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    Sergei Lavrov et Mevlut Cavusoglu

    Russie, Turquie, Iran, échec à la déstabilisation !

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    Mikhail Gamandiy-Egorov
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    Non, la guerre russo-turque n’aura pas lieu, malgré l’assassinat d’Andreï Karlov, qui visait clairement à nuire une fois de plus aux relations entre la Russie et la Turquie. Mieux que cela, la Russie, l’Iran et la Turquie ont décidé d’accroître leur collaboration en Syrie.

    Nous avons tous appris avec consternation l'assassinat de l'ambassadeur russe en poste à Ankara, Andreï Karlov. Un acte lâche, qui s'inscrit sur fond de revers des terroristes en Syrie. Une attaque destinée vraisemblablement à casser le rapprochement russo-turc. À ce niveau, l'opération est un échec: Moscou et Ankara comptent au contraire accroître leur niveau de coopération.

    En témoignent les déclarations des dirigeants russe et turc, ainsi que par le maintien de la réunion tripartite qui a eu lieu le jour suivant à Moscou, entre les chefs des diplomaties russe, iranienne et turque. Elle s'est doublée d'une rencontre entre les ministres de la Défense des trois États. Ankara, Moscou et Téhéran affirment à l'issue de ces entrevues qu'elles vont lutter conjointement contre le terrorisme et soutiendront une solution politique à la crise en Syrie.

    Sur ce dernier volet, les trois capitales affirment être attachées au « respect de la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de la Syrie en la qualité d'un État multiethnique, multiconfessionnel, démocratique et laïc ». Un message très fort lorsqu'on sait que Moscou-Téhéran d'un côté et Ankara de l'autre avaient des approches fort différentes jusqu'ici vis-à-vis de la guerre en Syrie — la Russie et l'Iran soutenant le gouvernement légitime syrien, la Turquie ayant ardemment demandé son départ.
    La question de la préservation de la Syrie en tant qu'État multiconfessionnel, multiethnique et laïc, est cruciale, surtout à la lumière des projets des soi-disant « rebelles modérés ». À une écrasante majorité, ceux-ci souhaitent précisément en finir avec la laïcité et installer à la place un « État » salafiste régi par les lois de la charia… Le tout dans un pays multiethnique et multiconfessionnel! Mais cela évidemment est le dernier des soucis des gouvernements occidentaux (comme en Libye), qui souhaitent à tout prix destituer Bachar al-Assad.

    En outre, les trois ministres ont également appuyé la tenue prochaine de pourparlers inter-syriens à Astana, la capitale du Kazakhstan. Bref, beaucoup de choses intéressantes en perspective, surtout au vu du format de la réunion. En effet, aucun représentant des États-Unis, d'Europe occidentale ou des régimes du Golfe n'a été invité pour le moment. Pour autant, les organisateurs de cette rencontre ont bien indiqué que la porte restait ouverte, à condition bien sûr de vouloir sincèrement la fin du chaos en Syrie. Et il est permis de douter que ce soit le cas des acteurs engagés dans la crise syrienne qui n'ont pas été conviés à Moscou.

    Pour autant, la volonté affichée par la Russie, l'Iran et la Turquie de renforcer la lutte contre le terrorisme et les rencontres à Moscou entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des trois pays laissent effectivement entrevoir l'espoir d'une sortie de crise en Syrie. Malheureusement, le terrorisme, qui sert les adversaires de la multipolarité, n’a pas dit son dernier mot. Il est à craindre que ces efforts de stabilisation de la région ne soient mis à mal, justifiant au passage la volonté des trois pays de renforcer leur coordination au niveau sécuritaire et antiterroriste.

     

    Ils voient en effet d'un très mauvais œil le fait qu'il est possible de se passer d'eux pour résoudre les principales crises du moment. Plus vite ils reconnaîtront la réalité multipolaire, plus vite ils pourront prétendre à y jouer un rôle que l'on espère positif.
    Ce qui est certain, c'est que cette rencontre Russo-Irano-Turque est la meilleure réponse aux terroristes et à ceux qui pensent encore pouvoir utiliser ces derniers afin d'atteindre leurs objectifs géopolitiques.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    diplomatie, politique, Andreï Karlov, Turquie, Iran, Russie
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