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Anne Hidalgo et Rachida Dati se sont écharpées au mois de mars par lettres interposées, affirme Le Parisien qui a révélé une partie de leur contenu.

Les relations ne sont pas au beau fixe entre la maire de Paris et celle du VIIe arrondissement, opposantes lors des dernières élections municipales et potentielles candidates à la présidentielle. Elles «s’écharpent comme jamais» par courrier, notamment sur des incidents au Conseil de Paris, informe Le Parisien.

La première missive a été envoyée le 19 mars par Anne Hidalgo (Parti socialiste), qui reproche à Rachida Dati (Les Républicains), cheffe de l’opposition dans la capitale, des «interventions hors micro, sous forme d’interjections bruyantes, de vociférations et de propos volontairement agressifs ou méprisants» venant de son groupe lors des réunions.

Elle a notamment fait référence à la phrase du maire du XVIe arrondissement, Francis Szpiner (LR) à propos d’Alice Coffin (EELV) qui refusait de nommer une place en hommage au député Claude Goasguen, décédé du coronavirus en mai: «Il existe une sorte d’hommes qui sont toujours en avance sur leurs excréments». Autant d’interventions qui portent «atteinte à la dignité du Conseil de Paris», a conclu Mme Hidalgo.

Réponse de Dati

La réponse de sa rivale est arrivée 10 jours plus tard avec, en évocation, les accusations de violences sexuelles qui ont visé plusieurs élus parisiens de gauche.

«Ce climat nous amène à penser que les proclamations sur l’égalité femme-homme qui semblent vous tenir de credo ne servent qu’à faire oublier des atteintes graves à la dignité des femmes de la part d’élus qui font partie des piliers de votre majorité», a-t-elle écrit.

Mme Dati a notamment fait référence à Christophe Girard (PS), accusé d’agressions sexuelles sur mineur, lequel avait démissionné l’été dernier avant de revenir travailler à la mairie après que l’affaire a été classée sans suite. En novembre 2020, c’est l’ancien adjoint Pierre Aidenbaum (PS) qui avait quitté le Conseil de Paris, mis en examen pour «viols» et «agressions sexuelles».

Maxime Cochard, également conseiller et élu communiste dans le XIVe arrondissement, a été mis en retrait de la vie politique, accusé de viol par un étudiant qui a été ensuite retrouvé pendu dans sa chambre universitaire à Nanterre. Face à ces multiples accusations, Rachida Dati était d’ailleurs sortie de ses gonds lors du Conseil de Paris du 3 février, évoquant une «gauche complice de pédophilie et d’inceste».

Absentéisme

Dans sa lettre, l’ancienne garde des Sceaux a par ailleurs mentionné la récente déclaration d’Audrey Pulvar, adjointe à la mairie de Paris, sur les réunions «non mixtes».

«Votre soutien récent à des interventions qui visent à séparer les citoyens en fonction de leur race supposée ne m’apparaît pas non plus comme pouvant relever des convictions républicaines», a-t-elle condamné.

Elle a finalement souligné les absences «systématiques» de la maire au Conseil de Paris qui «n’aident pas à améliorer la qualité dans les débats». Et de conclure par l’ambition présidentielle de Mme Hidalgo: «Il est vrai que vous semblez, ces temps-ci, plus soucieuse de mener une aventure personnelle que d’améliorer la situation concrète des Parisiens et des Parisiennes en particulier».

Rivalité

D’après Le Parisien, les relations autrefois respectueuses entre les deux femmes se sont exacerbées depuis la campagne municipale. «Ce que je reproche à Anne Hidalgo et à son équipe, c'est qu'elles ont tout désorganisé, soit par incompétence soit par idéologie… Le résultat c'est l'anarchie partout», avait par exemple déclaré l’ex-candidate LR en février 2020.

En octobre, Mme Dati avait déjà fait savoir qu’elle ne «parlait plus» à la maire de Paris, son entourage précisant au quotidien francilien que «cet échange de courriers marque un tournant dans leurs relations». Mme Hidalgo communiquerait par cette voie car elle «n’est pas capable de parler à l’opposition».

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Tags:
accusations, lettre, Mairie de Paris, Rachida Dati, Anne Hidalgo
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