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Comme à chaque fois que les suspects sont Américains et les lanceurs d’alertes Russes, on porte plus d’attention à la source qu’aux faits qu’ils mettent en évidence. La presse mondiale s’est ainsi lancée aux trousses du groupe de hackers Fancy Bears, plutôt qu’après les médaillées d’or américaines contrôlées positives en août dernier aux JO de Rio.

Au lendemain de la publication par le groupe de hackers "Fancy Bears" d'une série de documents classés confidentiels et laissant entendre que des sportives américaines de premier plan se sont dopées, l'Agence mondiale antidopage (AMA) se dit scandalisée.
Pour son directeur général, Olivier Niggli, "ces actes criminels [des pirates] compromettent grandement l'effort de la communauté mondiale antidopage de rétablir une relation de confiance avec la Russie."

Un point de vue que l'on retrouve dans la presse nationale française, dont une bonne partie titre avant tout sur le piratage de l'AMA en lui-même — "par des hackers russes" — plus que sur les données que ces documents comportent. "L'Agence mondiale antidopage, à nouveau piratée, accuse la Russie", (Le Monde), "Des hackers russes ont piraté le site de l'AMA" (Sport.fr), "JO-2016: des hackers russes piratent le site de l'Agence mondiale antidopage" (RFI). Pour Libération — qui pousse le raisonnement un peu plus loin — les Fancy Bears pourraient même être "affiliés au renseignement militaire russe", tout en admettant qu'il est "difficile de le prouver".

Pourtant, l'information en elle-même mériterait qu'on s'y attarde. Des traces de substances dopantes ont été retrouvées plusieurs fois et dans des proportions importantes dans les urines des médaillées d'or, les joueuses de Tennis Serena et Venus Williams, la gymnaste Simone Biles et la basketteuse Elena Delle Donne.

Selon le docteur Jean-Pierre de Mondenard, spécialiste du dopage, ces produits sont sans équivoque des produits dopants. "Là on est vraiment dans des AUT [Autorisations d'usage à des fins thérapeutiques] qui ne sont pas crédibles et qui sont plus pour améliorer les performances que pour soutenir réellement quelqu'un".

Mais une fois de plus, on veut tuer le messager porteur d'une mauvaise nouvelle, et l'on apprend du même coup que non seulement les sœurs Williams usent de produit dopant, mais qu'en plus elles sont couvertes par l'AMA qui leur a fourni une dérogation thérapeutique.

Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de son auteur. Elles ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction de Sputnik.

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Tags:
Agence mondiale antidopage (AMA), États-Unis, Russie
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