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    L’émission On n’est pas couché. 19 septembre 2015

    D’Onfray à Zemmour, et si la société civile prenait le pouvoir?

    © Photo. Capture d'écran: Youtube
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    Alexandre Latsa
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    Le 18 septembre dernier, un évènement assez inattendu s’est produit sur le plateau de l’émission "On n’est pas couché".

    Pour la première fois sans doute depuis que le tandem de débat qui anime les discussions avec les invités existe, ces derniers ont été remis à leur place par un authentique intellectuel dont on ne peut que saluer l'honnêteté et la rigueur intellectuelle qui a été la sienne au cours de cet échange et qui, il faut bien le dire, aura laissé le binôme totalement KO, comme on peut le voir ici et.

    Drapeau de la France
    © Photo. Tatjana Brila
    Cet échange sur le plateau d'une émission du service public aura permis une nouvelle fois de constater le fossé qui existe au sein de tendances politiques pourtant plutôt similaires au sens large, entre les exécutants du système médiatique et le dernier noyau d'authentiques intellectuels français dont sans aucune hésitation, Michel Onfray fait partie tout comme par exemple Éric Zemmour.

    L'air totalement sonné, hagard même diront certains, de Léa Salamé ou Yann Moix sur le plateau ce 18 septembre, ne peut pas ne pas nous rappeler la puissance lourde des démonstrations zemmouriennes qui mainte fois laissèrent les invités KO. Des états de fait traduisant l'écart cosmique de niveau entre Michel et Éric, et ceux qui sont censés analyser et évaluer leurs réflexions et leur production intellectuelle.

    De gauche et de droite, Michel et Éric sont pourtant équipés d'un logiciel de fonctionnement commun, logiciel les rapprochant sans doute en réalité beaucoup plus que ne les éloignent leurs pourtant réelles différences d'orientation politique.

    Parmi ces points communs de fond et de forme on peut citer:

    — Une authentique maîtrise du verbe.

    — Une rhétorique axée sur la stratégie de vérité et l'analyse des faits.

    — Une pensée authentiquement cartésienne et donc française.

    — Une conscience nationale et/ou populaire affirmée.

    — La profonde remise en question des élites politiques ou médiatiques.

    — Le refus de cette insupportable menace permanente d'assimilation au Front national.

    — La tentative de compréhension des éléments visiblement sur une longue durée historique.

    — La tentative de résister à cette nouvelle dictature qu'est devenue l'information de l'instantané, qui favorise l'émotion au détriment de la réflexion.

    A gauche, cette rupture est plus visible qu'à droite tant les 30 dernières années ont vu la totale victoire culturelle, morale et politique de la culture initiée par mai 68, une prise de pouvoir qui s'est affirmée au cours des années 1980. Une nouvelle gauche née sur les cendres du parti communiste et qui au cours des décennies suivantes s'est transformée en une nébuleuse sociale-démocrate sans idéologie et dont les principaux représentants n'ont plus que pour compétence leur aptitude à subsister au sein de la grande kermesse médiatique, cet espace oligarchique transnational au sein duquel, fondamentalement, le peuple n'existe pas, pas plus du reste que n'y existe la nation française.

    A ce titre et pour se convaincre de la dépendance des premiers envers les seconds, une lecture attentive des excellents dossiers de l'Observatoire des Journalistes et de l'information permet de mieux comprendre ces nouvelles interactions.

    Les dynamiques qui ont pris naissance en amont de mai 68 et ont abouti à ce Maïdan français avaient pour corolaire historique naturel d'entraîner la disparition totale de l'ancienne gauche, que l'on peut qualifier de plutôt nationale, populaire et cohérente. Une disparition rendue nécessaire pour permettre la prise de pouvoir de cette Nouvelle Gauche qui, sous couvert d'aspirations sociétales fort séduisantes et d'une soi-disant sacro-sainte liberté individuelle, avait surtout pour raison et finalité historique de s'accorder avec l'hyper économisme dominateur et transnational.

    L'histoire politique de notre pays de 1981 à 2015 n'aura finalement été qu'une succession de trahisons et de reniements opérés par les enfants de mai 68, ces libertaires capitalistes qui ont soutenu les processus économiques destructeurs (pour le petit peuple) et parfois antidémocratiques de la construction européenne, que l'on pense respectivement à l'instauration de l'espace Schengen en 1995 ou au référendum de 2005 sur la Constitution européenne. Nul doute que pour cette caste, l'entrée en vigueur du traité transatlantique soutenu par tous les socialistes européens sera vraisemblablement un soulagement mais aussi et surtout, au fond, un aboutissement.

    De nombreux points communs avec notre classe politique, qui a au cours des quatre dernières décennies évolué de telle façon que notre président est devenu une sorte de VRP, et notre Assemblée nationale, chambre d'enregistrement des décisions américaines. Un comble alors que la France, en tant qu'Etat indépendant, devrait avoir à sa tête un président qui ne pense qu'aux intérêts supérieurs de la nation et une Assemblée qui valide les grandes directions insufflées par le chef de l'Etat.

    Pourtant, ici et là, de nouvelles dynamiques apparaissent. Les Français sont visiblement de plus en plus nombreux à mesurer l'incompétence de leur classe politique et à comprendre que la solution ne viendra pas d'en haut mais d'en bas, du peuple. Nombreux sont ceux qui envisagent désormais de nouvelles figures politiques issues pourquoi pas de la société civile. De tels scénarios ont du reste déjà été envisagés, que ce soit avec Michel Onfray et Éric Zemmour.

    L'avenir pourrait-il voir l'émergence d'un gouvernement d'union nationale issu de la société civile?

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    société civile, Front national (FN), Yann Moix, Éric Zemmour, Michel Onfray, France
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    Tous les commentaires

    • vassilipatrouchev17
      On ne peut s'empêcher de souligner ici une certaine pratique de l'amalgame contre laquelle se défend Michel Onfray tant contre la caste médiatique politiquement correcte qui domine en France que contre les petits écrivaillons de l'extrême-droite et du nationalisme réactionnaire comme Zemmour, et qui a des allures de procès connus...
      L'émission de l'autre soir était une ignominie tant les chroniqueurs se trouvaient non seulement dans la médiocrité intellectuelle, coupant la parole, n'écoutant pas les réponses, attaquant sans cesse un Michel Onfray des plus intelligents et des plus patients que j'aurais bien aimé parfois voir sortir la AK47 ;-) pour calmer les excités d'en face.
      Mais en guise de Kalashnikov Onfray avait une arme bien plus efficace. L'ironie et la subtilité de la pensée philosophique, ridiculisant les sbires de la bien pensance française.
      Deux remarques pourtant quant au commentaire d'Alexandre Latsa. C'est un cliché de la droite française que de faire remonter tout le mal à mai 68. Et d'oublier du coup que Mai 68 c'était aussi les marxistes léninistes, les trotskistes, les maoïstes et les anarchistes...Onfray quant à lui fait remonter le mal non à 68 mais à 1983 quand la gauche classique oublie ses fondamentaux comme la lutte des classes et le peuple (dont il donne d'ailleurs l'autre soir la même définition que Foucault) pour trahir et se lancer dans le tournant libéral (il y aurait beaucoup de chose à dire là-dessus). Pour Onfray à ce moment là les thèmes socialistes ont été remplacés par des thèmes sociétaux dont la défense n'est pas pas mauvaise en elle-même mais qui servent d'écran de fumée, de nouvelle pensée unique destinée à cacher la trahison libérale du P.S.français.
      Et seconde remarque, Onfray le libertaire, le pjhilosophe ne se reconnaîtra jamais dans Zemmour le polémiste auquel veulent l'amalgamer tant les ennemis que les amis de Zemmour !
    • avatar
      beezapa
      Philippe Stoffels

      Enfin de la culture une personne qui vous répond avec plaisir et sans agression.

      Monsieur, je n'ai pas votre qualité, mais j'ai aimé vous lire, comme vous dite, ils sont la comme des commissaires politiques, c'est le but du jeu, il le savait sinon il ne se serait jamais présenté à cette émission qui lui sert de tremplin, pour ouvrir une voie politique autre que ce que fait le PS français.

      Pour autant que comme beaucoup, une fois la chose lancée, il ne se réfugie dans le silence.

      Mais même s'il ne joue aucun des deux (avec BHL) dans la même court, j'aimerais les entendre débattre pour autant que les fleurets ne soit pa moucheté.

      Au plaisir de vous relire.
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