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Conférence sur le climat de Paris (2015) (39)
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L’essentiel des mesures prises par le gouvernement chinois en matière d’écologie vise à améliorer la situation à l’intérieur du pays. Et pour l'instant, cette politique est en ligne avec la Conférence climatique de Paris.

Lundi dernier, les leaders de la France et de la Chine se sont entendus pour parvenir à un accord ambitieux et juridiquement contraignant à la COP21 (Conférence des Nations-Unies sur le changement climatique qui se tiendra en décembre à Paris).

La Chine, toujours considérée comme un cancre en matière de protection de l'environnement, semblerait donc effectuer "un virage inédit" dans ce domaine, selon les experts.

Toutefois, il serait erroné de considérer que la RPC ne s'est jamais préoccupée d'écologie et commence à prendre les choses en main seulement maintenant.

"Après la Conférence sur le climat à Rio-de-Janeiro en 1992, la Chine était le premier pays, suivi du Canada, à publier officiellement les résultats des discussions qui étaient à l'ordre du jour de ce sommet", explique à Sputnik Ekaterina Fortyguina, chercheuse et maître de conférences à la faculté de géographie de l'Université d'Etat de Moscou. "Cela montre la volonté de l'Empire du Milieu de lutter contre la pollution. Le problème, c'est qu'il y avait toujours un décalage entre les projets évoqués et les actions réalisées, compte tenu de la dynamique du développement de ce pays".

New York. Image d'illustration
© AP Photo / Richard Drew
Depuis les années 1980, la Chine adoptait systématiquement des mesures pour lutter contre la pollution. Sauf que ces mesures étaient locales ou régionales. C'est pourquoi de nombreuses conventions internationales que la Chine avait signées, notamment en ce qui concerne la protection des fleuves et des mers, ne portent aujourd'hui qu'un caractère déclaratif. C'est notamment le cas de l'accord sur le fleuve Amour, frontalier entre la Russie et la Chine.

L'environnement, objectif numéro un du prochain plan quinquennal

Toutefois, avec les années, les autorités chinoises sont parvenues à changer les choses en matière d'environnement. L'écologie est ainsi devenue un enjeu primordial de la politique nationale. Le prochain plan quinquennal (2016-2020) place d'ailleurs les problèmes environnementaux parmi les priorités du développement économique. Et d'ici à 2020, les sources alternatives d'énergie devraient atteindre 15 % de la balance énergétique chinoise, contre 1% à 2% actuellement.

Par ailleurs, dans leur volonté de réduire l'utilisation du charbon, les autorités chinoises ont entamé des projets de construction massifs d'éoliennes dans le Xinjiang (Ouest du pays), et introduit des programmes pour la mise en service de panneaux solaires en zones rurales.

En outre, pour améliorer la situation écologique dans le secteur industriel, le gouvernement chinois a durci les sanctions, prévoyant notamment des peines pénales pour les délits ou les infractions en matière d'écologie. Précédemment, les industriels n'étaient passibles que d'amendes dans de telles situations. Aussi, des règles plus strictes, limitant la circulation automobile, ont été mises en œuvre à Pékin, alors que les autorités municipales mettent massivement en service des transports en commun électriques ces dernières années.

Les premiers résultats sont déjà apparents. Les Pékinois ont pu voir le ciel bleu presque tout l'été 2015, et le nombre d'épisodes de pollution a sensiblement baissé.

Satisfaits de ces résultats, les autorités chinoises envisagent d'étendre la politique, mise en œuvre à Pékin, à d'autres villes. Et notamment aux régions du centre du pays et des provinces qui encerclent la capitale chinoise, où se trouvent des foyers industriels traditionnels.

Une politique écologique étendue à toute la Route de la Soie?

Lors de sa visite en Chine, François Hollande s'est félicité également de la décision de Xi Jinping d'utiliser des leviers financiers, tels que la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (BAII) et de la Banque de développement des BRICS, pour lutter en commun avec les pays voisins contre certains phénomènes climatiques liés à la pollution. 

"C'est notamment le cas des tempêtes de sable qui touchent la Chine du Nord, mais aussi la Mongolie, l'Extrême-Orient russe et les deux Corées", explique Ekaterina Fortyguina. "Un gigantesque projet de construction des systèmes de protection contre le sable est en cours actuellement, dans le désert de Gobi".

Cependant, l'utilisation de ces moyens financiers reste limitée, car l'objectif de ces projets est assez flou, la Chine ne promettant pour l'instant rien de concret. En commentant la visite du président français en Chine, à moins d'un mois de la COP21, Ekaterina Fortyguina exprime des doutes quant à l'efficacité du format des Conférences sur le climat pour résoudre les problèmes de l'environnement. "L'avantage incontestable de ces formats, c'est que chacun peut y exprimer son point de vue", dit-elle, en ajoutant que des mesures concrètes ne suivent pas les promesses faites. C'est le cas du Protocole de Kyoto, qui n'est toujours pas mis en œuvre.

Le chercheur d'IRIS Bastien Alex doute également que la Chine puisse influencer les pays hésitant à relever les objectifs fixés par cette conférence à venir.

"La Chine peut favoriser un mouvement, mais ne peut contraindre les autres pays en développement à fournir des objectifs de réduction", résume-t-il.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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Conférence sur le climat de Paris (2015) (39)

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Tags:
pollution, réchauffement climatique, COP 21, Chine, France
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