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Le manque de formation, l’encadrement, le matériel, l’IGPN, le lien entre la population et la police, ainsi que les images et des difficultés concernant la réserve, voici les «sept péchés capitaux» dans la gestion du maintien de l'ordre d’après Gérald Darmanin qui les a détaillés lors de son audition devant l'Assemblée ce lundi 30 novembre.

Le ministre, entendu ce 30 novembre par la commission des lois de l’Assemblée nationale suite aux violences policières lors des dernières manifestations, a énuméré «les sept péchés capitaux» des gouvernements précédents en ce qui concerne le maintien de l'ordre.

Selon Gérald Darmanin, «une erreur fondamentale», qui est son premier péché, réside dans «le peu de formation que nous offrons à nos policiers».

«Raccourcir la formation initiale, c’est-à-dire la formation quand on embauche un policier, n’était pas une bonne mesure. [...] Il faut parfois raccourcir la formation pour qu’ils soient plus rapidement sur la voie publique, mais ce n’était pas un bon calcul. C’était une erreur. Être policier, tard le soir, dans des quartiers difficiles, dans des situations difficiles, ça demande une formation initiale plus importante», a avoué le ministre.

Deuxième point, d’après lui, c’est l’encadrement. Il évoque le manque de chefs et de sous-chefs présents dans les rues.

«Il faut recréer un corps intermédiaire d’encadrement, plus nombreux auprès des policiers, des policières, des gendarmes sur le terrain. Et il faut que la fonction la plus noble, et c’est la plus noble [...] soit celle qui concerne aussi le corps intermédiaire d’encadrement qui permet de dire à des jeunes [...] d’adopter le calme, adopter, évidement dans des situations difficiles, un comportement qui est exemplaire et républicain», précise Gérald Darmanin.

Le matériel est, d’après le ministre, le troisième pêché capital. Il déplore le manque de matériel en bon état pour bien des policiers et gendarmes.

«Lorsque le commissaire de police doit prêter son véhicule à la brigade de BAC parce ce dernier n’est pas réparé depuis six mois, lorsqu’on doit acheter soi-même sa caméra-piéton ou son casque chez Décathlon lorsqu’on doit faire des opérations de police, on ne peut pas considérer qu’on traite bien les fonctionnaires de l’État et qu’on les met dans des conditions de plus grande sérénité.»

Les images sont le quatrième péché évoqué par l’homme politique lors de son audition. Il explique que le manque de caméras-piétons sur les policiers crée des obstacles à la réaction ou analyses de situations dans lesquelles les fonctionnaires parfois se retrouvent.

«Les caméras-piétons seront généralisées au 1er juillet à la demande du Président de la République pour toutes les brigades de la police et de la gendarmerie», se réjouit le ministre.

Les caméras protègent bien évidemment les citoyens mais «elles protègent aussi les policiers», souligne Gérald Darmanin.

En parlant de l’IGPN, qui d’après lui est le cinquième péché capital, le ministre de l’Intérieur a soulevé la question des inspections, tout en précisant que la réponse à la question de savoir s’il est normal qu’il y ait cette Inspection générale de la Police nationale au sein du ministère de l'Intérieur est «oui», car «tout corps de ministère a une inspection».

Ensuite, il parle d’une évolution éventuelle du service d'inspection, en estimant que «toute institution peut évoluer» et qu’il est d’accord de tout étudier dans ce contexte.

«Il faut évidemment contraindre le ministre de l'Intérieur à prendre les sanctions que demande l'IGPN», lance-t-il.

Le sixième péché capital est le lien entre la population et la police, estime le ministre de l’Intérieur. Les policiers vivent parmi les Français, ont les difficultés des Français, rappelle le ministre.

«Ils sont issus du peuple […] et quand ils retirent leur uniforme, ils sont parmi le peuple. Il n’y a pas d’un côté la police et de l’autre côté la population française.»

Enfin, sans nommer le septième péché, Gérald Darmanin évoque toutefois des difficultés qui existent avec la réserve de la police. Il donne des chiffres, en détaillant qu’il y a à peu près 30.000 gendarmes de réserve et que 6.000 policiers. Il fait connaître sa volonté d’augmenter ce dernier jusqu’à 30.000 également.

Audition du ministre de l'Intérieur

Violences lors de la manifestation du 17 novembre contre la proposition de loi Sécurité globale, évacuation musclée d'un campement de migrants à Paris, affaire Michel Zecler... Gérald Darmanin répond aux questions de la commission des lois de l’Assemblée nationale «sur les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre ont eu recours à la force lors de différents événements survenus à Paris depuis la manifestation du 17 novembre 2020».

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Tags:
politique, violences policières, police, Gérald Darmanin, France
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