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L’ex-Premier ministre est revenu pour Europe 1 sur les recommandations parfois fluctuantes faites par l’exécutif pendant les premiers mois de la crise sanitaire, comme celle du port du masque, soulignant que dans certains cas, il fallait choisir entre «deux mauvaises décisions» en évitant de prendre «la pire».

Dans certaines situations, comme pendant la crise sanitaire, «il n'y a pas de bonne décision», glisse Édouard Philippe, actuel maire du Havre et ancien Premier ministre passé par Matignon de mai 2017 à juillet 2020.

Des «mauvaises décisions» inévitables

«Parfois, quand vous êtes à Matignon, vous n’avez pas de bonne décision. Il n’y a pas un choix entre une décision qui serait bonne et une décision qui serait mauvaise […]. Vous avez le choix entre deux mauvaises décisions, et il faut éviter de prendre la pire», avance l'ancien chef du gouvernement sur Europe 1 lundi 19 avril.

«Quand vous prenez dix, douze ou quinze décisions par jour, vous savez que vous allez vous planter […]. Il faut avoir cette idée-là […], mais tous les gens qui sont amenés à prendre beaucoup de décisions […] savent que ça n'existe pas de prendre toujours les bonnes décisions. Il faut accepter l'idée que parfois, on prend des décisions qui sont moins bonnes que d'autres», poursuit l'ancien Premier ministre.

Il confie qu’«en situation de crise, c'est presque mécanique [de se tromper, ndlr] compte tenu du nombre de décisions que vous prenez, et du fait qu'elles sont souvent fondées sur des informations incomplètes, erronées ou contradictoires».

Les fameux masques

Avec un certain recul, Édouard Philippe dit «regretter» de ne pas s’être parfois exprimé avec un peu plus «de nuance» ou de prudence, comme concernant le port du masque.

Durant les premiers mois de la crise, suivant la ligne de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’exécutif français n’a recommandé de porter le masque qu’aux médecins ou personnes malades. Puis, en juin 2020, l’OMS a fait volte-face, préconisant le port du masque pour tous.

«Quand on a repris la doctrine de l'Organisation mondiale de la santé sur le port du masque, [c'est] parce que c'était l'Organisation mondiale de la santé, c'est elle qui a l'expertise sur la gestion des pandémies», se justifie-t-il.

L’actuel maire du Havre, qui vient de sortir son livre «Impressions et lignes claires» racontant ses trois années passées à Matignon, rappelle que des médecins «très prestigieux, très sérieux et dévoués au bien public» assuraient que le port du masque n’avait aucun sens, quand d’autres affirmaient l’inverse. Et en vous fondant sur ces informations incomplètes et contradictoires, «vous devez vous faire un avis».

«Je l'ai répété avec beaucoup d'assurance. Mais c'est vrai que maintenant, je me dis que si j'avais mis un peu de nuance là-dedans, j'aurais l'air moins…», admet Édouard Philippe.

Début avril, dans une interview au Point, l’ancien chef du gouvernement se souvenait d’une autre décision difficile qu’il avait été amené à prendre: celle de fermer les bars et restaurants puis les écoles. Selon ses propres mots, à ce moment-là, il pleurait «de rage et de tristesse».

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OMS, masques, Covid-19, épidémie, Édouard Philippe
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