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    Russie: deuxième journée de forte mobilisation "pour des élections justes"

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    Russie: manifestations contre les résultats des législatives (2011) (142)
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    Des manifestations visant à contester les résultats des élections législatives du 4 décembre dernier, entachées de soupçons de fraude, se tiendront ce samedi à Moscou ainsi que dans d'autres villes de Russie.

    Des manifestations visant à contester les résultats des élections législatives du 4 décembre dernier, entachées de soupçons de fraude, se tiendront ce samedi à Moscou ainsi que dans d'autres villes de Russie.

    Placé sous le slogan "Pour des élections honnêtes", le rassemblement le plus important aura lieu à Moscou sur l'avenue Sakharov, non loin de la place des Trois Gares. Il débutera à 14h00 heure locale, par une température négative. Dans la matinée, la situation était calme aux abords des lieux du rassemblement, où patrouillent des policiers.

    Selon ses organisateurs, la manifestation devrait réunir 50.000 personnes. Organisée par l'opposition au parti au pouvoir, Russie unie, le meeting réunira différents courants politiques, mais aussi beaucoup de citoyens apolitiques revendiquant des élections propres. Le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, candidat à la présidentielle, pourrait y intervenir, et l'ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine compte y prononcer un discours.

    Une manifestation de nationalistes se tiendra en outre dans le sud-est de la capitale russe samedi. Trois meetings distincts contre les fraudes électorales auront lieu à Saint-Pétersbourg.

    A Krasnoïarsk (Sibérie), de 200 à 400 personnes se sont rassemblées dans le centre-ville, selon un représentant de la mairie. A Novossibirsk, un meeting de 800 personnes s'est achevé sans incident.

    Les manifestations se sont achevées dans l'Extrême-Orient: environ 400 personnes se sont réunies à Vladivostok, et près de 200 à Khabarovsk malgré une tempête de neige et une température de -20°C. Des manifestations plus modestes réunissant quelques dizaines de personnes, se sont également tenues dans les villes de Blagovechtchensk et de Ioujno-Sakhalinsk. 

    Scrutin contesté
    Tenues le 4 décembre, les élections de la Douma ont été remportées par le parti au pouvoir Russie unie qui a obtenu la majorité absolue (238 sièges), mais perdu la majorité des deux tiers lui permettant de modifier seul la Constitution russe.

    Russie unie était suivi du Parti communiste (92 sièges), du parti social-démocrate Russie juste (64 sièges), et du LDPR nationaliste (56). La première séance de la nouvelle Douma s'est tenue le 21 décembre, et a permis l'élection de son président, Sergueï Narychkine, qui dirigeait auparavant l'administration du Kremlin.

    Les observateurs de l'OSCE chargés de surveiller le déroulement des élections ont indiqué avoir enregistré des violations lors du décompte des voix, dont des cas de bourrage des urnes. Les vidéos attestant des falsifications postées sur Youtube ont démultiplié la résonnance sociale des fraudes. Au lendemain du scrutin, le président russe Dmitri Medvedev a ordonné d'enquêter sur les irrégularités.

    Plusieurs manifestations, tant anti-Poutine que pro-Poutine, ont eu lieu depuis le scrutin, avec en point d'orgue un rassemblement qui a réuni entre 25.000 et 40.000 personnes le 10 décembre selon les sources.

    Principalement jeunes et issus de la classe moyenne, les manifestants exigeaient l'organisation de nouvelles élections, le limogeage du chef de la Commission électorale centrale Vladimir Tchourov et la libération des personnes interpellées lors d'un meeting tenu au lendemain du scrutin, dont le blogueur Alexeï Navalny.

    Réactions
    Cette mobilisation, la plus importante depuis 20 ans en Russie, n'a pas laissé les leaders du pays indifférents. Jeudi 22 décembre, dans son message annuel au parlement, le président Medvedev a plaidé pour une réforme en profondeur du système politique de Russie. Le chef de l'Etat a proposé de renforcer la présence des partis d'opposition dans les commissions électorales centrale et locales. Il a aussi proposé de revenir à l'élection directe des gouverneurs, de réduire le nombre de signatures requises pour participer à l'élection présidentielle et de faciliter l'enregistrement des partis politiques.

    Le chef adjoint de l'administration présidentielle Vladislav Sourkov, que l'opposition accuse d'être l'auteur des mesures restrictives mises en place dans les années 2000 sous la présidence de Vladimir Poutine (dont la censure dans les médias, le musellement de l'opposition politique et la création de mouvements de jeunesse pro-Kremlin), a qualifié vendredi les participants aux rassemblements en Russie de meilleure partie de la société, qui demandait à être respectée.

    Candidat à l'élection présidentielle du 4 mars 2011, le premier ministre Vladimir Poutine a quant à lui minimisé l'importance des rassemblements, affirmant n'y voir "rien d'extraordinaire", et raillé les manifestants. Il a toutefois appelé à assouplir la procédure d'enregistrement des petits partis et jugé inutile toute tentative de censurer Internet, fer de lance de la contestation.

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