancré dans l'ADN chrétienne de l'Europe — comment ne pas tolérer les vices d'une poignée de technocrates qui font tout pour sauver le Titanic! 

Revenons-en à la logique de M. Gastaud. Selon lui, l'union des peuples se fait à l'heure actuelle non pas « par » mais « contre » l'UE. Dialectiquement, souligne-t-il, elle aurait donc du bon. Serions-nous dans l'optique du vieil adage selon lequel à quelque chose malheur est bon? Certainement. On le voit à la lumière d'un sondage récemment réalisé en France selon lequel si un référendum sur la sortie de l'UE était lancé à l'instant, il récolterait 62% de « non » contre 55% il y a dix ans! Repasserait-on aujourd'hui, dans les mêmes circonstances, le Traité sur la Constitution UE comme on l'a fait avec le Traité de Lisbonne? J'en doute.

La roue de l'Histoire continue à tourner et elle tend à accélérer son rythme vu que la politique incohérente de l'UE se double de celle de l'OTAN qui elle a importé des enjeux extra-européens d'une gravité extrême ce qui, de fait, a contribué à l'éveil des consciences. La surévaluation suffocante de l'euro, l'avancée rampante de l'EI et le défi grec, seront-ils autant d'éléments catalyseurs? Sans conteste.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
traité de Lisbonne (2007), Union européenne (UE)
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