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    Donald Trump

    Tornade Trump sur l’Union européenne ?

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    Maxime Perrotin
    Donald Trump, 45e président des États-Unis (182)
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    Trump avait prédit que son élection serait un « Brexit à la puissance trois ». Après l’effet de surprise suscité en Europe par l’annonce de sa victoire, place aux craintes. Nombreux sont ceux qui s’inquiètent des conséquences de cette élection sur l’Union européenne. À tort ?

    L'idée de voir Donald Trump accéder à fonction suprême aux États-Unis ne semble pas réjouir outre mesure les leaders européens. Bien que leurs réactions aient été largement plus mesurées que celles de l'exécutif français, certains hauts fonctionnaires européens ont eu du mal à cacher leur déception de voir Donald Trump l'emporter sur la candidate démocrate.

    Pas de tweet déplacé ou de discours télévisé glacial pour Jean Claude Juncker et Donald Tusk, qui ont adressé une lettre commune au futur président américain pour le féliciter de sa victoire. Ils l'« invitent à se rendre en Europe pour un sommet UE-USA dès que cela lui conviendra », insistant sur le fait qu'« il est plus important que jamais de renforcer les relations transatlantiques. »

    Une ligne sobre tenue par la chef de la diplomatie européenne, Frédérica Mogherini, qui twittait dans un élan de relativisme « Les liens UE-USA sont plus profonds que n'importe quel changement politique ». Au micro de Christiane Amapour, elle a remercié l'actuelle administration américaine pour la parfaite coopération entre les États-Unis et l'Europe ces dernières années. Elle a cependant cru nécessaire de souligner à plusieurs reprises que la politique étrangère européenne est déterminée indépendamment de ce qui se passe à Washington.

    ​Quant à Martin Schulz, s'il admet que le choix de l'électorat américain « doit être respecté », c'est pour mieux souligner que la nouvelle ne le réjouissait pas. Interrogé le 9 novembre au matin sur Europe 1, le président du Parlement européen a de plus déclaré que « cela sera difficile, cela sera plus dur qu'avec les administrations précédentes », espérant « trouver un créneau pour coopérer » avec Trump, précisant avoir « beaucoup espéré » voir Hillary Clinton l'emporter. Pas étonnant quand on se souvient que Donald Trump s'était prononcé en faveur du Brexit.

    « Ce que j'espère, c'est que l'administration américaine ne va plus mettre autant son nez dans les affaires européennes que naguère, monsieur Trump s'étant déclaré en faveur du Brexit. »

    Explique François Asselineau, Président de l'Union Populaire Républicaine (UPR), soulignant que Trump avait « prit le contrepied de toutes les administrations américaines depuis la Seconde Guerre mondiale »

    Revenant sur la réaction frileuse des élites européennes face à l'élection du candidat républicain, il se prête à une comparaison historique avec les dirigeants de l'ancienne Europe de l'Est afin de dénoncer la « pensée servile » des leaders européens :

    « Ils donnent l'impression d'être orphelins, […] c'est un petit peu la même situation que celle dans laquelle se sont retrouvés les dirigeants des pays d'Europe de l'Est lorsque Gorbatchev en URSS a laissé le gouvernement hongrois en 1989 défaire le rideau de fer qui séparait la ville de Sopron de l'Autriche. À ce moment-là, Erich Honecker en Allemagne de l'Est, le président tchèque, etc., tout le monde s'est retourné vers Moscou en disant "Vous ne pouvez pas laisser faire ça !" et puis Gorbatchev a laissé faire […] Le grand désarroi, c'est que les pays de l'Union européenne qui ont été habitués à être des satellites de Washington, d'un seul coup leur donneur d'ordres devient méconnaissable. »

    Quant aux conséquences économiques, elles demeurent largement à déterminer. Trump a laissé entendre durant sa campagne que les pays européens membres de l'OTAN devraient assumer une plus grande part financière de leur défense. S'il met en application cette promesse de campagne, cela ne sera pas sans conséquence budgétaire pour les Européens.

    Pour autant, l'ex-candidat républicain n'a jamais évoqué la mise en place d'une surtaxe douanière de l'ordre de 45 % à l'encontre des produits européens, comme il l'a fait pour les Chinois. Quant à l'argument vis-à-vis de la mise en place d'un « protectionnisme américain », notamment en matière de marchés publics, ils sont déjà largement fermés aux entreprises étrangères, pas de bouleversement à attendre de ce côté. C'est essentiellement l'avenir des grands traités de libre-échange (TAFTA — TTIP dans le cas de l'UE) qui est sur la sellette, mais bien malin qui pourra dire ce que Donald Trump décidera finalement à leur sujet.

    L'une des promesses du candidat Trump pourrait en revanche être positive pour l'économie européenne : celle de la détente avec la Russie et donc d'une possible levée des sanctions et contre-sanctions… qui pénalisent essentiellement l'agriculture et l'économie européennes.

    « Vous allez voir, comme par miracle, que si Donald Trump rencontre Vladimir Poutine et conviennent de cesser la politique des Sanctions, dans les semaines, les mois suivants, l'UE lèvera ses sanctions vis-à-vis de la Russie. »

    Comme le déclare François Asselineau, cette victoire de Donald Trump, un candidat qui n'était pas celui du Système, « n'était pas prévue au programme ». En témoignent pour le président de l'UPR les chiffres cités par BFMTV : sur 200 médias américains, 194 avaient pris fait et cause pour Hillary Clinton.

    « À ce niveau-là, ce n'est plus de la démocratie, c'est du bourrage de crâne ».

    Imprévu donc, tant est si bien que l'Union européenne vient de convoquer une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères de l'UE, ce dimanche à Bruxelles.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    politique, élections, Donald Trump, États-Unis, Europe
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