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Après deux tentatives échouées d’adopter un amendement sur l’interdiction du port ostensible de signes religieux pour les accompagnateurs de sorties scolaires, le Sénat a finalement voté en sa faveur le 30 mars. Selon un récent sondage, la laïcité semble diviser différentes générations de Français.

Le Sénat a voté mardi 30 mars un amendement sur l’interdiction du port ostensible de signes religieux pour les accompagnateurs de sorties scolaires, rapporte la chaîne Public Sénat.

L’amendement au projet de loi sur «le respect des principes de la République» a été adopté par 177 voix (quasi-totalité des LR et RDSE) contre 141 voix (PS, RDPI à majorité En Marche, CRCE à majorité communiste, écologistes). Présenté par Max Brisson (LR), cet amendement a provoqué une vive controverse, indique la chaîne.

Une majorité de sénateurs ont ainsi étendu l’interdiction aux «personnes qui participent, y compris lors des sorties scolaires, aux activités liées à l’enseignement dans ou en dehors des établissements» après deux tentatives échouées en deux ans pour faire passer le texte. Actuellement, la loi de 2004 ne l’applique qu’à l’égard des élèves des écoles, collèges et lycées.

«Une sortie scolaire est un acte pédagogique, c’est l’école hors des murs», a déclaré Max Brisson en estimant que le respect de la laïcité n’était pas un «grand sacrifice» pour les parents.

L’opposition du ministre de l’Intérieur

Gérald Darmanin s’y est opposé fermement en prévenant du risque de censure du Conseil constitutionnel, de l’entorse à l’esprit de laïcité et du concept de neutralité dans l’espace public.

«Je trouve assez paradoxal qu’on veuille absolument supprimer toute expression religieuse des parents […] alors qu’on laisse les écoles sous contrat et hors contrat porter des vêtements religieux», a-t-il taclé.

Le ministre de l’Intérieur a été soutenu par des sénateurs des groupes communiste, socialiste et centriste.

Selon Public Sénat, Didier Marie (PS, Seine-Maritime) a jugé «dangereux» ces amendements qui «laissent entendre qu’il y aurait un lien de causalité, un continuum culturel, entre le port du voile, l’islam politique, le radicalisme, le séparatisme, et pourquoi pas le terrorisme».

«De grâce, ne laïcisons pas la société française, laissons les gens libres», a demandé Laurent Lafon (Union centriste, Val-de-Marne).

La France divisée par la laïcité

Cet amendement intervient alors que la laïcité semble battre de l’aile parmi les jeunes générations: 52% des lycéens se disent favorables au port de signes religieux, tels que la croix, le voile, la kippa ou le turban, selon un sondage Ifop pour la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), publié début mars.

Parallèlement, dans l’ensemble de la population française, seulement 25% des personnes interrogées tolèrent l’idée de porter des signes religieux.

88% des musulmans approuvent le port de signes religieux, une proportion de 49% chez les jeunes catholiques. Même parmi ceux qui déclarent n’appartenir à aucune religion, 40% sont favorables à l’idée.

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Tags:
Sénat français, port du voile, France
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