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En pleine période électorale, Stéphane Séjourné, conseiller politique de Macron et eurodéputé, propose de comptabiliser le temps de prise de parole des éditorialistes les plus engagés pour «respecter la pluralité des opinions», les chaînes françaises abusant de «l’hyper-éditorialisation des programmes».

Les éditorialistes se sont-ils approprié des débats politiques au détriment des figures politiques? Stéphane Séjourné, conseiller politique d’Emmanuel Macron, député européen et président de la délégation française du groupe parlementaire Renew à Strasbourg, livre sa vision du fonctionnement des chaînes d’information dans une interview au journal l’Opinion parue le 2 juin.

«On assiste à un renversement des débats: le présentateur star invite des politiques pour mettre en valeur ses propres idées. C’est un basculement», s’indigne-t-il.

«L’hyper-éditorialisation des programmes pratiquée par des commentateurs ne doit pas aboutir à l’effacement des politiques. Le présentateur n’est pas là pour se mettre en valeur. Aujourd’hui, on se retrouve avec des bandes-annonces de programme où le présentateur est en vedette et le nom du responsable politique, en petits caractères», poursuit-il.

En guise d’exemple, il cite CNews et l’un de ses présentateurs vedettes, Éric Zemmour, qui «évolue aujourd’hui dans une zone grise» parce que «sa parole politique n’est comptée nulle part». Selon lui, certains programmes de la chaîne d’info en continu «participent à l’abaissement du débat politique français».

Respect de la pluralité des opinions

L’eurodéputé évoque «l’arsenal réglementaire et législatif pour aider l’audiovisuel à respecter la pluralité des opinions». Il propose d’ouvrir le débat sur la comptabilisation du temps de parole des éditorialistes les plus engagés.

​«Je ne demande pas que l’on traite des sujets particuliers, mais que l’on respecte la pluralité politique et que l’on organise le débat pour permettre aux Français de se faire une opinion», explique-t-il. Une proposition qu’il a réitérée sur France Inter, toujours ce mercredi 2 juin.

Une initiative déjà évoquée

Ce n’est pas la première fois que la réglementation du temps de parole des éditorialistes, surtout en période électorale, est pointée.

En septembre 2020, une journaliste Sonia Devillers avait demandé au président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de comptabiliser le temps de parole de personnalités surtout classées à droite.

«Autour de ces plateaux, ce ne sont ni des militants, ni des soutiens, ni des patrons de partis, ce sont des éditorialistes, des Michel Onfray, des Zineb El Rhazoui, des Jean-Claude Dassier, des Rokhaya Diallo, des Gabrielle Cluzel… Et ces gens-là ne sont pas encartés, pourtant leur parole est éminemment polémique et politique», a avancé la journaliste en interviewant le président du CSA le 28 septembre 2020 sur France Inter.

Roch-Olivier Maistre avait alors expliqué que l’institution «serait tout à fait en droit de comptabiliser ce temps de parole» si ces personnalités devaient prendre parti pour tel ou tel camp. Mais l’initiative n’est pas allée plus loin.

Comment veiller sur le pluralisme?

Le CSA se donne pour mission de veiller à la représentativité de chacun des courants politiques tout au long de l'année et surtout en périodes électorales.

Conformément à la loi de 1986, chaque mois le CSA communique aux présidents des deux assemblées et aux responsables des partis politiques représentés au Parlement le relevé des temps d’intervention des personnalités politiques. La méthode de décompte du temps de parole est quantitative. Le temps d’intervention inclut les prises de paroles dans les journaux, les bulletins d’information, les magazines d’information et sur les chaînes généralistes, d’information et les radios.

Par exemple, au cours du mois de mars, dans les journaux d’information sur CNews, Emmanuel Macron est intervenu au total pendant 19 minutes, le ministre de la Santé Olivier Véran pendant 23 minutes, contre 24 minutes pour Jean Castex. Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris, n’est apparue qu’une petite minute.

Selon les règles du CSA adoptées en 2018, l’exécutif «se voit réserver un accès à l’antenne correspondant au tiers du temps total d’intervention» en dehors des élections.

Périodes électorales

En période électorale, durant les six semaines qui précèdent le scrutin, le CSA impose aux services de radio et de télévision de veiller à ce que les candidats, ainsi que leurs soutiens bénéficient d’une présentation et d’un accès équitables à l’antenne, notamment compte tenu de leurs résultats aux plus récentes élections.

Le CSA encadre également les interventions des journalistes et chroniqueurs, seulement s’ils se sont portés candidats.

«Ils doivent s’abstenir de paraître sur les antennes dans l’exercice de leur fonction à compter de l’ouverture de la campagne officielle et jusqu’à la clôture du scrutin», précise le Conseil supérieur de l’audiovisuel.

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Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), élections régionales, élections, journalistes, chaîne de télévision, télévision
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