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    Le prochain Président des USA travaille déjà à sauver l'Europe du plan secret de la Russie

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    Victor Marakhovski
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    Avant son déplacement en Autriche, Vladimir Poutine a déclaré aux médias du pays que la Russie n’avait aucune envie de semer la discorde au sein de l’UE, et voulait au contraire que cette dernière, qui est son partenaire commercial principal, soit unie et prospère.

    L'idée selon laquelle la Russie tenterait de désunir l'Europe est actuellement imposée aux Européens avec une force incroyable. Pour les principaux médias anglophones, cette thèse s'impose avec la même évidence que celle selon laquelle Moscou aurait tué le blogueur Babtchenko, empoisonné l'espion Skripal et abattu le Boeing malaisien.

    Le théâtre des campagnes antirusses était assez vide après que les Malaisiens ont refusé d'accepter la piste «russe» de la tragédie du vol MH17. C'est pourquoi les principaux médias occidentaux se sont accrochés avec tellement de joie au meurtre atroce du blogueur à Kiev. Leurs tentatives acharnées de médiatiser cette victime pendant toute la journée — cela ressemble au «garçon syrien empoisonné» à bien des égards — expliquent le caractère si aigu de la réaction des mêmes médias qui ont appris le lendemain matin qu'ils avaient été victimes de l'imagination impitoyable des Ukrainiens.

    Mais revenons à la Russie. Cela pourrait sembler paradoxal, mais la plupart des avertissements sur les projets russes de disloquer l'Europe proviennent du Royaume-Uni, c'est-à-dire d'un État qui a décidé de quitter l'UE mais tente actuellement de guider sa politique à distance.

    Ainsi, la volonté russe de désunir l'Europe semble préoccuper le directeur du service secret britannique MI5.

    Elle est également mentionnée par le Conseil européen des relations internationales. A première vue, ce dernier ressemble à une institution européenne, mais ce n'est pas le cas: le siège de ce think-tank se trouve à Londres et reçoit un financement britannique.

    Et il y a beaucoup d'autres exemples.

    Le problème principal réside dans le fait que les États les plus antieuropéens sont, en même temps, les plus antirusses. La Grande-Bretagne ou la Pologne ne manquent pas de russophobie au niveau officiel. En même temps, ces deux pays tentent — chacun à leur manière — de gâcher la vie du noyau de l'UE. Ainsi, Londres et Varsovie refusent d'accueillir les réfugiés et mènent un combat courageux contre les itinéraires de gaz qui ne les concernent pas de toute façon. La Pologne exige avec insolence des réparations de l'Allemagne, bien qu'elle reçoive déjà 17 milliards d'euros par an du budget européen. Le Royaume-Uni a, quant à lui, engagé un bras de fer avec Bruxelles pour conserver ses facilités économiques «européennes», même s'il a déjà quitté l'Union pour ne pas verser ses contributions au budget commun.

    Dans ce contexte, les États-Unis, principal allié commun de ces pays, constituent un problème de plus en plus important. Car si on lance une guerre économique contre la Russie et l'Iran, parce que ces pays sont «mauvais», mais que l'on cible en même temps les Européens parce qu'on a vraiment besoin d'argent, l'Europe se pose logiquement la question suivante: quel est donc le sens des valeurs communes?

    Pour toutes ces raisons, la propagande ciblant actuellement l'Europe présente le monde de la manière suivante:

    — La Russie et la Chine restent les ennemis principaux de l'Union européenne. Bien qu'ils veuillent élargir leurs liens commerciaux avec l'Europe et offrent des avantages réels, il ne faut pas leur faire confiance car ils mènent contre le Vieux Continent une guerre hybride, c'est-à-dire invisible et improuvable. L'offensive russe est si maline qu'on ne peut rien prouver. Mais il faut néanmoins croire en son existence.

    — Les États-Unis restent l'ami principal de l'UE. Ils tentent ouvertement de dévaliser leurs amis, mais c'est uniquement de la faute de la «brute Trump». Il faut justement faire preuve de patience, car le prochain Président corrigera certainement toutes ses erreurs. Personne ne peut cependant dire rien de la date d'arrivée de ce Président, de son nom, ni de son programme. Tout le monde se rappelle pourtant des tentatives de Barack Obama d'imposer à l'Europe son «partenariat transatlantique» au caractère purement colonial. Mais tout changera après Donald Trump. Il faut y croire.

    Ces derniers temps, cette «croyance» est devenue le slogan principal de toute la propagande antirusse. Comme les affaires de l'espion, du blogueur et du Boeing ont échoué, on transmet de plus en plus souvent les preuves de la malveillance russe dans le domaine spirituel. Comme le dit le Guardian, «il n'est pas nécessaire de voir comment la Russie empoisonne les gens afin de comprendre la menace croissante que représente le régime hostile et corrompu de Poutine pour les valeurs communes».

    En même temps, il est très facile d'expliquer que la Russie a en réalité besoin d'une Europe unie, riche et forte, même sans rappeler les «Valeurs» et la nécessité de «croire».

    La Russie a besoin d'une UE riche, car un partenaire commercial riche dispose d'un pouvoir d'achat considérable — et la balance commerciale est actuellement positive pour la Russie.

    La Russie a besoin d'une UE unie, parce qu'une Europe unie qui assure sa sécurité de manière centralisée créera considérablement moins de problèmes pour la Russie que la ceinture des «amis des États-Unis» déraisonnables le long de ses frontières occidentales.

    La Russie a besoin d'une UE souveraine car d'un point de vue économique, l'Europe ne souhaite absolument pas les sanctions commerciales antirusses, tandis que l'affirmation de sa souveraineté devrait se solder par l'annulation de ces mesures.

    Ce n'est pas donc par hasard que l'Autriche est le premier pays que Vladimir Poutine visite après son investiture.

    Il s'agit d'un pays européen, riche et neutre (il ne fait pas partie de l'Otan) qui se prononce avec cohérence pour l'abandon de la politique antirusse.
    Autrement dit, on constate en Autriche l'image de cette Union européenne indépendante que la Russie voudrait voir exister au XXIe siècle.

    C'est pourquoi ceux qui professent avec zèle les Valeurs communes et l'Unité occidentale contre les gazoducs perfides et la route commerciale eurasiatique demandent que l'Europe soit docile à son propre détriment. On peut dire que les chantres des Valeurs et de l'Unité se comportent comme les personnages négatifs de la comédie soviétique «Le Garage».

    Ces derniers trompaient de manière insolente et sordide les autres membres de la coopérative en se cachant derrière les slogans du type «Vous avez des instincts égoïstes!» ou «Vous faites obstacle à la cause commune!» La valeur de ces slogans a pourtant bientôt expiré.
    On n'exclut pas que cela soit la même chose pour les mots d'ordre concernant les Valeurs, l'Unité et la Patience.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

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    Tags:
    président, relations diplomatiques, Europe, États-Unis, Russie
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