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    L'alliance stratégique franco-allemande remise en question

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    Les relations franco-allemandes traversent l'une de leurs plus graves crises depuis la création de l'axe Paris-Berlin dans les années 1960 par le général Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, écrit le quotidien Kommersant du 30 avril 2013.

    Les relations franco-allemandes traversent l'une de leurs plus graves crises depuis la création de l'axe Paris-Berlin dans les années 1960 par le général Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, écrit le quotidien Kommersant du 30 avril 2013.

    Cet axe, colonne vertébrale de l'UE, est aujourd'hui remis en question. Les socialistes au pouvoir en France critiquent ouvertement la chancelière Angela Merkel, faisant d’elle la principale responsable de la crise économique en Europe. Berlin parle d’un "aveuglement gaulois suicidaire" et reconnaît que Merkel et Hollande n'ont finalement pas réussi - ou n'ont pas voulu - instaurer un dialogue fructueux.

    Le nouveau cycle de confrontation franco-allemande a été lancé par la publication, dans la presse, d'un brouillon de programme des socialistes français. Ses auteurs qualifiaient non seulement les mesures économiques entreprises par Berlin de néfastes pour l'Europe mais reprochaient aussi à Merkel d'être d'une "intransigeance égoïste". "L'amitié entre la France et l'Allemagne n'est pas forcément une amitié entre la France et la politique de la chancelière sur les questions européennes", affirment les socialistes qui appellent à la "résistance démocratique" contre Berlin.

    Bien que les passages les plus austères de la version finale du document qui sera approuvé aujourd'hui aient disparu, le thème de la "menace allemande" a été développé par le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone (PS). Il a appelé à ne pas avoir peur d'aller vers la "confrontation" avec l'Allemagne afin de protéger les intérêts nationaux.

    Berlin a interprété les attaques du PS comme une déclaration de guerre – jusqu'à présent les dirigeants des deux pays respectaient la règle tacite de ne pas rendre publics les différends avec leur partenaire stratégique, aussi fondamentaux qu'ils soient. Après l'arrivée de François Hollande à l'Elysée ce "pacte de non agression" a été rompu.

    La dernière fois qu’une rhétorique aussi austère a été observée dans les relations entre la France et l'Allemagne remonte aux années 1990, quand les Français critiquaient la position de leur partenaire pendant les négociations pour l'adoption de l'euro. "Dans les deux cas il s'agit d'un combat pour le leadership en Europe avec une sorte de complexe d'infériorité des Français face à la hausse d'influence de Berlin en Europe. Mais dans les années 1990, les attaques n'étaient pas aussi ciblées que cette fois", déclare Claire Demesmay de l'Institut allemand de politique étrangère.

    Selon elle, on ne ressent pas d'apathie dans les contacts personnels entre Hollande et Merkel mais on ne peut certainement pas parler d'un tandem franco-allemand aujourd'hui – contrairement à l'époque de Nicolas Sarkozy dont les relations avec la chancelière étaient appelées "union Merkozy" par la presse. La politique budgétaire stricte des chrétiens démocrates allemands ne convient pas aux socialistes français. "Si Hollande n'arrivait pas à réaliser, dans les six prochains mois, les réformes nécessaires pour relancer l'économie française cela aurait un impact négatif sur les relations avec l'Allemagne et sur la situation dans la zone euro en général", avertit Claire Demesmay.

    La tentative de marquer des points politiques sur le dos de son voisin pourrait, au final, jouer un mauvais tour aux socialistes français. Les déclarations antiallemandes ont divisé leurs propres rangs et ont permis, au contraire, à l'opposition de s'unir. Ainsi, le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a déjà qualifié les déclarations de ses collaborateurs de "démagogiques, irresponsables et néfastes". Et les adversaires de l'UMP, Jean-François Copé et François Fillon, ont annoncé le premier communiqué conjoint. Ils ont accusé Hollande de "germanophobie" et de "dégradation continue et consternante des relations franco-allemandes".

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