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Nommé à son poste en pleine crise des Gilets jaunes, le préfet de police parisien a jugé que la police et la gendarmerie n’étaient «pas dans le même camp» en privant ces derniers de défilé le 14 juillet, rapporte Libération. Didier Lallement est désormais ciblé par les critiques des gendarmes, alimentant encore la rivalité entre ces deux forces.

Si sa gestion du maintien de l’ordre est régulièrement critiquée par la population, cette fois-ci Didier Lallement provoque l’ire des militaires.

Libération a révélé que le préfet de police, actuellement en position controversée après avoir reçu le grade de commandeur de la Légion d’honneur, s’est opposé à l’organisation d’une démonstration du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) lors du défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées.

«Le préfet de police confirme n’avoir pas autorisé une démonstration du GIGN sur la Grande Arche de la Défense», indique la préfecture de police à Libération, confirmant une information du Canard enchaîné.

Une possibilité

Bien que la raison de cette décision ne soit pas connue, «il semble que pour lui, police et gendarmerie ne sont “pas dans le même camp”», précise le journal.

Ce dernier, en se référant aux informations entendues «dans les couloirs», émet que le lieu du défilé, en zone police et non gendarmerie, serait la raison imputée. «Ou peut-être une petite jalousie, alors que le Raid ou la brigade de recherche et d’intervention (BRI), groupes d’intervention de la police nationale, n’étaient a priori pas conviés à la sauterie médiatique», écrit Libération.

La solution de mixer les gendarmes et les policiers dans une chorégraphie n’a pas plu en revanche au ministère de l’Intérieur qui aurait rejeté tout événement avec le GIGN, le Raid ou la BRI.

Toutefois, le contraire a été dit «il y a plusieurs mois», quand, contactée par le ministère des Armées, la gendarmerie avait donné son feu vert.

Participation du GIGN en 2015

En 2015, pour la première fois, les unités du Raid et de la BRI, appartenant à la Force d'Intervention de la police nationale, ainsi que le GIGN, ont défilé en tête, en hommage à leur engagement lors des attentats de janvier 2015.

Indignation des responsables

Face à une telle décision, l’incompréhension prédomine chez les fonctionnaires interrogés par le journal.

«C’est ridicule, navrant. Et cela énerve pas mal du côté de nos adhérents, dont certains font partie du GIGN», a déclaré Frédéric Le Louette, président de l’association de défense des intérêts des gendarmes, GendXXI. 

Certains se sont attaqués directement au préfet.

«C’est une guerre d’ego mal placé au mieux regrettable, au pire totalement inappropriée», a lancé le vice-président de GendXXI, David Ramos, qui rappelle que le défilé du 14 juillet est militaire et que les gendarmes sont des militaires. «Lallement a toujours un côté clivant lors de ses prises de parole».

Libération évoque par ailleurs «une concurrence» entre les forces de l’ordre. «Il y a toujours eu des rivalités aux plus hauts niveaux de nos institutions, mais rarement sur le terrain. Nous croisons souvent les gendarmes, faisons des opérations communes et tout se passe toujours très bien», a expliqué un capitaine de police.

Ces déclarations trouvent également un écho dans le camp des gendarmes. «Même si bien entendu il peut y avoir du chauvinisme de part et d’autre, on peut défendre notre camp avec humour. Mais cela ne peut pas se faire de façon idéologique et démagogique comme cela semble être le cas ici», a assuré David Ramos.

«Guerre des polices» en France

La tension entre policiers et gendarmes court depuis des années. C’est seulement en 2009 que la gendarmerie nationale est officiellement entrée le dans le giron du ministère de l'Intérieur. Voulu par Nicolas Sarkozy, ce changement a été adopté malgré les vives inquiétudes exprimées tant par les militaires et les policiers que par certains élus.

Sur le papier, la police œuvre principalement dans les grandes agglomérations, tandis que les gendarmes s'activent sur le reste du territoire. Toutefois, les attentats de Paris ont ravivé les rivalités.

À la suite des attentats du 13 novembre 2015, elles se sont concentrées entre la BRI, qui a la priorité d'intervention sur Paris, mais dont la mission première est la lutte contre le grand banditisme, et le RAID dont la spécialité principale est le contre-terrorisme.

Des équipes du GIGN étaient postées à moins de deux kilomètres du Bataclan, mais n’étaient pas intervenues, faute d’ordre. Les syndicats de police avaient alors dénoncé des «manœuvres de déstabilisation» qui seraient orchestrées par la gendarmerie contre le RAID et la BRI, a rapporté le JDD. «Le GIGN avait été bloqué par la préfecture de police», a affirmé pour sa part à Libération le président de GendXXI.

Dans un entretien au Parisien en 2020, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a reconnu qu’«il y a une mauvaise répartition entre police et gendarmerie sur le plan national».

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gendarmerie, Gendarmerie nationale française, police, Avenue des Champs-Elysées à Paris, défilé, Didier Lallement
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