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Le MoDem et son chef de file François Bayrou, le Rassemblement national et Marine Le Pen, La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon sont accusés depuis plusieurs années de détournement de fonds via des emplois fictifs d’assistants européens. Tandis que les affaires visant le MoDem et le RN connaissent de nouveaux éléments, celle de LFI stagne.

Un rapport de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) consulté par le Monde met en cause le président du MoDem, François Bayrou, dans un système de fraude aux assistants parlementaires européens. Le détournement de fonds publics est certain, estiment les enquêteurs. Cependant, l’infraction ne se faisait pas de manière «monolithique et systématique».

L’OCLCIFF pointe «un système ancien» qui tend «à utiliser les fonds du Parlement européen afin de permettre le maintien de l’activité du parti et le niveau de rémunération de salariés de l’UDF-MoDem». Le montant total détourné est estimé à 1,4 million d’euros.

Parmi les membres du parti pris pour cible figurent les personnes morales du MoDem et de l’UDF (Union pour la démocratie française), ainsi que François Bayrou et Marc Fesneau, ancien secrétaire général du MoDem, et désormais ministre délégué chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne. En outre, neuf ex-eurodéputés sont visés, dont Jean-Luc Bennahmias, Nathalie Griesbeck ou Sylvie Goulard.

Le RN aussi dans le viseur

Le Modem n’est pourtant pas le seul parti français visé par les affaires de détournement.

Deux semaines plus tôt, l’affaire du Front national (désormais Rassemblement national) lancée en 2014 et portant sur des faits semblables a pris une nouvelle tournure.

Le parti est accusé d’avoir instauré un système de détournement d’argent par «le biais d’emplois fictifs d’assistants parlementaires» à l’aide de «ses cadres et dirigeants», avançait mi-mai le Journal du dimanche, citant un rapport de synthèse rendu par l’OCLCIFF en février.

Alors que 25 membres du parti, dont Marine Le Pen et son père, sont soupçonnées d’y avoir participé, le service anticorruption indique avoir recueilli assez d’éléments pour poursuivre 17 «dirigeants, élus et proches du parti». Le Parlement européen a évalué son préjudice à 6,8 millions d’euros. La présidente du parti s’est également vu réclamer 339.000 après une enquête de l’Office européen de lutte antifraude.

La majeure partie des enveloppes (près de 600.00 euros) reçues par des députés pour rémunérer des assistants installés à Bruxelles a été dépensée pour payer le personnel qui travaille pour le RN à Paris, tandis que le parti n’a qu’un seul assistant au Parlement européen, explique Libération.

L’affaire de LFI à la traîne

Alors qu’une information judiciaire sur le même sujet a été ouverte en 2018 à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de La France insoumise n’a pas encore été entendu par la justice.

«Nous avons demandé aux juges d’instruction de clôturer la procédure en cours pour non-respect du délai raisonnable», a fait savoir au JDD Jade Dousselin, avocate de Mélenchon. Elle indique également ne pas connaître les faits reprochés à son client, député européen de 2009 à 2017.

Lors d’une audition tenue en octobre 2018 devant les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), l’homme politique a déclaré que ses assistants avaient fait l’objet d’une interdiction de participer aux débats de la LFI ou de toute activité du parti. Sollicité par Bruxelles, il a livré la même réponse.

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Tags:
Parlement européen, détournement de fonds, La France insoumise (LFI), MoDem, Rassemblement national (RN)
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