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Dans une interview fleuve au Point Nicolas Sarkozy s’est livré concernant la situation politique, le racisme, le déclin de l’Occident, la francophonie ou encore la crise migratoire.

Dans une interview au Point publiée le 5 mai l’ancien Président de la République s’est exprimé sur un large éventail de problèmes ayant trait au passé colonial, au racisme, à la francophonie, mais aussi, à la situation politique à un an de la présidentielle.

En évoquant le passé colonial, M.Sarkozy a déploré le fait de ne pas arriver «à transcender notre histoire» et de gratter sans cesse sa plaie.

«L’Europe et la France sont face au vertige de la disparition et de la décadence… La vraie raison est celle d’un continent qui a dominé le monde pendant des siècles et qui, aujourd’hui, se voit dominé.»

L’ex-locataire de l’Élysée trouve que les peuples le sentent confusément, ce qui conduit à leur raidissement: «ce qu’on appelle le populisme».

Ne pas juger hier avec les yeux d’aujourd’hui

L’ancien chef de l’État rejette cependant la repentance systématique bien qu’il faille reconnaître les erreurs commises dans le passé.

«Cela ne doit pas nous conduire à haïr notre histoire et à déboulonner nos statues. Il faut prendre garde à ne pas juger hier avec les yeux d'aujourd'hui. À la repentance systématique, je dis clairement non. À la reconnaissance de nos erreurs les plus graves, je dis oui.»

En ce qui concerne la francophonie, M.Sarkozy estime qu’elle «n’est pas une vieillerie dépassée», affirmant qu’elle est «profondément moderne, et encore plus nécessaire à l’heure de la mondialisation».

Celui qui occupait encore les fonctions suprêmes il y a neuf ans pense que l’Europe doit comprendre l’importance d’un plan de développement de l’Afrique pour que la jeunesse africaine y trouve du travail, y voit son avenir et ne vienne pas le chercher en Europe.

«La crise migratoire n'est malheureusement pas derrière nous, mais devant nous.»

Le racisme n’a rien à voir avec la couleur de la peau

En outre, M.Sarkozy juge qu’«il faut en finir avec cette présentation fausse et folle selon laquelle le Blanc serait par définition raciste».

Selon lui, l’homme peut être raciste indépendamment du fait d’être blanc ou noir. En témoigne notamment l’exemple du Rwanda où «l’État français n’était ni aveugle ni inconscient au sujet d’un génocide prévisible», selon le rapport d’une commission d'historiens français dirigée par Vincent Duclert dont M.Sarkozy salue la qualité.

«Le projet raciste rwandais est le projet de Hutu contre des Tutsi, qui sont tous des Africains noirs… Caricaturer le racisme en affirmant qu'il est l'apanage d'une couleur ou d'une civilisation est un mensonge.»

Un avenir sombre

À un an de la présidentielle, Nicolas Sarkozy dit sentir l’inquiétude monter chez ses compatriotes quant à l’avenir de «notre civilisation». Selon lui, une grande angoisse pourrait amener beaucoup d’entre eux «à faire le choix du refus plutôt que celui du positif».

«La France a un urgent besoin d'une vision ambitieuse, seule à même de mobiliser les énergies. Je souhaite de tout cœur que ceux qui sont en charge du pays ou qui participent dignement au débat politique trouvent ce chemin. Dans le cas contraire, je crains que notre avenir ne soit sombre», résume-t-il.

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élection présidentielle, interview, Nicolas Sarkozy
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