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Les entrepreneurs européens perdent donc un autre "paradis fiscal". Les autorités de la principauté pourraient ensuite dévoiler les comptes bancaires d'autres clients, y compris russes. Le Luxembourg répond ainsi à une demande formulée par l’UE et les Etats-Unis depuis dix ans.

Le gouvernement luxembourgeois s'est dit prêt à fournir aux établissements fiscaux de l’UE les informations sur les comptes des citoyens européens dans les banques du pays, écrit le quotidien Izvestia du 29 avril 2013.

Les entrepreneurs européens perdent donc un autre "paradis fiscal". Les autorités de la principauté pourraient ensuite dévoiler les comptes bancaires d'autres clients, y compris russes. Le Luxembourg répond ainsi à une demande formulée par l’UE et les Etats-Unis depuis dix ans.

"La lutte contre ce "trafic" dure depuis longtemps mais elle a commencé à porter ses fruits au début des années 2000, après l’attaque des tours jumelles à New York. A l'époque les autorités américaines et européennes avaient trouvé un argument "bêton" contre les comptes anonymes: ils pourraient appartenir à n'importe qui, même à Al-Qaïda. Ainsi, une question purement financière a empiété sur la politique", explique Fedor Loukianov, chef du Conseil pour la politique étrangère et de défense.

Les autorités américaines avaient également commencé un travail actif à l’intérieur du pays en expliquant que tous les comptes "noirs" seraient dévoilés tôt ou tard.

A partir du 1er février, la Suisse a renoncé à l'anonymat de ses épargnes et s'est engagée à fournir au fisc les informations sur les clients des banques et les montants de leurs comptes.

La pression s'est ensuite renforcée sur le Luxembourg, dont les autorités avaient promis de ne pas céder. En fin de compte, la principauté n'a pas résisté et a promis de dévoiler les informations sur tous les comptes des banques du pays pour le 1er janvier 2015.

Le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a précisé que les Etats-Unis avaient forcé cette décision.

"Notre changement de position n'est pas dû à la pression de l'UE mais uniquement parce que les Américains ne nous ont pas laissé d'autre choix: ils n’acceptent de traiter qu’avec les pays qui assurent un échange automatique d'informations bancaires", a déclaré le premier ministre.

Maxim Braterski, expert du Haut collège d'économie de Moscou, pense que l'UE a tout de même influencé cette décision en rappelant un éventuel lien avec le problème des épargnes à Chypre en mars dernier.

"En dictant des conditions strictes à Chypre l'Union européenne a montré aux autres pays qu'elle n'avait plus l'intention de fermer les yeux sur les transactions bancaires anonymes", explique Maxim Braterski.

Selon lui, d'ici quelques années plus aucune banque européenne ne proposera de comptes anonymes. Même l'Autriche, dernier pays du grand trio (avec la Suisse et le Luxembourg), devra dévoiler tous ses actifs bancaires en dépit de sa résistance.

"Le système financier international devient transparent. Je pense que l'Autriche devra bientôt jouer selon les mêmes règles que les autres", ajoute Maxim Braterski.

Il est difficile d'évaluer le montant des sommes accumulées au Luxembourg avant cette levée de voile sur les épargnes. Mais, selon les chercheurs allemands, les seuls fonds d'investissement de la principauté dépassent 2 000 milliards d'euros.

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Tags:
paradis fiscal, secret bancaire, Union européenne (UE), Maksim Braterski, Jean-Claude Juncker, États-Unis, Luxembourg
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