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«Heureusement que vous partez bientôt». C’est ce qu’a entendu jeudi Emmanuel Macron dans la commune de Martel, dans le Lot, lors de son tour de France. Son périple censé «prendre le pouls» du pays, qui durera jusqu’à fin juillet, est considéré par ses opposants comme le début de sa campagne présidentielle.

Le déplacement du Président de la République à Martel, dans le Lot, dans le cadre d’un tour de France destiné à «prendre le pouls» du pays, a été riche en interpellations critiques. Outre un court dialogue avec l’un de ses ex-électeurs qui a désapprouvé son bilan jugé insatisfaisant, le chef de l’État a été chahuté, le 3 juin, dans le même village.

Emmanuel Macron s’est retrouvé jeudi entouré par une foule, certains scandant les paroles d’«On est là!», une chanson popularisée en 2018 par le mouvement des Gilets jaunes. Puis un homme s'est mis à exposer, en hurlant, les difficultés économiques que connaît sa famille.

«Heureusement que vous partez bientôt!», a-t-il crié.

Et d’ajouter: «J'ai des enfants qui sont au plus mal, ils y ont cru au système, je leur ai payé des études, ils sont au chômage et se sont rapatriés dans cette belle région parce que j'ai un toit sur la tête qui leur permet d'être à l'abri. Contre le poids de vos réformes, il n'y a plus beaucoup de gens qui y croient monsieur».

«Bravo Macron, t'en as plus pour longtemps!», a dit l’homme pour conclure.

Le Président n’a pas jugé utile de lui répondre.

Le début d’une campagne?

Le déplacement en question, le premier d'une dizaine de prévus jusqu'à fin juillet, se fait en effet à moins d'un an de la présidentielle et à quelques semaines des élections régionales. L'opposition accuse Emmanuel Macron d'entrer déjà en campagne.

Or, selon le Président, son objectif est d’«accompagner la réouverture», notamment dans le tourisme, et de «comprendre en profondeur comment nos compatriotes ont vécu cette crise».

Interrogé lors de son déplacement dans le Lot sur son intention de se porter candidat en 2022, il a répondu: «Je vais devoir prendre des décisions, certaines difficiles» dont quelques-unes, peut-être, «ne rendront pas possible» sa candidature.

«C'est trop tôt pour le dire», a-t-il souligné, se disant déterminé à «faire les choses jusqu'à la fin».

«C'est normal» 

Répondant par la suite aux journalistes de C dans l'air, Emmanuel Macron a déclaré: «Il n'y a pas de déplacement facile, ce sont des déplacements qui sont sans filtre». «Il y a des colères qui s'expriment, c'est normal. Que des gens ne soient pas d'accord avec ma politique, c'est notre pays. L'unanimité n'excite pas dans notre démocratie, la possibilité que chacun puisse s'exprimer, c'est une bonne chose».

«Ce que je n'accepte pas c'est la violence et l'insulte, pour le reste c'est normal, la vie d'une démocratie c'est la capacité à partager des désaccords», a ajouté le Président.

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critiques, France, tournée, Emmanuel Macron
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