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    Qui frappe des civils en Syrie?

    Qui frappe des civils en Syrie? Amnesty International et Sky News savent

    © REUTERS / Ammar Abdullah
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    Les crimes de guerre commis par la Russie en Syrie : c’est Sky News qui prend la parole et la partage avec Amnesty International.

    ​Plusieurs rapports accusant les russes de bombardement des civils syriens, sont sortis depuis décembre dernier. La certitude de Sky News et d'Amnesty semble enviable, sauf qu'à chaque fois les frappes russes sont précédées ou suivies de la mention « supposées » et en guise de preuves pour nourrir des accusations d'un tel niveau — des photos d'enfants blessés, avec des vidéo-témoignages des civils dans les régions d'Alep, Idlib et Homs qui ont pu reconnaitre des avions russes dans le ciel avant que les bombes russes soient lancées (précision: des bombes à sous-munition interdites à l'utilisation, d'après Amnesty International). Sky News parle des conséquences des frappes aériennes « supposés » russes:

    « Un cratère provenant d'une frappe aérienne russe, l'un des nombreux de la journée, depuis que les cliniques médicales semblent être devenues la cible des grands pays. A l'intérieur, des nouveaux nés qui ont survécu aux explosions qui ont tués beaucoup d'autres à l'extérieur »

    Comment distinguer un avion russe d'un avion non russe? Les réponses sont données par Sky News:

    « Le bruit des avions de chasses russes promettent la venue de plus de carnage ».

    Donc ce seraient les témoignages sur le bruit des avions par les civils syriens qui confirment l'appartenance d'un appareil à un pays. Chez Amnesty International ce sont également des témoins sur place qui, en partie, en plus de leurs experts, apportent des « preuves », comme l'explique à Sputnik Nina Walch responsable de gestions des crises au sein de l'ONG:

    « Je sais que les témoins nous ont indiqué que sur le terrain. Ils savent tout de suite dire, les civiles sur le terrain, par le son du quel type d'avion il s'agit, par contre je ne peux pas vous dire en quoi existe vraiment cette différence des sons.»

    Evidemment le rapport n'est pas seulement fondé sur quelques témoignages des civils syriens, Nina Walch donne plus de détails sur le mode opératoire utilisé pour constituer le rapport qui accuse la Russie de crime de guerre:

    Médecins sans frontières (MSF)
    © AP Photo / Massoud Hossaini
    « On a également parlé à des défenseurs des droits humains, et aux organisations de la défense des droits humains syriennes à des représentants des organisations médicales qui ont été en train de travailler pas loin de là-bas où les attaques se sont produites, mais ensuite ce qu'on va faire c'est réviser du matériels audio-visuels, des images, et aussi on a consulté des experts d'armes et de munition, parce que sur le terrain on avait trouvé des fragments de missiles qui ont été ensuite analysés »

    Les noms des experts ou des organisations qui ont fourni les informations à Amnesty et les ont analysés ne sont pas mentionnés dans le rapport et la demande faite par Sputnik de dévoiler ces noms n'a pas obtenu de réponses concrètes pour le moment. L'ONG a promis de donner suite à la demande de son siège à Londres.

    Le jeu d'information « qui frappe qui en Syrie » s'essouffle petit-à-petit avec la multitude d' images fournies par le ministère russe de la défense, qui ont même été reprises en France (la chaine de télévision France 2) pour se venter des succès de la coalition internationale, qui sait où il faut frapper pour atteindre Daech. Désormais « le jeu » c'est: qui « frappe des civils en Syrie ». D'après Patricia Lalonde, chercheuse à l'Institut Prospective & Sécurité en Europe et spécialiste des droits de l'Homme au Moyen Orient, ce genre de rapports aurait un goût politisé:

    « Très franchement, surtout au moment où ce rapport sort, au moment où je dirais l'armée syrienne aidée par l'armée russe, par les Russes, sont en train de gagner du terrain en Syrie pour libérer la Syrie entre guillemets des groupes djihadistes et autres, ça m'a l'air tout droit d'être une opération de propagande antirusse et de faire partie d'une grosse campagne de désinformation. C'est évident qu'il y a forcément dans toute guerre des morts civils, des dommages collatéraux mais je ne vois pas pourquoi on impute ça plus aux les Russes. Je voudrais bien que l'Amnesty met un peu son nez dans tout ce que fait, dans toutes les exactions que commentent le groupe al-Nosra qui est le bras droit, la filière d'Al-Qaida en Syrie, et d'aller mettre son nez dans toutes les exactions également que commettent l'Etat islamique en Irak et en Syrie. Je leur propose d'aller voir ce qui se passe à Raqqa, je leur propose d'interviewer tous les gens qui ont été massacrés, toutes les femmes qui ont été vendues sur les marchés dans les monts Sinjar. Vous voyez, le « deux poids, deux mesures » devient un peu ridicule dans toute cette affaire. Je pense que ce rapport a été « commandé » par le camp, le corps antirusse qui sévit en ce moment en France et ailleurs. Je trouve ça absolument insupportable ».

    En décembre le porte-parole adjoint des Nations unies Farhan Haq a commenté le rapport d'Amnesty International, en précisant que l'ONU ne peut confirmer aucun des cas présentés par l'ONG. Aujourd'hui nous avons pu joindre Rupert Colville le porte-parole de l'ONU, qui a expliqué que l'organisation ne donne pas de commentaires officiels à ce sujet et ajouté que l'ONU ne se trouve pas en Syrie et qu'Amnesty International doit en savoir plus s'ils se sont rendu sur place. Alors si l'ONU le dit…

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    crimes de guerre, civils, Amnesty International, Syrie, Russie
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