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L'Ukraine sur deux fronts gaziers

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Litige gazier russo-ukrainien (282)
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Alors qu’elle hésite encore à intégrer l'Union européenne ou l'Union douanière (Russie, Biélorussie et Kazakhstan) l'Ukraine rédige une loi autorisant la privatisation de la compagnie gazière nationale et la location du système de transport du gaz, écrit le quotidien Kommersant du 29 avril 2013.

Alors qu’elle hésite encore à intégrer l'Union européenne ou l'Union douanière (Russie, Biélorussie et Kazakhstan) l'Ukraine rédige une loi autorisant la privatisation de la compagnie gazière nationale et la location du système de transport du gaz, écrit le quotidien Kommersant du 29 avril 2013.

Kiev estime qu'il s'agit de concessions au profit de Gazprom mais l'UE exige les mêmes changements, alors que sa coopération avec l'Ukraine va à l'encontre des intérêts de Gazprom. Bien que le monopole russe attende cette réforme, il ne s'empresse donc pas de l'interpréter à son avantage. Surtout que l'opposition promet de bloquer la nouvelle loi.

Vendredi, le gouvernement ukrainien a soumis au parlement le projet de loi autorisant la privatisation de la compagnie Naftogaz Ukraine et de ses succursales, la location de son système de transport de gaz et de ses dépôts souterrains de gaz – ce que la législation actuelle interdit.
La note explicative souligne que ces amendements sont nécessaires dans le cadre des engagements pour l'adhésion à la communauté énergétique européenne qui impliquent une division de Naftogaz en fonction des secteurs d'activité. Une source de la compagnie indique que ce projet résulte de l'entretien entre le président de Gazprom Alexeï Miller et le vice-premier ministre ukrainien Iouri Boïko, la semaine dernière à Moscou.

Les négociations ont repris après pratiquement trois mois d'interruption. Pendant ce temps, l'Ukraine a mis en place des livraisons de gaz en sens inverse avec la Hongrie, et Gazprom s'est penché sur l'extension des gazoducs Nord Stream et Yamal-Europe. Le dernier projet est interprété, en Europe, comme un nouvel outil de pression sur Kiev.

Depuis plusieurs années la Russie et l'Ukraine négocient la vente ou la location du système ukrainien de transport de gaz au profit de Gazprom et la diminution du prix du gaz pour Kiev (actuellement 406 dollars les mille mètres cubes). Fin 2012, les deux pays ont remis sur le tapis l'idée de créer un consortium pour gérer le système de transport de gaz ukrainien.

L'Ukraine espère qu'un accord avec la Russie permettrait de revoir les prix du gaz à titre rétroactif depuis janvier, si le projet de loi était adopté et le consortium était créé avant le 1er juin.

Dmitri Marounitch, directeur de l'Institut des stratégies énergétiques de Kiev, remarque qu'à l'heure actuelle l'Ukraine prend des mesures qui conviennent aussi bien à l'UE qu'à la Russie, ce qui lui permet de parler d'un progrès dans les négociations avec les deux camps. En particulier, une table ronde entre les dirigeants ukrainiens et européens  sur les perspectives du système ukrainien de transport du gaz est prévue le 3 mai à Bruxelles. Gazprom y était également convié mais a refusé l’invitation car le "format de la réunion n'était pas clair".

Par ailleurs, la présentation du projet de loi ne signifie pas qu'il sera adopté, le processus pourrait prendre du temps en devenant une nouvelle carte d'échange dans les négociations, ajoute Dmitri Marounitch. Ce document a déjà été critiqué par l'opposition, qui a promis de tout faire pour qu'il ne soit jamais adopté par le parlement ukrainien. Mais un représentant de Naftogaz affirme que si les députés souhaitaient payer 260-280 dollars pour le gaz et en faire transiter suffisamment par le système de transport ukrainien, ils devraient adopter ce projet de loi.

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