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    les rencontres d'Astana

    Les succès d’Astana permettent à Genève d’avancer

    © AP Photo/ Sergei Grits
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    Mikhail Gamandiy-Egorov
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    Malgré de virulentes réactions de la part des mouvements les plus radicaux en Syrie, les négociations de Genève avancent et laissent entrevoir quelques espoirs de paix. Le maintien d’un cessez-le-feu et l’amorce d’un dialogue entre pouvoir et opposition réalisés à Astana ont ouvert la voie à ces timides progrès.

    À en juger par la réaction de certains mouvements radicaux, notamment dans les réseaux sociaux, en lien avec les rencontres d'Astana et maintenant la relance des pourparlers de Genève, l'heure est à… l'optimisme prudent. En effet, le fait que les extrémistes les plus radicaux et certains de leurs soutiens extérieurs, notamment le sulfureux sénateur US McCain, enragent montre que nous sommes sur la bonne voie.
    Parlons perspectives. Astana I et II ont permis l'établissement, puis le renforcement, du cessez-le-feu en Syrie, qui dure maintenant depuis fin décembre. Ceci a été rendu possible grâce à l'étroite coordination entre trois pays : la Russie, la Turquie et l'Iran, en qualité de garants, sans oublier évidemment le pays-hôte, des négociations d'Astana, le Kazakhstan. Cette trêve ne concerne évidemment pas les groupes terroristes de Daech et du Front Fatah al-Cham ( ex Al-Nosra, la filiale d'Al-Qaida en Syrie ).

    Les succès des rencontres d'Astana ayant permis d'établir l'arrêt des hostilités sur le terrain avec tous ceux qui ont accepté de rejoindre l'accord de trêve, ils ont ouvert la voie à la relance des pourparlers de Genève entre le gouvernement syrien et l'opposition. Et de l'aveu de Staffan de Mistura, envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, le rôle d'Astana a été réellement positif et même crucial, ce qui laisse entrevoir des possibilités d'une paix durable.

    Aux dernières nouvelles, les pourparlers de Genève sont loin de se dérouler de manière facile, l'opposition étant elle-même divisée. Les plus radicaux ne souhaitent pas s'avouer vaincus ouvertement et tentent par tous les moyens de montrer qu'ils ont encore du poids. Néanmoins, il est déjà patent que plusieurs représentants de l'opposition souhaitent atteindre un résultat positif dans les négociations en adoptant des prises de position responsables. Cela se traduit par le soutien à la lutte antiterroriste sur le territoire syrien, par l'opposition aux financements extérieurs en faveur des terroristes et par un accord intra-syrien sur la suite du processus politique, la Constitution syrienne et les élections.

    Trop tôt encore donc pour dire ce que donneront ces pourparlers de Genève, mais même si aucun accord définitif n'est trouvé, de l'avis de nombreux experts il s'agira après Astana d'un autre grand pas en avant. Parallèlement à cela, l'armée syrienne poursuit son offensive contre les terroristes à différents endroits du front, notamment en vue de la libération de la cité antique de Palmyre, autour de laquelle les forces gouvernementales contrôlent déjà presque toutes les hauteurs stratégiques. De plus, la coordination russo-turque ne faiblit pas. Elle s'est notamment concrétisée par la libération récente de la ville syrienne d'Al-Bab, près de la frontière turco-syrienne des mains de Daech. La Turquie n'a pas manqué de reconnaître le soutien décisif russe dans la prise du dernier fief de la secte takfiriste dans la province d'Alep. C'est ce qu'a d'ailleurs déclaré Ilnur Cevik, conseilleur du président turc Erdogan. De son côté, Vitali Naoumkine, conseiller de Staffan de Mistura, pense également que la coordination russo-turque joue un rôle clé dans la résolution de la crise syrienne.

    D'autre part, le chef d'État turc est attendu à Moscou le 9 et 10 mars prochain — sa deuxième visite officielle en Russie en une demi-année — durant laquelle il rencontrera le président russe. Cela se fera dans le cadre de la réunion du Conseil de coopération de haut niveau Russie-Turquie, qui reprend le travail après la normalisation engagée par les dirigeants des deux pays. Toujours selon le conseilleur d'Erdogan, Ilnur Cevik, les deux leaders discuteront également de la poursuite de la coordination de leurs efforts en Syrie.

    Une chose est sûre. Malgré tous les défis restants à relever, on commence depuis Astana à entrevoir une possible issue positive pour la crise en Syrie. Astana a effectivement ouvert ( ou rouvert ) la voie à Genève, tout en sachant que la capitale kazakhe se tient de nouveau prête à tout moment à contribuer aux négociations, qui pourraient aboutir à une paix durable sur le territoire syrien. Les terroristes perdent du terrain en Syrie, comme en Irak. Cela est également extrêmement positif. Quant au fait que les forces hostiles aux efforts de paix haussent le ton, cela ne fait que confirmer que la voie choisie est la bonne. Les ennemis de la multipolarité devraient donc calmer leurs ardeurs et laisser les forces responsables faire leur travail.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    paix, Genève, Syrie, Astana
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