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Est-ce qu’Emmanuel Macron a raison de craindre davantage une réaction violente du peuple envers les contraintes imposées au nom du Covid-19 que l’épidémie elle-même? Analyse de Karin Kneissl, ancienne ministre autrichienne des Affaires étrangères, pour le Désordre mondial.

Contre toute attente, Emmanuel Macron a fait fi de la pression de certaines personnalités du monde sanitaire qui trustaient les plateaux de télévision pour appeler haut et fort à un reconfinement, préventif, cette fois-ci. Le prétexte: les nouveaux variants du virus.

Le Président doit assurer un équilibre entre la paix sociale et les considérations sanitaires. Les médecins, eux, n’ont pas cette responsabilité. L’Élysée s’inquiète à juste titre des appels sur les réseaux sociaux à se rebeller contre tout nouveau confinement, relate L’Express.

Une exaspération compréhensible après un an d’injonctions contradictoires. C’est comme si nous vivions dans un jeu vidéo sadique où, toutes les quelques semaines, un nouveau défi était imposé à la population au nom du Covid-19, défi qui rend la vie quotidienne de plus en plus compliquée. Les gens finissent par craquer.

Aux Pays-Bas, il a suffi de l’annonce d’un couvre-feu de 21h00 à 4h30 pour déclencher des émeutes. En France, depuis le week-end dernier, des manifestations se déroulent déjà sous d’autres prétextes: la nouvelle Loi sécurité globale et même contre la direction de l’Olympique de Marseille.

Combien de restrictions supplémentaires au nom du Covid-19 les Français peuvent-ils encore supporter? Karin Kneissl, ancienne ministre des Affaires étrangères d’Autriche, approuve la décision de l’exécutif français:

«Je comprends complètement la décision surprise du Président Macron de ne pas refermer tout. Ça ne marche pas.»

L’ancienne responsable de la diplomatie autrichienne prend acte du comportement exemplaire des divers peuples à travers l’Europe face à la crise:

«Les gens ont fait preuve d’une patience énorme dans beaucoup de pays européens.»

L’ancienne ministre décrypte le sentiment actuel dans la rue, en Autriche et ailleurs:

«Avant il y avait la frustration et la colère. Maintenant, c’est le désespoir. On peut peut-être encore freiner les gens qui sont en colère […] Mais avec un chômage énorme –et en Autriche, on vient de publier les chiffres qui sont très, très inquiétants.
On a actuellement entre 12 et 14% de chômeurs, plus beaucoup de gens qui sont dans un programme spécial qui ne peut pas être maintenu pour X temps encore. Donc, je n’exclurai pas un taux de chômage qui va toucher dans le 18 ou 20%.»

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