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La Serbie, avant-poste de la sécurité collective

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La Serbie a reçu hier le statut d'observateur auprès de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

La Serbie a reçu hier le statut d'observateur auprès de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), écrit vendredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Les experts interprètent cet événement comme un succès de la Russie et de ses alliés dans la réalisation de leurs intérêts géopolitiques au sud de l'Europe.

L'OTSC n'est pas très populaire auprès de la communauté internationale, notamment auprès de l'Otan. Les transformations militaires récemment initiées au sein de la structure et la fixation de nouveaux objectifs géopolitiques orientés vers l'Europe semblent renverser la situation.
Tout a changé depuis que Moscou a proposé à Belgrade, l’automne dernier, de devenir observateur à l'Assemblée parlementaire de l'OTSC.

Selon le secrétaire général de l'OTSC Nikolaï Bordiouja, l'accession de la Serbie à l'Assemblée parlementaire est un "événement international de premier plan, l’établissement de nouveaux contacts entre les pays membres de la sécurité collective mais, cette fois, en dehors de l'espace postsoviétique. Cela étend les frontières de l'OTSC et renforce son autorité".

Le général Leonid Ivachov, qui a longtemps dirigé la coopération militaire internationale au ministère de la Défense et connaît bien les problèmes de l'ex-Yougoslavie, a déclaré que la future participation à part entière de la Serbie à l'OTSC était "tout à fait plausible et attendue".

"Cela aiderait le pays à renforcer sa position dans les Balkans, y compris dans le règlement du problème du Kosovo qui a été séparé de la Serbie en raison d’actions illégales des Etats-Unis et de l'Otan", précise-t-il. Il admet la présence dans le pays de casques bleus de l'OTSC et reconnaît que l’organisation lui apporte une assistance militaire à des conditions privilégiées.

"Il serait préférable de créer, dans les forces armées serbes, un organisme de consultation militaire pour renforcer les capacités de défense de la république", ajoute-t-il.

A son tour le commandant Konstantin Sivkov, qui a longtemps travaillé au Centre de recherches militaires et stratégiques de l'état-major des forces armées russes, pense que les "objectifs militaires de la Russie dans les Balkans sont plus larges". Il rappelle que les Etats-Unis disposent de la plus grande base militaire d'Europe au Kosovo. Selon lui, ce pays est de facto un territoire serbe occupé par les Américains et d’autres alliés de l'Otan sous les drapeaux des casques bleus. "Le déploiement de sites militaires russes en Serbie (groupes d'aviation, missiles tactiques Iskander, etc.) deviendrait un facteur dissuasif contribuant à la sécurité de Belgrade".

Konstantin Sivkov estime également que cette éventuelle présence militaire russe en Serbie pourrait constituer une réponse au déploiement du bouclier antimissile américain en Europe.

L'issue de la réunion d'hier à l'OTSC et d'autres facteurs témoignent d’une amélioration significative des relations entre la Russie et la Serbie. Le premier ministre serbe Ivica Dacic s'est notamment rendu à Moscou mercredi dernier pour rencontrer son homologue Dmitri Medvedev, afin de signer un accord pour l'octroi d'un prêt de 500 millions de dollars à la Serbie dans les dix prochaines années. Le même jour, Ivica Dacic s'est entretenu avec le ministre de la Défense Sergueï Choïgou. Selon les déclarations du ministère russe, Moscou et Belgrade ont déclaré être prêts à intensifier leur coopération militaire et technique.

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