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    Le fleuve Yalujiang, frontière RPC/RPDC

    En Corée du Nord, on préfère manger russe plutôt que chinois

    Sputnik, Eugène Zagrebnov
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    Eugène Zagrebnov
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    Les habitants de la RPDC préfèreraient les produits alimentaires russes aux chinois. C'est ce que constatent plusieurs sources, autant en RPDC qu'en RPC.

    Depuis le début de cette année, les produits alimentaires de fabrication russe évincent progressivement les produits chinois des jangmadang — les marchés noirs, où les Nord-coréens avec des revenus moyens peuvent acheter des produits de consommation courante. Parmi les produits alimentaires les plus vendus, il y a l'huile de cuisine, la farine, le lait en poudre, le sucre et les fruits secs. Les consommateurs nord-coréens commencent également à préférer les médicaments russes à leurs analogues chinois.

    La popularité des biens de consommation « fabriqués en Russie » est avant tout liée à la bonne réputation de ces produits en ce qui concerne les standards de production et leur qualité, expliquent à Sputnik plusieurs sources au sein des sociétés d'import-export chinoises. Et ce, malgré les avantages que présentent les produits chinois en termes de logistique et de prix de gros.

    Une autre raison que mentionnent les médias nord-coréens, c'est la baisse des prix sur les produits russes, les prix à l'achat et à la vente des produits étrangers étant calculés en yuans chinois dans le pays.

    Sur les marchés noirs de la RPDC le long de la frontière chinoise, un kilo de farine produite en Chine se vend pour 6 yuans chinois (environ 0,87 euro), alors qu'un kilo de farine de seigle fabriquée en Russie, « de meilleure qualité », est vendu pour 3 yuans (soit 0,43 euro), constate dans un entretien à Sputnik un expert de Dandong Kehua Cargo Transportation Agency, une société basée à Dandong, à la frontière sino-coréenne, sous couvert d'anonymat.

    Selon Radio Free Asia, l'augmentation de la demande en produits russes est accompagnée non seulement d'une baisse de la demande en produits chinois, mais aussi d'une quasi-disparition des produits nord-coréens sur les marchés noirs, malgré les appels récents de Kim Jong-un "à consommer nord-coréen".

    Réduire la dépendance de la Chine

    Après que les deux pays aient commencé à effectuer les règlements directement en roubles russes en octobre 2014, en mai de cette année, la RPDC a approuvé toute une série de certificats vétérinaires sur l'importation du miel, de la viande d'agneau, la viande de chèvre, des conserves et de la charcuterie d'origine russe. Les sociétés agricoles nord-coréennes recevront également des aliments pour le bétail et de la nourriture pour la volaille en vertu des contrats signés.

    Cet élargissement des exportations des biens de consommation vers la RPDC s'inscrit dans l'effort du gouvernement russe de porter dans le contexte des sanctions occidentales le volume commercial entre les deux pays à 1 milliard de dollars d'ici à 2020. Il faut rappeler qu'en 2013 le volume du commerce bilatéral entre Moscou et Pyongyang atteignait à peine 112,3 millions de dollars et la Russie était le troisième partenaire commercial de la Corée du Nord après la Corée du Sud et la Chine.

    De son côté Pyongyang cherche à diversifier son économie et à la rendre moins dépendante de Pékin.

    "Et cet appel à lutter contre les produits alimentaires étrangers n'est qu'une excuse pour retirer du marché les produits chinois et les remplacer par les produits russes", conclut l'expert Dandong Kehua Cargo Transportation Agency. 

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    Tags:
    alimentation, Corée du Nord, Chine, Russie
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