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    Sommet sur la Syrie entre Moscou, Paris, Berlin et Ankara: la glace serait-elle rompue?

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    Maria Tonkova
    Sommet France-Russie-Turquie-Allemagne sur la Syrie (30)
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    Un possible sommet avec la participation d’Ankara, Berlin, Moscou et Paris le 7 septembre à Istanbul pourrait ouvrir une nouvelle page du règlement en Syrie, estiment des experts russes et allemands. Selon eux, ces acteurs veulent en premier lieu rétablir l’assurance de vivre pacifiquement dans ce pays en proie à la guerre depuis 2011.

    S'il a lieu, le sommet d'Istanbul entre l'Allemagne, la France, la Russie et la Turquie sera un nouveau format du règlement syrien concentré sur les questions pratiques qui se distinguera des négociations de Genève et d'Astana sur la Syrie, estiment les experts interrogés par Sputnik lors d'une vidéo conférence consacrée aux résultats de la rencontre entre le Président russe et la chancelière allemande le 18 août à Meseberg.

    «Il s'agit d'une tentative de trouver un nouveau fondement afin de résoudre les problèmes syriens et de rétablir l'assurance de vivre pacifiquement […] La question est de créer un pool d'investisseurs afin de lever des fonds et de les cnsacrer à la reconstruction de la Syrie», a précisé Nicolaï Toporine, professeur de l'Institut d'État des relations internationales de Moscou, en répondant à une question de Sputnik.

    Selon lui, ce sommet ne vise pas à se substituer aux négociations de Genève entamées en 2016 sous les auspices des Nations unies.

    «Le processus de Genève était principalement concentré sur la réforme constitutionnelle […] Mais il n'a toujours pas de résultats tangibles […] Une tentative d'organiser des rencontres dans un format restreint incluant la Russie, l'Allemagne, la Turquie et la France, est une tentative de trouver une solution pratique pour que la glace soit rompue», a-t-il ajouté.

    Dans le même temps, le directeur des projets de recherche du forum russo-allemand Alexandre Rahr a déclaré à Sputnik que le processus de Genève s'était enlisé à cause des États-Unis.

    «J'estime que le processus de Genève se trouve dans l'impasse puisque la position américaine et occidentale que [Bachar] el-Assad devait partir y prédominait […] Ce troisième format [un possible sommet d'Istanbul, ndlr] peut reconnaître la présence d'el-Assad dans la région comme l'un des principaux acteurs de la reconstruction de la Syrie», a-t-il indiqué.

    Ces experts russes soulignent que les pays européens, dont la France et l'Allemagne, sont très préoccupés par le rétablissement de l'assurance de pouvoir vivre pacifiquement en Syrie, ce dont dépend également la solution de la crise migratoire en Europe. C'est pourquoi Paris et Berlin préfère se concentrer sur les questions de la reconstruction syrienne en acceptant pour le moment la présence de Bachar el-Assad.

    «Ils comprennent désormais qu'il faut s'occuper du rétablissement de la paix et de la reconstruction avec Bachar el-Assad […] Le pouvoir de Mme Merkel en dépend puisqu'elle souffre depuis qu'elle a ouvert les frontières, en inondant l'Europe de réfugiés», a expliqué Vladislav Belov, vice-directeur de l'Institut de l'Europe de l'Académie russe des sciences.

    La Russie et la France ont déjà montré leur volonté de coopérer en matière de reconstruction en Syrie. Fin juillet, un avion russe a ainsi livré l'aide humanitaire française à l'aéroport de la base de Hmeimim en Syrie.

    Les États-Unis ont, à leur tour, annoncé vendredi qu'environ 230 millions de dollars d'aide destinés à la stabilisation la Syrie seraient redirigés vers d'autres objectifs. Selon Donald Trump, qui a qualifié le financement de la reconstruction de la Syrie de «ridicule», Washington a d'autres priorités comme le développement de l'armée américaine.

    Par ailleurs, en commentant la possibilité de l'organisation du sommet quadripartite à Istanbul, la porte-parole du département d'État américain a précisé que les États-Unis considéraient les négociations de Genève comme «la seule voie efficace vers un règlement politique à long terme en Syrie».

    L'organisation du sommet quadripartite le 7 septembre à Istanbul a été proposée par le Président turc Recep Tayyip Erdogan fin juillet lors de sa participation au sommet des BRICS à Johannesburg. La tenue d'une telle rencontre n'a pas encore été confirmée. Néanmoins, Angela Merkel a déclaré la veille de son tête-à-tête avec Vladimir Poutine que ce sommet «pouvait «être pratique». À l'issue de la rencontre entre les deux dirigeants, le porte-parole du Kremlin a indiqué que pour le moment il ne s'agissait que de discussions préalables au niveau diplomatique.

    Dossier:
    Sommet France-Russie-Turquie-Allemagne sur la Syrie (30)

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    Tags:
    crise syrienne, sommet, négociations, Genève 3, Bachar el-Assad, Recep Tayyip Erdogan, Angela Merkel, Istanbul, Turquie, Syrie, France, Allemagne, Russie
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