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Menace terroriste en Europe (341)
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Les femmes, actrices de seconde zone dans l’islam? Un préjugé battu en brèche par leur présence de plus en plus affirmée au sein des troupes djihadistes, à l’instar des trois femmes arrêtées dans le cadre de l’attentat déjoué au pied de Notre-Dame. Une vérité qui dérange.

39, 23 et 19 ans, c'est l'âge des trois femmes arrêtées qui sont suspectées d'avoir préparé un attentat devant Notre-Dame de Paris. Une cathédrale qui reçoit 30.000 visiteurs en moyenne chaque jour. Une cathédrale auprès de laquelle une Peugeot 607 sans plaque d'immatriculation été retrouvée le week-end dernier. À l'intérieur: six bonbonnes de gaz. Interpellées dans l'Essonne, les trois femmes sont présentées comme "radicalisées, fanatisées" et "très dangereuses". Bref, un attentat déjoué, d'après le ministère de l'Intérieur, qui se félicite, mais glisse pudiquement sur le fait marquant de cet événement: ce sont des femmes et elles sont de plus en plus nombreuses à prendre le chemin de la terreur, d'après les faits indéniables.

Il y a encore quelque mois, on ne parlait pas beaucoup des femmes au djihad. Elles étaient toujours présentées comme "les femmes de". Mais d'après les experts les plus réputés sur la question, comme David Thomson ou Mattieu Suc, les femmes sont parfois le moteur de la radicalisation, elles sont plus déterminées que les hommes et elles sont souvent plus calées en termes de religion.

L'émancipation des femmes radicalisées, qui veulent à tout prix atteindre le statut de martyr, une nouvelle étape dans l'évolution du terrorisme contemporain? Elles ne sont plus ici seulement pour donner la vie à une nouvelle génération au sein des groupes terroristes, s'occuper du recrutement ou de la propagande, elles sont prêtes à passer à l'action et à devenir à leur tour de la chair à canon.

Pourquoi? Pour pouvoir accéder au paradis ou même pouvoir intercéder en faveur de 70 personnes. Patrick Amoyel, psychanalyste, directeur de recherches Freudiennes à l'Université Nice Sophia-Antipolis, qui a suivi des dizaines de cas de femmes radicalisées, explique les nuances du rapport à la violence chez une femme et chez un homme:

« De toutes les études académiques qu'on a là-dessus il est évident que chez les femmes il n'y a pas de fascination pour la violence et le fait de faire quelque chose de violent n'est pas quelque chose de narcissisant, n'est pas quelque chose qui leur donne immédiatement la valeur, mais c'est tout simplement par l'obéissance à la loi de Dieu c'est-à-dire le bénéfice d'une action violente pour une femme qui obéit, c'est d'avoir obéir absolument à Dieu, d'être dans la soumission totale. Alors que chez un homme il y a plus une fascination pour la violence elle-même en tant que violence ».

Le but est commun, mais le paradis ne serait pas le même pour une femme et pour un homme, explique Patrick Amoyel:

« La motivation pour le paradis est extrêmement importante, sauf que ce n'est pas le même paradis qui est obtenu par la mort au martyr. Le paradis qui est obtenu pour une femme n'est pas celui d'une jouissance sexuelle avec 72 vierges, etc., comme pour les hommes. Il est en fait celui de retrouver son mari au paradis, ou son compagnon, donc normalement un mari. Et deuxièmement, d'avoir des bénéfices qui sont promis […] pour les femmes au paradis c'est-à-dire la beauté éternelle et la jeu

Est-ce que la féminité, y compris physique, souvent exploitée dans le monde occidental, pourrait également devenir un avantage dans le monde djihadiste?

Les femmes kurdes du YPJ qui luttent contre Daech savent que les combattants djihadistes ont peur de mourir de la main d'une femme, car, d'après eux, dans ce cas, ils n'auraient pas accès au paradis. À ce titre, les femmes kurdes ont un poids spécial dans ce combat.

De la même manière, les femmes djihadistes, pourraient-elles avoir un pouvoir particulier et certains avantages en organisant des attentats grâce à leur féminité? Patrick Amoyel, confirme que cette méthode existe, mais ce n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan des possibilités:

« Oui, mais c'est une méthode classique du terrorisme en général, avant de faire des secrets, on utilise des femmes avec le côté séducteur et esthétique. C'est déjà une méthode classique. Mais que les djihadistes du monde entier qui veulent faire des attentats en Europe utilisent la couverture de ce qui paraît inoffensif chez une femme oui, mais c'est une bonne guerre. Et c'est pas spécifiquement islamiste ».

Le djihadisme féminin serait-il moins basé sur la violence que celui des hommes? Les motivations sont probablement différentes, mais le résultat est le même: des centaines de personnes qui ne reverront plus le jour, parce qu'une seule a cru ouvrir la porte du paradis.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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Tags:
femmes, attentat, terrorisme, djihadisme, Université Nice Sophia-Antipolis, Paris
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