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    Commentaire sur le retrait des forces russes de Syrie

    © Dmitri Vinogradov
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    Mikhail Gamandiy-Egorov
    La Russie retire ses avions de Syrie (19)
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    Certains attendaient des commentaires sur l'annonce faite par le président russe du retrait (d'une partie importante) des forces aérospatiales russes de Syrie. Une annonce qui a eu l’effet de surprise au sein des administrations occidentales, notamment étasunienne. En voici un.

    1) Il serait probablement mieux de s'abstenir de commenter les "commentaires" de certains affirmant que la Russie aurait pris cette décision après concertation avec Washington. N'est-ce pas les mêmes qui disaient il y a plus d'un an que la Russie "allait vendre" la Syrie au profit du Donbass? On a tous vu le résultat par la suite. En ce qui concerne la concertation, il y en a bien eu une. Mais pas entre Moscou et Washington (qui d'ailleurs ne s'y attendait pas) mais bien entre les présidents Vladimir Poutine et Bachar al-Assad, qui a soutenu cette décision. Information confirmée côté Kremlin, qui a précisé que la décision a été adoptée en coordination avec le président syrien al-Assad en ce qui concerne le retrait.

    2) Stratégiquement parlant. Les objectifs des forces aérospatiales russes ont été effectivement globalement atteints: la plus grande force des terroristes est détruite, la panique a pris le pas chez eux et l'initiative a changé de camp. Et surtout ont été coupés leurs voies de financement, question clé dans la crise syrienne. Et avec les victoires que connait l'armée arabe syrienne sur le terrain, en plus du cessez-le-feu actuel observé avec ceux qui ont accepté de déposer les armes et cesser la confrontation armée, il y a toutes les chances de poursuivre le succès. 

    Sans oublier que ce n'est pas toutes les forces aérospatiales russes qui rentrent à la maison, mais bien une partie, bien qu'importante. Ceux qui restent continuent le travail, à savoir la lutte anti-terroriste. Pour information, les systèmes russes anti-aériens et anti-missiles S-400 restent eux-aussi pour le moment en Syrie. Tout comme vraisemblablement les conseillers militaires russes.

    3) Poutine avait bien dit dès le départ que l'objectif était de soutenir la Syrie dans la lutte anti-terroriste. Il n'a jamais été question d'y rester indéfiniment. Un allié n'est pas une colonie (clin d'œil à certains). D'ailleurs pour répondre justement à ceux qui se posaient la question si la Russie possède les "mêmes visées" que les Occidentaux, vous avez désormais la réponse. La Russie respecte la souveraineté des nations, y compris des nations alliées.

    En ce qui concerne les perspectives syriennes. Ceux qui ont déposé les armes et accepté un dialogue avec les autorités syriennes pourront évidemment prétendre à une amnistie (il serait peut-être d'ailleurs intéressant aux autorités tchétchènes, et personnellement à Ramzan Kadyrov, de partager son expérience en la matière avec les autorités syriennes). Ceux qui ne l'ont pas fait seront combattus, au même titre que tous les groupes terroristes, notamment Daech ou le Front al-Nosra. Dernière chose: malgré les énormes moyens investis par les pays occidentaux et du Golfe en vue d'imposer leur scénario à la Syrie, il est aujourd'hui clair que cela n'arrivera pas. L'avenir de la Syrie appartient donc bien aux Syriens et à personne d'autre.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    retrait, lutte antiterroriste, armée, Etat islamique, Syrie, Russie
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