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    Les Casques blancs syriens reçus à l'Élysée

    Le côté obscur des Casques blancs 1/3 : reçus à l’Élysée !

    © Photo. Capture d'écran: Youtube
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    Maxime Perrotin
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    Reçus en grande pompe à l’Élysée et à l’Assemblée nationale, les Casques blancs sont par ailleurs célébrés dans tous les médias comme les héros anonymes de la guerre en Syrie. Pourtant, cette ONG est aussi controversée. Sputnik vous en dit plus dans notre triptyque spécial Casques blancs.

    François Hollande a reçu à l'Élysée le 9 octobre Rahed Saleh — le chef des Casques blancs syriens — ainsi qu'une « délégation de personnalités d'Alep ». Des personnalités aussi conviées à l'Assemblée nationale par le groupe PS. Soutien de Manuel Valls et ovation des députés, les Casques blancs, cette « défense civile syrienne », ont vécu une vraie consécration politique.

    La visite laisse toutefois une impression de malaise : Rahed Saleh, l'hôte de Hollande, avait été interdit d'entrée sur le territoire américain en avril dernier. Il se trouvait en effet sur une liste de personnes suspectées d'être en lien avec des organisations terroristes, ce qui lui a valu d'être refoulé à l'aéroport. Autre personnalité de cette délégation, Hagi Hasan Brita, président du « comité civil d'Alep », généralement présenté comme le maire d'Alep, ce qui fait aussitôt réagir Vanessa Beeley, journaliste et photographe indépendante, qui s'est dernièrement rendue en Syrie :

    « Hagi Assan Brita est présenté comme le maire d'Alep, il n'est pas le maire d'Alep! 1.5 Million de personnes démentiraient qu'il est le maire d'Alep! Il n'a certainement aucune relation avec le conseil local à Alep Ouest qui couvre 75% de la surface l'Alep. Il a été nommé maire en 2016, ce qui est un autre moment de folie! »

    L'image de ces « héros du quotidien » encensés par la presse semble tout à coup moins lisse. Les Casques blancs affirment avoir sauvé plus de 62 000 vies et « prodiguer des services publics auprès de 7 millions de personnes ». Même si ces chiffres sont invérifiables, il est clair qu'ils sauvent des vies, mais qui sont-ils vraiment ?

    Les origines et le financement des Casques blancs

    Créés en 2013 par James le Mesurier, un ancien officier britannique reconvertit dans le mercenariat, dont la société est basée à Dubai, les Casques blancs se présentent comme « une organisation neutre et impartiale », qui ne reçoit aucun financement de « gouvernements ayant un intérêt direct dans le conflit syrien ».

    Une information que leur vice-président, Abdulraman Al-Mawwas, a démentie devant l'Assemblée nationale, indiquant que le groupe reçoit ses financements des États-Unis, de l'Angleterre, de la Hollande, de l'Allemagne et du Danemark. Une liste de généreux donateurs, de gouvernements qui ont, comme le rappelle Vanessa Beeley « publiquement pris position et investi en faveur d'un changement de régime en Syrie », relativisant ainsi le critère d'impartialité.

    Rappelons que Mark Toner, porte-parole adjoint du Département d'État, le 27 avril dernier, annonçait un soutien au Casques blancs de 23 millions de dollars via USAID, tandis que Boris Johnson évoquait dans une vidéo twittée par le Foreign Office fin septembre, sa « fierté » de leur prodiguer un soutien de 32 millions de Livres (la moitié de l'aide qu'ils reçoivent).

    Mais si l'indépendance financière des Casques blancs vis-à-vis des acteurs du conflit apparaît plus comme un élément de langage qu'une réalité, Vanessa Beeley va plus bien plus loin quand elle affirme :

    « Les Français doivent se demander pourquoi ces terroristes sont reçus à l'Assemblée et considérés comme des VIP, alors que leurs organisations sont liées à celles qui ont mené les attaques terroristes à Nice et à Paris. »

    Pourquoi une telle charge ? C'est l'objet de la suite de notre triptyque.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    Assemblée nationale française, Casques blancs syriens, Boris Johnson, Mark Toner, Hagi Hasan Brita, Vanessa Beeley, François Hollande, Alep, Syrie, France
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