Politique
URL courte
Par
313013
S'abonner

Une fake news qui suggère un fichage des enfants musulmans en France a été relayée par une journaliste du Washington Post ainsi que par la ministre pakistanaise des Droits de l’Homme, qui ont mal interprété un projet de loi souhaité par le gouvernement.

Laissant entendre que le gouvernement français prévoyait d’attribuer des numéros d'identification aux enfants musulmans, une journaliste du Washington Post a relayé cette rumeur à la diffusion de laquelle a semble-t-il également contribué la ministre pakistanaise des Droits de l'Homme qui a accusé la France de faire «aux musulmans ce que les nazis infligeaient aux juifs».

Une mauvaise interprétation d’un projet de loi souhaité par le gouvernement, qui concerne l'attribution d'un numéro d'identification aux élèves, système déjà existant en France, évoquée entre autres par la rédactrice en chef de la rubrique Opinions du Washington Post sur Twitter, a créé un tollé sur les réseaux sociaux. L'histoire est allée jusqu’à affecter les relations diplomatiques entre la France et le Pakistan, relate Le Parisien qui a essayé de reconstituer le chemin de cette fake news.

Une mauvaise compréhension

L’origine de cette rumeur réside dans la mauvaise compréhension du projet de loi visant à lutter contre l'islam radical et les séparatismes. Il s’agit de l’idée d’attribuer un numéro à tous les élèves et pas seulement aux musulmans. En outre, ce système est déjà mis en place en France et le numéro est connu comme l'identifiant national élève (INE). Il permet à l'Éducation nationale de suivre les élèves, de leurs trois ans jusqu'à Parcoursup.

Néanmoins, une proposition qui à la base doit concerner tous les élèves a été mal comprise et attribuée qu’aux enfants musulmans par des sources anglophones et cette rumeur a continué à circuler sur les réseaux sociaux avant d’arriver à des personnes plus influentes. Karen Attiah, journaliste du Washington Post, a notamment déclaré à ses centaines de milliers d’abonnés qu’Emmanuel Macron «veut donner aux enfants musulmans un numéro d'identification pour aller à l'école».

Retransmis par le média londonien Muslim Vibe, ces propos ont été l’objet d’un article sur son site, modifié depuis, et ont été vus par la ministre pakistanaise des Droits de l'Homme Shireen Mazari qui s’est à son tour indignée de cette initiative attribuée à la France et, en partageant l’article de Muslim Vibe sur les réseaux sociaux, a accusé la France de «ce que les nazis infligeaient aux juifs».

Tweets supprimés, des excuses formulées

Alors, quand a été porté à l’attention de Karen Attiah que la fake news était basée sur un malentendu, elle a supprimé son tweet en présentant ses excuses d’avoir accusé Emmanuel Macron d’avoir pour projet d’attribuer des numéros d’identification aux enfants musulmans.

«Je m'excuse sans équivoque pour l'erreur que j'ai commise en disant que le projet de loi de Macron vise les enfants musulmans. Je suis responsable des faits. Et je ne veux rien rendre plus difficile pour mes collègues qui font un travail incroyable avec une histoire difficile», a-t-elle écrit.

Vu l’ampleur qu’a prise cette fake news et son impact sur les relations diplomatiques entre la France et d’autres pays, les autorités sont intervenues pour y mettre fin. Après que le média londonien a mis un mot d’excuses sur son site précédent l’article en question, la ministre pakistanaise a elle aussi supprimé son message sur Twitter, en partageant un message de l’ambassadeur de France au Pakistan Marc Baréty qui lui a signalé que l’article était basé sur de fausses informations.

Lire aussi:

Cinq morts, dont un enfant, et des blessés en Allemagne où une voiture a foncé sur des piétons - images
Ces armes russes qui font de l’Algérie une puissance militaire régionale
Cette photo prise dans une unité Covid-19 devient virale
Tags:
loi, Emmanuel Macron, islamisme, musulmans, désinformation, France
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook